La Addikted 2009 - Compilation musicale qui fait le bilan sans les Neg’ Marrons

Posté le : 19 décembre 2009 | Addikted | 1 Commentaire »

La Addikted 2009 - .zip (rapidshare, dix téléchargements)

12 titres, un treizième mois.

1. Crystal – Initiative !
Dans cette usine, j’étais libre. Le petit stagiaire on n’attend rien de lui. Alors j’ai sali, je n’ai pas nettoyé, j’étais excusé, on me souriait. Les secrétaires mataient mon cul. Les ouvriers vont disparaître, de toutes les armées, les ouvriers sont les seuls à tomber un par un sans avoir vraiment combattu. Les troubles musculo squelettiques ont fait un meilleur travail que le national socialisme. Excellent. Initiative.

2. Nathan Fake – Fentiger
Elle joue avec son ballon. Ses yeux sont les miens. Un ballon rouge. Des yeux bleus. C’est la fin de l’hiver et tu tombes sur les fesses en riant. Être papa c’est revivre sa vie avec un plus jolie sourire. Celui de sa mère. J’ai envie de t’emmener dans des galeries, te montrer de l’art contemporain, écrire des noms sur la main. Mais on a ton ballon rouge. Ça suffit.

3. Mondkopf – Ave Maria
On faisait des blagues sur les forums, on n’était pas sérieux. On refaisait le monde, on ne rigolait pas. Et nous voilà. On pose les pierres. Génération Y, on dit. Premier album, première pige, premier bouquin, premier film, le label est déjà monté. On a le courage, on a les potes sociologues, les potes politiques, les potes LOL, on fait de la veille technologique de groupe Facebook, et on va les pousser vers la sortie, casquette à l’envers, parlé à l’envers. Ils vont mourir en nous regardant rigoler. Ave.

4. Siriusmo – Nights Off
Boucler les projets, il me reste plus qu’une année pour ça. Putain ça y est, une année et j’ai fini. Les nuits blanches, la bombe de colle, le bout des doigts qui se noircit. J’ai les bronches défoncées sans jamais avoir fumé. Je suis malade sans jamais avoir travaillé. Vivement le chômage.

5. Boy 8-Bit – Baltic Pine
Ils dansent loin devant moi dans des tinyjeans colorés, s’échangeant des tinyurl NSFW. On a des têtes de pré pubères et c’est toujours le barbu qui gagne. Chaque génération a son barbu. Le notre est un peu roux, un peu timide. Il n’y a que sur son Atari qu’il arrive à s’exprimer, on se reconnaît dans ce modèle. Ce soir, on danse sans stupéfiant, on est les premiers à faire ça. On a vu Dieu sans la drogue, on respirait fort sur ce manège. Hyperventilation.

6. Clark – Future Daniel
Je sais que tu m’en veux d’avoir pris de l’ecstasy, ma chérie. C’est parce que je ne te connaissais pas assez. Tu en parles comme de la merde. C’est parce que tu n’as jamais essayé. C’est une drogue de l’attente, tu gobes et t’attends. Moi je t’ai longtemps attendu putain, c’est le seul truc que je pouvais consommer, fumer me fait tousser, les seringues depuis une laryngite aiguë, je n’en veux plus. J’ai sauté dans le dix mètres carrés, on a fait quarante fois le tour de République en t-shirt, plusieurs mecs ont essayé de nous agresser, on était sans fric, sans portable, intouchable. Comme toi et moi.

7. The Very Best – Julia
Julia on voulait tous la baiser mais elle n’avait que quatorze ans. Elle sautait sur le lit en petite culotte, la petite soeur. Julia c’est moi qu’elle appelait, elle avait piqué mon numéro à Sylvia, la grande soeur. Elle me racontait ses trips vers les clubs du nord de la France et je refusais toujours d’y aller. Ibiza du Nord. On était con à vingt ans.

8. Major Lazer – Keep it goin’ louder
On vit au dessus d’une école. On s’est incrusté à la fête de fin d’année. C’était marrant, les petites du CM2, elle avaient prépa une choré de dingue sur Black Eyed Peas, et les petites du CM1, c’était sur Magic System. Chaque année, au centre aéré, je fais des chorés aussi. Chaque année, j’essaye de poser mes sons, genre un Aphex Twin ou TTC, ça me fait marrer, ça passe jamais, chaque année ça se termine sur Black Eyed Peas ou Magic System. Et les parents m’offrent des cadeaux cools.

9. Jacno – Rectangle
Mon père, ça fait longtemps qu’il a arrêté de fumer. Et c’est ça qui va le tuer. Diabétique, il a bien compensé. Picouse d’insuline, everyday he hustlin’. Mon père il kiffe notre chat. Après l’avoir laissé une semaine à la maison, le chat il a grave déprimé, il gueulait tout le temps pour des câlins pour qu’on lui parle, qu’on lui file un truc. Quand même, on n’a pas voulu le piquer.

10. John Talabot – Naomi
Quand on dansait ensemble ce onze janvier, tu mouillais. C’est le truc le plus sexy que tu m’ais jamais dit. On n’était pas ensemble, c’était une rencontre arrangée et tu mouillais. On se touchait à peine, moi la vodka annihilait le sang dans ma teub, je dansais pour évacuer, tu me faisais bander. C’est pour ça qu’on s’est aimé. Des animaux, à la base.

11. Hudson Mohawke – Overnight
Ça fait quatre ans que je mets des lunettes larges sur le nez. Je suis myope. J’aime bien les enlever. Je déteste Camélia Jordana. Tu n’es pas myope, tu es juste une gamine que les parents poussaient. Au dessus d’une falaise, c’est moi qui devrais te pousser. Replacer mes Persol sur le nez, marcher sans regarder derrière. Générique.

12. Applescal – July came Along (Alt Fenster remix)
J’ai plusieurs pêchés mignons. Les profiteroles et les basses rondes. Quand je marche dans la rue, que je suis fatigué, je m’imagine une basse ronde et des petits claviers. Des pâtissiers qui font glisser le chocolat en souriant, une image réac. C’est dans le RER que je me réveille. Ce gros me tousse sur la gueule.

13. Neon Indian – Local Jokes
Ce qui est drôle avec tes blagues, c’est qu’elle me donne envie de te balancer mon Mojito à la gueule. Ma femme a disparu, elle discute avec les élus. Et tu continues tes blagues comme si j’avais une oreille pour toi. Je la regarde de loin, elle sourit, serre des mains, fait la bise.


Le potentiel érotique d’une pougnette

Posté le : 14 décembre 2009 | Addikted | 3 Commentaires »

Les pougnettes au collège, c’était un truc élitiste. Il y avait une équipe mère qui en organisait dans la maison de Benoit. Un peu d’eau savonneuse et des pornos. J’y étais pas, on me racontait. L’intérêt de ne pas côtoyer l’élite durant sa scolarité secondaire évite les casseroles et les tartines de sperm à avaler.

Alors, c’est cool l’érotisation du mec, ça me fait sourire. Notre sexualité d’hétéro c’est la loose jusqu’à 20 ans. Souvent on reste puceau, souvent on se fait emmerder par la trouille qu’ils nous foutent dans la tête en cinquième, l’année de nos pougnettes collectives, on a peur de tomber enceinte. C’est ça le background érotique d’un jeune hétéro devenu adulte aujourd’hui, il n’existe pas, il s’invente bien après. Il a plongé dans le porno sans intermédiaire et a grandi dans une frustration constante, sans fondement. Il n’a jamais intelectualisé sa branlette, n’a jamais pensé à plaire à une femme en bandant, en éjaculant. Le désir sexuel apparait chez le jeune garçon hétéro dans un univers glauque, et, forcément non pas pour plaire ou exercer un pouvoir sur l’autre sexe mais pour éjaculer. Se vider. Alors Maïa elle fait bien de nous rappeller d’être érotique, parce que c’est vrai, à 13 ans, au fond de la cave de Benoit, on ne s’essayait pas à des poses sexys pour jouir dans nos moule-culs. On jouissait égoïstement. Collectivement. Les jeunes filles ne vivent pas ça comme ça.

J’ai eu un pote à la fin du collège, sa mère était une bombasse, je fantasmais un peu pour elle, divorcée, petite portugaise en mal d’amour, j’amenais des scénarios Bangbros dans ma tête quand on retournait Super Smash Bros sur la N64. Mais lui était un dingue aussi, il me racontait qu’il voulait se faire pépom par sa cousine, et il partait dans des mithos comme quoi elle l’avait réveillé chez sa grand-mère pour lui caresser la bite, et jouir sur ses seins à peine formés. L’inceste est un fantasme bien ancré chez pas mal d’ado, s’taper sa cousine c’est se taper sa soeur de loin.  

On s’est recroisé à la fac quand j’écrivais mes romans pornos, il était en droit et se tapait pas mal de filles avec son air de Luis Figo un peu gros. Forcément on a direct parlé cul parce qu’on ne savait parler que de ça, et il continuait de raconter des trucs un peu fou. Il avait une copine et il était à fond sur elle mais que quand elle dormait.
Son kif c’était de la voir dormir, il n’aimait pas l’asservissement, il s’en foutait de la dominer, il bandait, elle, les yeux fermés. Alors il me racontait qu’il se branlait en la regardant dormir, une marque sur une joue, il devait retenir un spasme. Dans un pyjama pourri ou en simple culotte/débardeur, il la kiffait comme ça : quand elle ne faisait rien. Alors il joussait sur les draps, sur elle, comme un porc. Chaque nuit. Il se réveillait, souvent à la même heure, tapait sa pougnette maladivement, et se rendormait sourire aux lèvres. Jamais elle a douté d’un truc. 

Sa copine était mignonne, on buvait avec parfois, futur instit qui rigolait aux vannes poliment. Une grande brune comme la plus belle de nos délégués de classe. Elle n’hésitait pas à dire bite quand il fallait mais n’avait aucune idée des pougnettes. Lui, avec sa gueule de con, me faisait des clins d’oeil genre, hey, hey, pense à elle en dormant. C’est ça le potentiel érotique d’une pougnette. 


Durant les travaux, l’exposition continue

Posté le : 29 novembre 2009 | Addikted | 7 Commentaires »

Durant les travaux, l’exposition continue by marccharon

Bibio - All The Flowers (Lone Remix)
Michel Cleis - La Mezcla (Paul Kalkbrenner Remix)
John Talabot - Naomi
Steve Angello - Isabel
Applescal - An Old Fellowship
B.D.I. - City & Industry
Max Cooper - Mnemonic
Royksopp - This Must Be It (Florian Meindl remix)


Le jour où j’ai décidé de devenir un intellectuel

Posté le : 23 novembre 2009 | Addikted | 0 Commentaire »

(Le jour où… Histoire de mes égophénomènes. Il y en aura d’autres.)

C’est au lycée que j’ai décidé de devenir un intellectuel. Non, sérieux, déconnez pas. Je le raconte souvent mais c’était en seconde, on avait un atelier d’écriture avec Pascale Roze, prix goncourt déjà en perdition. 2001. Rien lu d’elle, je m’en foutais des goncourt, je lisais surtout des livres pour enfant. Mon préféré :
“Mon prof est un extraterrestre”. Le week-end, je volais “Nicolas Pages”, récent prix de Flore, à mon frère. Oui je suis passé de la littérature pour enfant à Dustan, sans intermédiaire. Un peu comme je suis passé de disney aux Pornos - Enregistrés sur la même cassette.

C’était un temps doré, une fine couche sur de la merde, pour le jeune lycéen qui avait sauté une classe, pas encore redoublé, pas encore d’échecs sauf ceux du coeur avec Gaëlle de Nanteuil-le-Haudouin. Une métisse bourgeoise qui n’aimait pas les blancs, ma première discrimination. Je vivais dans mon délire, des regards échangés et des histoires amoureuses que j’inventais dans mes vêtements E. Leclerc. Pascale Roze nous avait demandé un truc super simple. Raconter notre matinée, du réveil jusqu’au portail du lycée. Tout le monde avait produit son petit bousin, et l’avait lu à Pascale qui hochait la tête, “au suivant”, calculant mentalement sa petite prime de l’éducation nationale. Pascale Roze était une femme que je ne trouvais pas désirable, cette coupe au carré et ce débit de parole un peu lent pour prendre le temps de s’écouter m’énervait mais j’étais suffisamment endormi. Mon habitude était de me branler en pensant à une prof ou une corres allemande, ça m’inspirait de l’amour, les joues écarlates. Pascale ne me donnait pas envie, je me la suis joué. Petit puceau frustré.

“Tu as un peu triché, mais c’est bien”. Plutôt qu’au portail du lycée, j’avais arrêté mon récit à la page blanche. La dernière phrase de mon petit paragraphe : Je ne sais pas quoi écrire. Une espèce de mise en abime à la con qui ne respectait pas sa règle, elle a quand même souri, avec son air pédant & satisfait d’écrivain récompensé. J’étais le seul connard à ne pas avoir respecter la consigne et j’étais à mon tour satisfait. & pédant. Comme Michel Fourniret après un viol. Mal réveillé, elle ne me faisait pas bander, un peu de machisme, un peu d’ennui, c’est comme cela que l’on devient un intellectuel.


France - Algérie 2012

Posté le : 15 novembre 2009 | Addikted | 1 Commentaire »

On n’en parle pas. On n’en parle pas vraiment entre nous mais la performance de l’Algérie, en foot, va décider de notre boulot dans trois ans. On reste discret là dessus, on cherche notre poulain en fait. Un grand frère, ce serait parfait, un grand frère comme ceux de Dati, avec un passé à la fois cool et violent. Mais pas trop. Aucun casier, mais des petits trafics sympas : Des polos ralph lau, des parfums, de la tise. Un truc qui plait aux petites du quartier, éduquées au Raï&B qui interdit l’amour avec les lascars et le départ trop hâtif du foyer chanté par Khaled, Cheb Mami - Des mecs aux valeurs familiales certaines. Ces filles qui se font recenser à c’t'heure ci, dix-huit ans en 2012, dévoilées, on va les faire voter en masse, une force de frappe évidente qui avec le forfait sms illimité sont capables de motiver trente copines à gros cul, le blush sur les joues comme la terre du cours central de Roland Garros. Il faut un mec plus vieux que moi, plus jeune que Benoit Hamon. Pas trop musulman pour ne pas faire fuir les vieilles du centre, majoritaires, pas trop juif pour ne pas faire fuir les mamas du quartier, antisémites, plus que Dieudonné. Athée ce serait chiant, il n’y aurait pas de débat. Chrétien ouais, mais bon. Scientologue, ce serait dingue, mais faut pas faire flipper les gens sur ça. Pour gagner tu peux les faire flipper sur la sécurité, la monnaie, l’éducation, mais jamais sur leur croyance.

Bon père de famille, une petite fille qui grandit, inscrite dans le public. Algérien de Papa, Français de Maman. Français complétement. Né dans une clinique pourrie, une clinique de banlieue qui va fermer, ce serait parfait. Un point de départ. On commence le combat avec ça, il faut trouver la clinique et on brodera la vie ensuite. Mais faut que l’Algérie se qualifie : L’autre point de départ. La ferveur dans les rues, on va te la transformer en une force politique, un désir d’avenir de bâtard. Je ne parle pas de Harlem Désir ou des vieux briscards. Non, ça ne marchera pas, ils sont déjà trop impliqués. Sa race, je crois qu’on peut leur couper la parole, le souffle et tout ça très facilement car on a tous les outils avec nous, mais on ne copiera pas, ils nous compareront, mais on ne copiera rien, on fera notre truc. Il faut une voix qui fasse écho, un mec du quartier, on ne sait pas qui. Ok Obama est dans toutes les têtes et la comparaison sera fatale, mais on ne sera pas sur Drupal, je suis prêt à tout faire sur Spip, on la joue à la Française. Nouvelle Vague. Pour les affiches de campagne, on mettra des gens de partout de tout âge et on écrira à côté “Monsieur le Président” ou “Madame le Président”. C’est un truc déjà fait, je ne sais pas, mais on s’en fout. Le principe c’est d’enculer Séguéla. Ce sera écrit en filigrane.

Les petites du quartier ne pourront pas résister et c’est elles que l’on réunira sur un réseau genre Skyblog en mieux, génération “bouche en cul de poule” titrera Libé, et Samia, notre porte parole assumera complet son skyblog de quand elle avait 14 ans. “Nik sa mère l’état”, sera le seul article qu’on supprimera et même Le Canard Enchainé ne le retrouvera pas sur archive.org. Nos rackias, on leur fera envoyer des chaines de mail de folie genre “Si tu renvois pas ce mail à trente personnes, la carte électorale deviendra payante”, on les attirera avec des mp3 gratuits, j’ai mon pote qui produit du Raï sous autotune qui peut me faire des remixs cools. Notre bureau de campagne, ce sera la cage d’escalier, un putain de symbole. Ils essayeront de nous récupérer, mais il y aura ce putain de doc de Kourtrajmé qui sortira en décembre 2011, sur notre boulot, nos galères, notre équipe. La puissance dés qu’on arrive. Il faut trouver cet algérien d’origine, jeune, un danseur des missions locales si il faut, qu’on habillera en fake Boss de eBay quand il faudra. Avec des accessoires chopés chez les blogueuses. Il ne faut pas fermer les yeux, il y a un truc à faire, un opportunisme certains. Même Rama Yade elle voudra intégrer l’équipe. Mais tout va tomber à l’eau si l’Égypte gagne mercredi.