Posté le : 12 mars 2010 | Addikted | 1 Commentaire »
Même les actrices pornos échangent des trucs chiants à la Xavier Ternisien. Elles pourraient nous inviter backstage en un twitpic, faire du sarcasme sur les coulisses, critiquer les industriels nazes comme Dorcel, politiser un peu. Non, il faut qu’elles balancent du lien chiant, déconnecté, juste pour essayer d’exister au milieu du flux. Elle gratte le RT comme on se gratte le gland, en les regardant. Même recherche de satisfaction éphémère.
Avec les actrices pornos, j’ai toujours fantasmé les écrivains. Je m’imaginais, plus jeune, avec Patrick Besson, se mater Sisqo Shakedown en buvant des alcools forts. Mélancolique.
Rey aussi, on aurait pu prendre de la coke, mais je n’ai jamais aimé ça. Alors un peu de whisky, mais avec sa rehab, putain, ça va être chaud maintenant de lui proposer. Dépecer mon chat, mon ex, pour qu’il cache le corps, c’est le genre de truc que je voulais faire avec Nicolas. Lui le junkie : Limpide, moi le clean : Torturé. Mais maintenant qu’il est clean aussi, je n’ai plus rien à compléter, je fantasme moins.
Je me suis longtemps imaginé au Pulp, entouré de ces poseuses énervantes. Je kiffais Ann Scott parce que je trouvais ses personnages passablement détestables. Tous là à débiter des lieux communs, à name droper des noms aussi vite qu’ils s’essoufflent du peu de culture balancé. Vite, un fix d’hero. Et je n’arrivais pas, moi, à faire des gens détestables. J’essayais, mais c’était plus un truc burlesque. Des méchants ratés, attachants qu’on a envie de câliner. Et récemment je me suis rendu compte que ce n’étaient pas ses personnages qui étaient détestable, mais elle. Ça m’a bien fait chier de découvrir ça, je voulais croire en autre chose, en plein de meufs maigres et bizarres intouchables du pulp, mais en fait il n’y en a plus qu’une et bien palpable. C’est en lisant plus loin que ses romans que je me suis rendu compte de ça. Sur l’internet, j’ai perdu Ann Scott. J’ai vu la vraie, j’ai arrêté de la fantasmer. Je préférais celle que je ne connaissais pas.
Ce qui est cool avec Tatiana de Rosnay, c’est que je n’ai jamais lu ses bouquins. Je ne peux pas être déçu, je ne la connais que de sa timeline. Je peux donner un avis neutre, lavé de tout fantasme. La timeline de Tatiana de Rosnay est une face cachée de l’internet, c’est un peu comme si j’écrivais dans « The Economist ». Pas du tout à ma place. Tatiana de Rosnay est écrivain, oui. Mais genre elle vend beaucoup. Enfin, elle a écrit le livre qui fait vendre beaucoup : vel d’hiv+enfant+journaliste américaine+en anglais. L’air du temps. Elle a un visage bourgeois, un visage trop cliché pour croire qu’elle existe vraiment. Mais sérieux, elle existe bien un truc de fou. Enfin moi je ne connaissais pas son existence, je ne suis pas chez France Loisirs. Je pense que seuls les gens qui ont une carte gold chez France Loisirs doivent la connaitre réellement. Mais grand-parents, morts, je n’ai pas pu leur demander si ils avaient lu ses bouquins. J’adore ses cheveux. Des cheveux poivres et sels qu’elle porte fièrement bien en dessous des épaules. Quand j’étais petit, il y avait une vieille prolo en bas de l’immeuble à côté, elle avait les mêmes cheveux, mais les siens étaient plus gras quand même, moins entretenus, on a fait des sales trucs sur son palier juste parce qu’on n’aimait pas ses cheveux crades. On était de gros cons. Des boules puantes, je regrette.
Tatiana fait bien attention à dire merci à tous ses followfriday, elle ne veut pas chercher plus loin elle dit juste merci, sans forcément lire, sans forcément s’intéresser aux timeline des autres. Elle enchaine les merci pour, après, faire sa maitresse d’école aux autres écrivains « mais il y a bien un échange horizontal entre nous, ce ne sont pas de simple admirateurs », bah oui Tatiana, ils font les robots FF, et toi tu fais le robot merci. Horizontal. Tatiana ne va même pas remarquer que la plupart des gens qui la citent n’existent pas. Ils sont humains, ils mangent, ils boivent, mais… En fait, ils te FF juste pour exister quelque part, car beaucoup n’existe nul part ailleurs. Ce sont juste des @ et un mot un peu plus loin. N’hésitez pas à ff Tatiana, elle vous remerciera sans jamais avoir lu, ni retenu votre nom. Horizontal.
C’est tout le paradoxe de l’écrivain. Il est là pour les gens, il sourit aux gens, écrit pour eux, mais est incapable de se souvenir qui ils sont. Tous ces gens, c’est quoi là? Tu le sais Tatiana ? L’écrivain apprécie seulement la postérité, aime exister. Dans le flux, n’importe qui existe, grandit, est recommandé. Juste en faisant suivre des liens, en tentant des hashtags. La création ne meurt pas sur les nouveaux médias, il faut juste s’avaler la masse des bienséances pour commencer à apercevoir les quelques-uns qui font des choses. Ce qui est magique chez Tatiana, c’est cette façon de faire croire qu’elle maitrise les nouveaux médias, de cacher maladroitement son incompréhension du monde que nous, génération Y, modelons chaque jour à une vitesse folle. Elle fait son expertise 2.0 auprès d’autres écrivains de sa génération car elle ne pourra pas le faire à nous, ça ne marche pas, nous ne sommes pas dupes. Et quand on sera en place, elle disparaitra encore plus vite que nous sommes apparus. Plus on avance dans sa timeline, plus on y voit quelqu’un d’un peu paumé dans un mélange des genres qui la dépasse. Tel un junkie dans une cours d’école. Parfois elle s’essaye à la vanne, parfois elle s’essaye au lien, parfois elle s’essaye à la discussion, parfois elle s’essaye à la twitpic perso, parfois elle s’essaye à l’enquête, mais jamais elle s’essaye à sa personnalité, à se concevoir comme une entité, bien différente des autres. C’est comme si elle aussi n’existait pas. Sauf quand elle est malhabile « Rassurez moi, ce film sur le même sujet que mon livre est moins bien hein ? HEIN ? » En fait on pourrait coller la timeline de Tatiana de Rosnay sur n’importe qui d’autre, ça marcherait. Les timeline interchangeables m’intéressent, elles sont rassurantes, car grâce à elle, je sais que j’existe. Mais vraiment.
Les écrivains doivent arrêter les gazouillis. Et recommencer à écrire. On s’en fout de savoir qui ils sont, on veut juste lire, tourner la page.
D’ailleurs, je m’y mets. cya. xx.
Posté le : 2 mars 2010 | Addikted | 0 Commentaire »
La dernière fois que je l’ai vu, c’était en juin dernier. Il avait vraiment grossi, la gueule super ravagée. Il fumait ses clopes avec difficulté, il tremblait à chaque pas. On avait trainé dans les vignes, on était les seuls à vouloir faire quelque chose de notre après-midi. Tous les cousins étaient maintenant de bons darons, profitant d’un samedi aprèm pour s’endormir dans l’herbe, en laissant les enfants répétaient nos bêtises d’enfance. Jouer au croquet et foutre le maillet sur la gueule du petit frère. Nous, nous étions les derniers grands enfants à pas trop savoir ce qu’on foutait là, juste de la présence, faire plaisir. Faire plaisir à maman, à tatie, à mamie et à 80% de ces gens qu’on n’avait jamais vu avant. Se montrer mais pas trop, garder les secrets, juste sourire, se dire « ok ». On avait parlé de sujets pas trop lointains, le boulot, ce qu’on allait faire en septembre. Sa sortie d’HP très vite fait, je connaissais pas les détails, je voulais pas les connaitre, la musique pas mal, les jeux vidéos quelques souvenirs, sur DAoC. On n’avait pas trop rigolé, en fait. Il m’avait demandé si j’écrivais toujours, il se rappelait de textes cools où j’écoutais Voodoo Ray en sautant sur le lit d’une gamine de quinze ans. Il était d’ailleurs dans une embrouille monstre avec une gamine du même age. C’était périphérique.
On se voyait peu, genre une fois tous les trois ans, ma famille (au sens large) est du sud-ouest et nous étions les franciliens. Je descends rarement, sauf un peu l’été. On se disait, blagueur comme on sait l’être en famille hein, « bon bah on se voit au prochain mariage », « bon bah on se voit au 60 ans de machin » . « Bon bah on se voit au prochain mort ». On pensait à notre grand-mère en disant ça.
Il s’est envolé. À 27 ans. Pas n’importe quel âge. Par la fenêtre de son appart’. Un geste que j’imagine pas, je flippe en regardant le lino, dés que je suis sur un escabeau. On se parlait rarement, internet ne rapproche pas plus que ça, et pourtant chaque fois qu’on se voyait, on restait étonné. On écoutait les mêmes trucs, on citait les mêmes références avec le même détachement de ceux qui connaissent un peu de tout. On avait les mêmes tics de langage. Nous avons été élevé par deux femmes qui sont soeurs, c’était notre seul lien. Il tenait, à une époque, un blog où il parlait de réaliser un porno avec des filles toutes jeunes. Il écrivait en ratant la ponctuation, c’était bourré de fautes et c’était unique. L’adresse s’est perdue.
Je suis vraiment un gros naze pour les hommages. Et j’aimerais ne pas penser à lui plus que ça. M’en foutre un peu, c’est une posture facile. Je me croyais émo qu’avec les meufs.
« ah les petites chatolics…mieux que les petites de l’ump au moins avec les chato on baise sans capote ». C’est le genre de trucs qu’on pouvait se dire.
Posté le : 19 février 2010 | Addikted | 0 Commentaire »
Dans le débat Quick n Halal, très vite on a balancé les grands mots à la fdesouche-benjaminlancar, mais personne n’a eu une pensée pour Nadia. Une pensée pour Momar. Pour les gens.
Nadia, elle traine aux Halles tous les mercredis et un peu le vendredi quand elle zappe le cours de gestion. Avec ses cuisses, elle remplit trois fois son Diesel acheté dégriffé au quartier et il y a même un peu de ventre qui coule sur la ceinture GUESS qui devient difficile à lire. Ses grosses joues restent inévitables. Nadia elle a Facebook sur son Samsung et sans Foursquare tu sais qu’elle est en train de squatter sur les marches aux Halles. « d barres ». Toutes façons elle ne sait faire que ça : Poser son cul et attendre. Nadia aussi, elle adore partager des vidéos sur son profil, un peu de tout, des blagues et des reportages aussi. La polémique sur le KFC, elle ne l’a pas ratée, tout le monde sur son profil à commenter « wé moi jbosse au KFC et j’confirme koi, biz ». Ça la refroidit, mais elle n’a pas fait de scandales. Elle a juste évité le KFC. Elle n’est pas dans l’idéologie. D’ailleurs, elle est vierge, et même si elle te dit que c’est pour respecter sa foi, ne la crois pas. C’est surtout parce qu’aucun mec ne l’a jamais respecté. C’est une grosse casse-couille, Nadia. Un bonhomme, ils disent les pions de son lycée. Mais à la différence des occidentales, elle n’écrit pas là dessus, elle ne fait pas de conférences ou semblant d’être pote avec Despentes. Non, elle s’avale des filet-o-fish. Le filet, c’est le dwich sacré et elle en est presque boulimique. Quand ça la saoule, elle alterne avec la pizzeria halal, et le kébab, mais aux Halles en plein milieu d’aprem : Ya que le filet.
La direction de Quick a bien pigé le truc. Nadia, des marches, elle voit le Quick et elle n’y rentre pas. Normal : le fish est dégueulasse. Pain omniprésent, sauce tartare inexistante. Rien à voir avec le filet de McDo objet de consommation culte, mangé en trois bouchées, apprivoisé par la culture populaire du quartier, omniprésent dans le background rap de scarla indépendant. Changer le fish ne servirait à rien, la dimension du Filet est trop importante et faudrait au moins quatre générations avant que ça change. Alors face à un KFC un peu chelou qui déclare que le poulet en batterie est halal et après avoir bien sondé le marché, le Quick halal s’est lancé peu à peu, depuis la rentrée scolaire 2009. Un bon truc, maintenant c’est plus facile d’inviter sa meuf, maintenant mes potes ne rechignent pas à faire autre chose que le Kébab… et Momar, ça le fait marrer. C’est ironique pour lui. On était ensemble en cinquième, il m’avait prêté un DBZ naze sur Playstation, on se croise encore quelques fois. Il tient une pizzeria en bas de l’immeuble et les poches sous les yeux parlent. « Non mais je dis ouf sérieux, le KFC se déserte, le Domac c’est le domac et ma pizzeria elle allait exploser ».
Ce qui est dingue chez Momar, outre sa pizza chicken-boursin, c’est son côté prof de management à HEC. Tu prends des notes et tu fermes ta gueule. « J’avais un fond de commerce et je voulais faire des pâtes pour changer du kébab mais ma meuf, avec ses cops, elle a trouvé un investissement et chopper la franchise pour faire le business ailleurs, ça marche bien… Alors j’ai fait la classique pizza halal. On a inondé les boites aux lettres, pas trop celles du quartier, mais plutôt les pavillons autour. Aucun musulman dans ces pavillons. Tous les mois, on fout un menu, on ne les laisse jamais tranquilles. Résultat, quand la pizzeria est pleine à cause des potes qui squattent, les mobs, elles, continuent de partir un peu partout dans la ville. J’ai recruté toute la famille et acheté trois mobs depuis l’histoire du KFC. Le téléphone il s’arrête pas, soir de foot et tout, forcément c’est dingue, on a improvisé un standard avec un modem pour faire une double ligne. Tu vois chez Speed Rabbit (qui fait aussi 100% halal), ils ont un service de fou avec CB et machin sur la mob, nous on est comme les commerces de 1960, la petite monnaie et le contact humain, ces conneries, ça plait trop aux gens des pavillons. Et tout le quartier pavillonnaire bouffe halal. Ils s’posent même pas la question. Moi je me la pose par contre : Est-ce que je bouffe bien halal ? Je fais confiance à mon fournisseur, j’ai les certificats et tout, ça rassure, mais tu sais j’ai jamais vu le poulet vivant, je connais pas les conditions d’abattage et comme c’est un produit de l’industrie, il y a de forte chance que ce soit halam… Je préfère ne pas y penser, je ne vais pas enquêter, je m’en fous, le business tourne, tout le monde fait confiance… Et je vois mal TF1 faire des recherches sur la traçabilité de nos produits, tu vois le truc, genre 7 à 8 sur le scandale des produits halal où on se rend compte que c’est fait avec des restes de halouf, ce serait dingue… Mais… Déjà pour eux, faire manger au bon français du halal c’est un scandale, alors le jour où ils vont prendre notre défense… » Momar, il finit sa phrase en entamant une cigarette dans l’arrière cour de la pizzeria au milieu des cagettes de tomates. Marocaines, les tomates. « Faut pas le dire ça. Mais Quick ils ont raison, tout le monde en parle ici, ma mère elle en a rien à foutre des burgers mais elle veut se faire un Quick tu vois. C’est une revendication pour elle, ça veut dire qu’elle existe même chez les grands. »
Posté le : 23 janvier 2010 | Addikted | 7 Commentaires »
Vincent Glad se posait la question. 15% de tweets où il se sent honteux. Sans rire. Loïc monte à 85%. Il fume pas mal de clopes Loïc, aussi. Mais moi ? Je me sens honteux souvent, mais où ? Sur un statut facebook ou une connerie twitter ? Après une blague raciste en famille ou l’humiliation d’une petite grosse en classe avec Barbier en fond sonore ? Mon père, lui, se marre à chaque fois.
Je regrette pas mal mes conneries, si je ne supprime plus mes archives c’est parce que la meuf du buzz-litteraire a kiffé la période la plus ancienne disponible aujourd’hui. J’aimerais pouvoir éteindre mon compte twitter tellement je me sens honteux d’avoir fait cette vanne sur les collants bariolés de cette vieille dans le rer. « Personne ne m’a prévenu que c’était la journée de la tepu? ». Mais fermer son compte twitter c’est tellement nora/sskizo 2008. Twitter n’est pas le lieu où je regrette le plus mes paroles. En général je lâche mon truc et je ne le relis plus. Sauf si quelqu’un me « at », c’est une sorte de réveil le at, c’est genre Damocles, c’est le moment où on se rend compte que non, on ne parle pas dans le vide, putain, j’ai vraiment dit ça? L’arobas c’est une frayeur : Merde je vais devoir être moins con que je ne le parais. C’est là que la boule pousse dans le bide. On vomit un LOL raté et on fait semblant que personne n’a vu. Jamais on delete. Les couilles sont là.
Je relis ma timeline souvent. Je suis assez parano comme mec. Je me dis « oui là j’étais déplacé », « oui là c’était pas marrant » « merde j’étais génial ce jour là… c’était il y a six mois ». Mais je lis les autres timeline et j’arrive à me sentir un ton au dessus, car je suis quelqu’un de ONline. Être honteux je le cultive depuis le chat Multimania, j’avais treize ans et cette fille de Saint Raphaël ne m’a jamais répondu après avoir reçu ma photo durement scannée chez un pote plus riche que moi. Pendant des semaines, j’avais du mal avec moi, mon reflet, mes lunettes rondes.
Mais ma personnalité online a évolué, j’ai trollé sur les forums JeuxOnline comme un gros porc, en oubliant qui j’étais derrière un pseudo, derrière mon avatar dans Dark Age of Camelot. Je faisais le roeleplaying d’une grosse chaudasse mineure. J’étais une big star. Mon compte le plus influent a été banni après 666 messages exactement : Markhy Addicted. Putain de grande époque. Je me couchais à 2 heures du mat’ même en période du bac, tous les jours on pourissait l’ambiance et internet ne l’oublie pas.
J’étais sur Zedeathtouch dans le même temps. On a eu quelques coups d’éclats. On peut refaire le même mag aujourd’hui, tu remplaces « progamer » par « community manager » et ça va faire rire tout l’internet.
Les forums musiques aussi, j’ai produit quelques bonne vannes, mais la musique c’était trop sérieux pour moi alors souvent je me faisais niquer par naïveté. Et Teki Latex tenait le niveau tellement haut, niveau phrase définitive et second degré que même M. Oizo n’arrivait pas à suivre.
Twitter est arrivé pour moi en avril 2008, et je me sentais déjà en retard sur ce média. Forcément putain, il y avait Thibaut Thomas qui avait déjà fait 40 mémoires sur le sujet. Puis, récemment, les gens du OFFline sont arrivés et là on a commencé à avoir des regrets. Mais oui, Vincent c’est à cause d’eux ce % de regrets, ne cherche pas, tu ne regrettais rien avant, c’est qu’ils nous empêchent de jouer ces vieux. On ne peux plus vanner comme on le veut, avec nos règles, nos jokes. Non, on doit suivre des règles. « Les 10 règles pour être un bon twittos ». On a encore perdu sur ce jeu, après avoir perdu dans le blog-game, on a perdu dans le tweet-game. Dés qu’il y a un top 10, les jeunes meurent, le jeu est perdu, on prospecte les nouveaux médias pas encore envahis par le monde OFFline.
Le jour où j’ai capté ça, c’est quand @Tristan_NvelObs m’a envoyé un « at ». Je me suis dis : « Putain c’est quoi cette nouvelle team, « NvelObs », ils ont fait de bons résultats à la Nexen ? » Mes couilles, NvelObs c’est un journal et ce mec là, à ce moment précis, il était ultra sérieux. Il a sous-entendu que je disais de la merde juste parce qu’il avait son tag « Journaliste ». D’un journal totalement OFFline obligé d’être ONline pour sauver les meubles. Il m’a dit « Sauf que la première de Stéphane Guillon c’était il y a un mois à Viroflay. #fail ». Forcément j’ai répondu : « @Tristan_NvelObs #mifailmiraisin. C’était quand même la première au Dejazet. » (http://twitter.com/Markhy/status/7713916907). Là c’était l’épiphanie. Le mec venait d’essayer de me clasher alors que j’en avais rien à foutre de savoir tout ça, de savoir si je disais de la merde ou pas, si j’avais raison ou tort. Depuis il a supprimé son tweet, mais moi je suis comme l’internet, j’oublie rien.
C’est vrai, nous les ONline, on ne supprime rien, on n’oublie rien : On édite. Twitter ne permet pas ça : éditer. Notre bêtise nous fait vivre depuis 1999. On sait où sont nos traces et on les laisse jusqu’à que l’entreprise fasse faillite. La vie privée nous appartient, on en fait ce qu’on veut, parfois c’est une blague, parfois on est bourré, parfois c’est vrai. Mais jamais vous ne savez ce qu’elle est vraiment. Et on va vite trouver un nouveau média pour continuer de vivre en autarcie en vous regardant, désespérément, essayer de nous suivre.
Posté le : 16 janvier 2010 | A NerdZ Life | 1 Commentaire »
Les mollets qui tremblent quand on marche, on cherche dans les yeux des passants un réconfort affreusement égoïste. Heureusement il ne vient pas. Je remonte l’écharpe jusqu’à mon nez, et visse le bonnet au bords des cils, je suis dans mon niqab perso, j’hésite sur chacun de mes pas, mais fixe loin devant moi et tant pis si je tombe sur toi.
La peau orange, elles préfèrent ça à la peau d’orange. Et les merdes qu’elles s’étalent sur le visage, je préfère te lécher les fesses. Naturelles. Quand je dors, je bave un peu sur toi, ça me fait du bien d’être la bouche grande ouverte sur quelqu’un. Ma bave t’impressionne, elle laisse des tâches blanches dans notre lit, tu en parles comme si tu n’en avais jamais vu, de l’acide t’appelles ça. Je cours après le temps en ce moment, j’aime être fatigué mais je te parle mal quand c’est comme ça. J’essaye de trouver des lieux pour dormir, éviter qu’on s’engueule, le rer a été fait pour ça. Comme ça fait longtemps que je n’ai pas eu de places assises, on se crie beaucoup dessus ces derniers temps.
Ça te rassure de débriefer chacune de nos soirées même les plus anodines, t’arrives à les faire ressembler aux fameuses de l’ambassadeur, et tu me racontes ce qu’on a fait dans un sms qui tombe vers 10h30. Si t’as ta pause. Je souris comme un con, j’ai toujours envie de balancer une connerie genre « et oui et quand j’ai fait caca, c’était sympa hein? » mais ça va te saouler que je dise ça, j’ai grandi, maintenant que je suis un daron, j’envoie un sourire qui acquiesce. Deux points parenthèse droite qui t’énervent encore plus
qu’une vanne à la con. Je n’ai pas encore trouvé le milieu, je fais semblant de chercher pour pas qu’on se fasse chier.
Je n’aime pas me comparer aux autres. Le couple des copines, des frères, des soeurs. Je ne veux pas qu’on rentre dans ce truc de couple, la compétition tacite entre les couples, j’ai toujours regardé ça comme une course de pur sang, nous n’en sommes pas. Je veux qu’on pense chacun à ses trucs égoïstement loin des histoires, des diners avec des gens où je dois expliquer ce que je fais, je suis étudiant, mais vl’à, genre je suis graphiste, genre D.A. junior mes couilles, j’embellis mon travail mais j’ai un book instable, mes pubs se chient dessus et mes projets webs ont une meilleure gueule sur le papier plutôt que sur l’écran. Je n’aime pas parler de moi, de ce que je fais, sauf si le champagne est gratos. Jaime bien quand on se montre nos culs, qu’on rigole. Devant le miroir, on reste simple, et si on s’éloigne on plonge dans la suffisance. Soyons narcissiques insociables tant qu’on ne fait pas chier les autres. J’utopise. Mais ça ne se cassera pas la gueule.