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	<title>Addikted.NeT &#187; Addikted</title>
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		<title>Les meufs de chez Perrotin (4)</title>
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		<pubDate>Wed, 16 Jun 2010 00:07:58 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Marc</dc:creator>
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		<description><![CDATA[On n&#8217;a jamais rien fédéré. Autour de nous, il n&#8217;y a jamais eu de communauté. Les petits du quartier ne voulaient surtout pas devenir comme nous. On passait nos journées dans l&#8217;attente. On écoutait des K7. On s&#8217;en foutait du support. On voulait voir si ça décalait ou si ça décalait pas pendant qu&#8217;on mixait. [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>On n&#8217;a jamais rien fédéré. Autour de nous, il n&#8217;y a jamais eu de communauté. Les petits du quartier ne voulaient surtout pas devenir comme nous. On passait nos journées dans l&#8217;attente. On écoutait des K7. On s&#8217;en foutait du support. On voulait voir si ça décalait ou si ça décalait pas pendant qu&#8217;on mixait. Et le moyen le plus simple était de se poser sur ce banc et de regarder nos pieds avant de lancer le dictaphone. Les jours sont passés vraiment vite, nos potes passaient, disparaissaient quinze jours, revenaient avec des belles fringues, disparaissaient trente jours, revenaient avec un stock de paraffine nous demandaient si on n&#8217;avait pas un micro ondes, disparaissaient dix jours, revenaient avec une voiture sans permis : c&#8217;était une Audi TT. On comprenait ce qu&#8217;il se passait mais on préférait distribuer le Pub. On était fatigué, tout le temps, fatigué, on disait ça pour ne plus bouger. Vraiment loin de la vie du quartier tout en étant dans le quartier. Le premier pote en zonzon, parce qu&#8217;il avait braqué une voiture avec un faux pistolet, ça nous a même pas marqué, ils étaient venus nous demander si on voulait manifester à la maison d&#8217;arrêt. Plus de place dans la TT. On est resté sur notre banc. Au dessus de nous, il y avait une pub &laquo;&nbsp;le conseil régional de Picardie finance vos projets&nbsp;&raquo;. Un renoi tenait une chemise en carton avec écrit &laquo;&nbsp;droit constitutionnel&nbsp;&raquo;, une blanche le tenait par le bras avec le reste des classeurs et un peu plus loin une rebeu frisée souriait, un peu floue dans la profondeur de champ, elle tenait rien, elle. L&#8217;affiche, jamais changée, a déteint plus vite qu&#8217;on a grandi, obligée de supporter tous nos bruits. Dix ans ou rien n&#8217;avait changé sauf la musique dans le dictaphone sans aucun message, juste des jingle et de la house de chez Defected digger sur audiogalaxy. La Mairie, à cause des voisins qui se plaignaient du &laquo;&nbsp;bordel&nbsp;&raquo;, a fini par remplacer notre banc par un aplat de goudron et un trottoir bas pour les personnes handicapés, le conseil régional a laissé son affiche. Ici, le bilan des collectivités territoriales.</p>
<p>Le couple s&#8217;engouffre dans le métro. Je replace mes cheveux qui sentent le shampoing premier prix. J&#8217;entends les bottes résonnaient, les talons en plastique bon marché, les meufs de perrotin comme des caissières d&#8217;Intermarché, la différence n&#8217;est pas dans les chaussures. Je suis les gens depuis que je prends le train quotidiennement, les gens en disent plus dans le train que dans leur statut facebook. Sauf Alice avec qui je prenais le train souvent qui mettait mes vannes en statut facebook. Les corails intercités vers Paris sont les meilleurs trains. Il y a des clans, des milfs, des pochettes à dessin. On s&#8217;adressait qu&#8217;aux meufs avec des pochettes à dessin : t&#8217;es dans l&#8217;archi ? t&#8217;es en art appliqué ? tu fais une formation dans le btp. Les pochettes à dessin ouvraient la discussion pour nous, les jeunes, comme les Blackberry chez les vieux, les blackberry et la belote. Ils jouaient vraiment à la belote. Un petit bisous sur la bouche offre le mec à sa copine. Elle fait la mine de la journée longue et chiante, moi ça fait dix minutes que j&#8217;écoute rien dans mon casque en agitant la tête. Les pakos dans les tunnels ont tout compris, ils niquent Wawa-Mania puissance 100, c&#8217;est toujours des dames qui s&#8217;arrêtent pour voir les divx. Une fois j&#8217;ai vu mamie avec sa petite-fille qui piochait les cd. Jamais de nerd chez les pakistanais du divx. Ils sont la nintendo wii du warez : cajual pirating. Il parait qu&#8217;ils peuvent courir plus vite qu&#8217;on ne déplace un serveur au Liechtenstein. Je les admire ces mecs parce qu&#8217;ils m&#8217;ont sauvé la vie plus d&#8217;une fois, genre tu t&#8217;engueules avec ta femme, tu lâches l&#8217;argent au Pakis, t&#8217;as les roses, le film, je peux de nouveau lui jouir dans la bouche. Ça peut paraitre beauf mais des roses, un divx parfois ça suffit, c&#8217;est mieux qu&#8217;un texto qu&#8217;une longue explication, sauf le pakos qui te dit 5eulos en regardant partout. 5 euros le bouquet presque fané, gros bâtard. Tu marges à 95%. Mais tu me sauves pas mal. Je ne pense pas que les meufs de Perrotin se laissent même masturber par leur mec. Sur les strapontins, côte à côte, il y a énormément de trucs qui les séparent, elles regardent les néons qui défilent, il regarde le petit cul qui descend &#8211; moi aussi même si la fille n&#8217;avait pas plus de 15 ans. Il approche sa main de la sienne mais elle cherche un truc dans son sac, son agenda moleskine &laquo;&nbsp;oh j&#8217;tai pas raconté&nbsp;&raquo; elle dit en posant la main sur le genou du mec, elle croise les jambes, les bottes tapotent sur le sol.</p>
<p>On était assis sur le trottoir maintenant affaissé. Ruth avait des nouvelles bottes. Ruth n&#8217;avait jamais rien fait de sa vie jusque la, virée du CFA, de son CAP &laquo;&nbsp;Métier du Pressing&nbsp;&raquo;, on la voyait juste faire les courses au ED pour sa mère. Et elle avait réussi à acheter des nouvelles bottes. &laquo;&nbsp;Oh j&#8217;vous ai pas raconté&nbsp;&raquo;.</p>
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		<title>Les meufs de chez Perrotin (3)</title>
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		<pubDate>Sat, 29 May 2010 16:24:06 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Marc</dc:creator>
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		<description><![CDATA[On n&#8217;avait pas trop le vice nous. On voulait juste La Baise et un peu la vanne. Mais dans l&#8217;entourage, le vice était partout, on avait un pote, on l&#8217;appelait carrément: Le Vice. On aimait bien donner des noms à tout. Le Vice, si il te tendait la main, il avait forcément laisser un mollard [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>On n&#8217;avait pas trop le vice nous. On voulait juste La Baise et un peu la vanne. Mais dans l&#8217;entourage, le vice était partout, on avait un pote, on l&#8217;appelait carrément: Le Vice. On aimait bien donner des noms à tout. Le Vice, si il te tendait la main, il avait forcément laisser un mollard dedans. Si il te filait un bout de suisse au chocolat, c&#8217;est qu&#8217;il était tombé par terre ou il y avait un donormyl caché dedans, et tu somnolais toute l&#8217;aprèm en cours comme un con. Un jour il faisait super chaud, on avait pile poil la thune pour acheter une boite de Magnum à la supérette. Et Le Vice, c&#8217;était son daron qui tenait la supérette, il avait regardé la météo la veille et avait vidé le stock. Ton père il a plus de Magnum, on a dit. Il a rigolé et il s&#8217;est barré, nous on crevait de chaud. Il est revenu avec sa glace, genre il commençait à la manger. Oh le bâtard, on a tous dit. Et là il fait : je vous en vends. On a dit &laquo;&nbsp;Ok&nbsp;&raquo;. Il voulait nous vendre la glace au prix de la boite. Le Vice. Tu fais du business sur le dos de ton daron? On a demandé pour le faire culpabiliser, qu&#8217;il nous lâche une glace quoi. Il a dit : Juste pour vos gueules. Oh le bâtard, on a tous dit.</p>
<p>Le Vice est mort aujourd&#8217;hui. Moi hamdoullah, ça va. Je viens de l&#8217;apprendre par sms. Mon meilleur pote qui me le dit pendant que je reprends mes esprits. On n&#8217;avait plus trop de nouvelles, il avait déménagé genre à Maubeuge ou j&#8217;sais pas où. Son père voulait retourner à l&#8217;usine pour toucher une mutuelle qui démonte. Il a fait un arrêt cardiaque, Le Vice. Il était grand et super maigre, La Vigie on l&#8217;aurait appelé si c&#8217;était pas déjà Le Vice, il s&#8217;était grave musclé pendant son adolescence, il allait tous les jours à la salle, il prenait une douche et finissait à la Mosquée ensuite. Comme tous les mecs du quartier, il cherchait un plan pour faire le coach à la salle pour les petits du quartier. Le genre de plan qui se termine en un tournoi PES financé par la mairie. Je suis pas trop sous le choc, je ne me suis jamais attaché aux gens. Il parait qu&#8217;on fera un truc au quartier pour lui rendre hommage, manger une glace sur un banc, ou trainer sur un toit pour disperser ses cendres mais comme on aura pas ses cendres, on ira acheter du thym à la supérette et on en fera des cendres qu&#8217;on dispersera. J&#8217;habite plus au quartier, je ne serai pas là, mais, par sms, je fais le mec impliqué, le mec qui veut savoir et qui propose.</p>
<p>Mais j&#8217;ai qu&#8217;une image en tête, le petit cul qui fait de l&#8217;horloge devant moi.</p>
<p>Je stalke le couple de loin, le casque toujours sur les oreilles pour faire genre, le mec a parlé de PZK, j&#8217;ai fait &laquo;&nbsp;woké&nbsp;&raquo;. Les meufs de Perrotin s&#8217;habillent bien. C&#8217;est dans le contrat. Mais elles ne s&#8217;habillent pas de clichés. En fait c&#8217;est difficile à appréhender une meuf de Perrotin, elle n&#8217;est pas vraiment hipster, dans des robes sophistiquées de friperies ou de créateurs en micro entreprise. Elle met des bottes sans mettre de bottes, je sais pas si c&#8217;est clair. Elle n&#8217;est pas art appliqué avec un jean serré, des bottines et un t-shirt enfantin dessiné par Mooz. Elle met des t-shirts parfois, des tshirt qu&#8217;elle fait elle même comme dans les bouquins. Elle n&#8217;est pas beaux-arts non plus, à marcher les pieds nus en ville avec un air perpétuellement ahuri. Elle le garde pour les dimanche en famille, son air ahuri. Les meufs de Perrotin doivent être modelées par Perrotin lui même, je pense qu&#8217;il les commande à un prêteur sur gage. Je te file un Peter Coffin contre cette brunette à frange qui sourit timidement. Il les fait circuler comme les oeuvres de ses galeries, il s&#8217;y intéresse peut être pas autant que ses artistes, mais elles ne sont pas là par hasard. Je crois qu&#8217;il aime les profils anti-élite, il est comme science po paris, il fait de la discrimination positive de la meuf. Ces meufs, chez Perrotin, ne semblent pas être des filles à papa, elles sont déguisées comme tel, mais je le dis, pas de filles à papa, ça se voit, petite, elle était en jogging mickey portant un cartable de 10 fois son poids. Emmanuel Perrotin, j&#8217;ai peur de le rencontrer, moi les noms que je vois écris sur des plaques de métal, j&#8217;ai l&#8217;impression qu&#8217;ils n&#8217;existent pas, ce sont des noms abstraits impossible de connecter à des têtes et même si je vois les photos, je dis &laquo;&nbsp;non ça ne peut pas être eux&nbsp;&raquo;. Edouard Leclerc et Emmanuel Perrotin c&#8217;est un peu pareil pour moi. Des commerçants.</p>
<p>Mon iphone sonne, j&#8217;ai sursauté, la sonnerie a crié dans le casque. Mon meilleur pote. C&#8217;est une photo de lui torse nu, poilu, en train de porter une enceinte démontée sur l&#8217;écran. &laquo;&nbsp;On te voit alors ? Tu reviens au quartier la semaine pro ?&nbsp;&raquo; Tu crois vraiment que je vais jeter du thym du haut de l&#8217;immeuble ? &laquo;&nbsp;Non mais on fera peut-être pas ça, on va peut-être trainer en voiture je sais pas&nbsp;&raquo;. Mais mec ça fait dix ans qu&#8217;on n&#8217;a pas vu Le Vice, on s&#8217;en fout, non ? &laquo;&nbsp;C&#8217;est juste pour se réunir comme ça, peu importe&nbsp;&raquo;. Toute façon j&#8217;ai un autre plan samedi. &laquo;&nbsp;..?&nbsp;&raquo; Je vais avoir besoin de toi en plus. &laquo;&nbsp;Mmh?&nbsp;&raquo; Youssouf Fofana mon pote, tu te rapelles ? je vais devenir le Youssouf Fofana de chez Perrotin. &laquo;&nbsp;Va falloir que tu m&#8217;expliques&nbsp;&raquo;.</p>
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		<title>Les meufs de chez Perrotin (2)</title>
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		<pubDate>Tue, 18 May 2010 23:14:20 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Marc</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Il y a des kemés qui sont là comme ça. Ils sont D.A, ils disent, &#171;&#160;je suis D.A.&#160;&#187;, et tu regardes le portfolio et tu trouves ça cool parce que c&#8217;est l&#8217;évidence même du mec qui n&#8217;a rien dans la tête sauf son quotidien de meufs bourrées, de tutos vectoriels que tout le monde a [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Il y a des kemés qui sont là comme ça. Ils sont D.A, ils disent, &laquo;&nbsp;je suis D.A.&nbsp;&raquo;, et tu regardes le portfolio et tu trouves ça cool parce que c&#8217;est l&#8217;évidence même du mec qui n&#8217;a rien dans la tête sauf son quotidien de meufs bourrées, de tutos vectoriels que tout le monde a fait 100.000 fois lors d&#8217;une insomnie et de branlettes sur du mauvais porn. La direction artistique, dans pas mal de cas, c&#8217;est de l&#8217;autoproclamé. C&#8217;est comme Delphine Dumont sur redacbox.fr, c&#8217;est en tout point de la merde mais ça continue d&#8217;exister parce que &laquo;&nbsp;des gens&nbsp;&raquo; apprécient. Des putains de gens qui se laissent abuser par les premiers nazes venus remplir l&#8217;espace faussement vide. Je trouve ça cool ces fourvoyeurs, nos faire valoir.</p>
<p>Suffit de rouler sa bosse comme on disait en bas de l&#8217;immeuble. On était des putains de D.A. nous à l&#8217;époque. On avait Corel Photo House et un mixmag acheté pendant un séjour scolaire à Londres. Il y avait un CD mixé de Roger Sanchez dedans: Je suis sûr, je le mets dans la CDJ-1000 aujourd&#8217;hui et je fais semblant de mixer, ça passe nickel. On découpait les meufs du mixmag et on les scannait, on écrivait des conneries dessus. Genre Sidounie Sessions vol. 1. Le mot Sessions on l&#8217;avait piqué à Kruder&#038;Dorfsmeister parce que ces connards osaient dire dans Trax que c&#8217;était déposé. T&#8217;as rien déposé du tout, enculé, tout nous appartient. On gravait des compiles, il n&#8217;y avait qu&#8217;un graveur pour tous les potes. On faisait des putains de street-tape à 2 exemplaires maximums, le gravage c&#8217;était long. Généralement de la french house, Trouble Men trois fois par CD. Le remix de Beatnuts c&#8217;était la connexion entre ce qu&#8217;on voyait à la TV et ce qu&#8217;on écoutait tous les jours. Traumatisme dingo.</p>
<p>Je l&#8217;ai repéré en me planquant galerie Anne Barrault, rue Saint-Claude. Quand tu te fais jeter de Perrotin à 19h02, à 19h02 putain, il y a toujours les galeries plus modestes qui n&#8217;ont pas fermé parce que la fille en tunique/botte/jambe nue n&#8217;a pas fini d&#8217;envoyer ses mails derrière le macbook blanc. Elle a les jambes croisés si tu voulais voir sa culotte. Le mec est passé dans la rue, dégaine de petite bite dans une chemise trop ample. Il puait le D.A. à plein nez. J&#8217;ai fait semblant de regarder l&#8217;expo de Hugo Hopping, c&#8217;était vraiment cool en fait. Ces mecs à L.A. ne savent pas qu&#8217;en France, Marcel Duchamp est un mec connecté à Julien Doré dans l&#8217;inconscient. Sérieux, la dernière fois que quelqu&#8217;un a parlé de Duchamp à la télé nationale, c&#8217;était avec Julien Doré comme invité. Alors Hugo Hopping fait du conceptuel en partant de Duchamp et j&#8217;ai Moi Lolita en tête. Fuck France Culture Populaire. A Sugar Diet For Mystics, c&#8217;était le nom de l&#8217;expo. J&#8217;ai carotté tous les fly et mags qui trainaient, je considère comme anormal les piles trop pleines dans les galeries d&#8217;art. La meuf décrochait pas de son putain de macbook comme si le seul moyen de lui dire que j&#8217;étais dans la salle, en train de visiter son expo, eût été de lui envoyer un mail. Quand je suis sorti, je rebranchais le casque et le couple a manqué de me renverser. Bras dessus, bras dessous. Il lui a demandé si c&#8217;était bien la journée, j&#8217;ai failli répondre. Elle a dit que c&#8217;était cool, je n&#8217;ai pas entendu la suite. J&#8217;ai marché dans la direction opposée, hébété. J&#8217;avais un milliard d&#8217;idée qui s&#8217;entrechoquait dans la tête et ça formait une triangulation de Delaunay quand je fermais les yeux. Je me suis dis qu&#8217;il fallait que je mange un truc avant que je ne tombe dans les vapes.</p>
<p>(PS: J&#8217;écris pour le tag parfait.<a href="http://letagparfait.com"> letagparfait.com</a>)</p>
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		<title>Les meufs de chez Perrotin</title>
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		<pubDate>Thu, 29 Apr 2010 17:47:35 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Marc</dc:creator>
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		<description><![CDATA[À l&#8217;époque on ne parlait que d&#8217;un truc : La Baise. On disait ça. La Baise. Quand un pote avait une meuf, on le checkait, on faisait &#171;&#160;alors tu l&#8217;as fait? -Fait quoi? -La Baise&#160;&#187;. C&#8217;était pas un verbe, c&#8217;était un nom propre, on ne le conjuguait pas, on n&#8217;y touchait pas, on essayait de [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>À l&#8217;époque on ne parlait que d&#8217;un truc : La Baise. On disait ça. La Baise. Quand un pote avait une meuf, on le checkait, on faisait &laquo;&nbsp;alors tu l&#8217;as fait? -Fait quoi? -La Baise&nbsp;&raquo;. C&#8217;était pas un verbe, c&#8217;était un nom propre, on ne le conjuguait pas, on n&#8217;y touchait pas, on essayait de se l&#8217;imaginer, La Baise. On squattait des lieux que les toxs n&#8217;arrivaient plus à accéder, que les dealers évitaient, un peu en hauteur pour voir les meufs passer dans la rue et on s&#8217;imaginait des scénarios dingues pour le faire, pour pratiquer La Baise. On avait 13,14 ans, la fin du collège, fallait le faire, c&#8217;est tout. Surtout qu&#8217;on allait quitter la ZEP pour le lycée du centre-ville où il y a les meufs. Allemand LV1. On envisageait carrément le viol, parce qu&#8217;ils parlaient de ces trucs partout, dans les cages d&#8217;escalier ou carrément dans le local à poubelle. On se disait qu&#8217;ils n&#8217;en avaient jamais vu : Jamais, dans un local à poubelle, je sortirai ma bite. Les tournantes sont un peu l&#8217;ancêtre du caillassage de bus, notre société baise moins. On écoutait plus la radio qu&#8217;on regardait la télé : La télé c&#8217;était un truc du salon avec les parents ou pour jouer à la console, la radio c&#8217;était un truc de la chambre, très proche de la branlette. La radio libre surtout, on y écoutait des meufs de 20, 22, 24&#8230; des &laquo;&nbsp;vrais&nbsp;&raquo; meufs on disait. Elles parlaient de fantasmes, surtout celui du viol et c&#8217;était vraiment bandant, ça nous confirmait dans nos délires, on se disait opérationnel pour organiser ça. La première entreprise qu&#8217;on a voulu créer, c&#8217;était ça. De l&#8217;événementiel dans le viol. Tu veux te faire un fantasme de ouf, tu nous appelles, tu nous files ton agenda, on te donne un créneau et on te pécho quand tu t&#8217;y attends le moins.</p>
<p>On écoutait en boucle &laquo;&nbsp;<a href="http://www.youtube.com/watch?v=ollZqvuhx3Q">Lake Soul &#8211; Autour de toi</a>&nbsp;&raquo; sur un dictaphone à cassette. Le Guitar Mix qui passait à la radio. On aimait bien la house naïve, ça contrastait avec notre esprit déraillé. C&#8217;est partie en couille un mercredi après-midi, on s&#8217;était mis d&#8217;accord sur une cible pour tester si on pouvait le faire ou pas, La Baise. C&#8217;était une meuf pas trop mal qui sortait d&#8217;un foyer avec un gosse. On lui disait bonjour, elle était gentille avec nous, elle filait de la monnaie pour des &laquo;&nbsp;becs&nbsp;&raquo; quand on était en dèche et parlait de son ex, ce &laquo;&nbsp;bâtard&nbsp;&raquo; qui la frappait régulièrement, on hochait la tête. On s&#8217;en foutait. Le CCAS l&#8217;avait placé dans un HLM super cool avec un hall ouvert vers l&#8217;extérieur où on squattait pour avoir de l&#8217;ombre. On avait des talkie-walkie et tout ce jour là. Elle avait filé son gamin à sa mère, faut pas croire que c&#8217;était loin, c&#8217;était juste le square à côté et elle en avait profité pour faire des courses et vivre son après-midi de mamans célibataires d&#8217;environ 21 ans. On l&#8217;a suivie comme des dingues, un peu de loin, comme une mission top secrète, elle captait rien et personne ne captait rien parce qu&#8217;il croyait qu&#8217;on jouait à un truc bizarre comme on en avait l&#8217;habitude. On était en demi-molle constante dans nos joggings trop large, à cavaler dans les rues pour ne pas la perdre de vue, on est monté dans des bus qui nous étaient interdits et on s&#8217;est retrouvé dans un ED qu&#8217;on ne connaissait même pas. « Sérieux, ya un ED là ? ». On avait cette femme, du Oasis Tropicale d&#8217;Intermarché (le pilki), nos fantasmes et des talkie-walkie, on se parlait peu mais on n&#8217;avait pas besoin de ça pour être excité comme des dingues. Le moment où ça a failli basculer c&#8217;est, au retour, quand elle est passée juste devant moi, dans une ruelle inexistante sauf pour les gens du quartier, elle a fait un petit signe, un coucou trop mignon, je pleurais du cœur, et j&#8217;ai dit le signal au talkie walkie &laquo;&nbsp;PILKI&nbsp;&raquo; comme quoi on pouvait la pécho. Personne n&#8217;a bougé.</p>
<p>C&#8217;était parfait. Elle est partie récupérer son petit et la journée s&#8217;est finie normale. On était trop fier de ce qu&#8217;on avait fait. On se disait : &laquo;&nbsp;putain personne n&#8217;a fait ça avant nous ! On est des putains de génie, passe moi l&#8217;oasis -S&#8217;pas de l&#8217;oasis -Connard&nbsp;&raquo;. On en a parlé des mois &laquo;&nbsp;viens on le refait, viens on le refait&nbsp;&raquo;.</p>
<p>Jusqu&#8217;à qu&#8217;on tombe sur Sophie Calle. Sophie Calle, cette greluche, avait suivi un mec jusqu&#8217;à Venise juste parce qu&#8217;elle n&#8217;avait pas de travail et que c&#8217;était une bonne bourgeoise comme on les a toujours détesté ici. Elle avait croisé ce type deux fois dans la même journée: Une fois dans la rue et une autre fois dans un vernissage de photographies surement à chier &#8211; on était en 1980 quoi. C&#8217;était un signe. Cette Sophie a transformé notre histoire en un truc mythique d&#8217;art contemporain que tout le monde a respecté direct. C&#8217;est comme ça que son nom est devenu culte. On était dégouté quand on a appris ça. On voulait perdre toute notre culture et oublier qu&#8217;il y avait des gens avant nous, on voulait faire nos Nazis et cramer les bouquins de la bibliothèque pour ne plus croiser Sophie Calle. On avait déjà la phrase de Goebbels en tête &laquo;&nbsp;Nous les jeunes, on nous ignore&nbsp;&raquo;, c&#8217;était Monsieur Bonfils qui nous l&#8217;avait dite en Histoire pour se foutre de nos gueules et de notre jeunisme à chier. On voulait cramer la bibliothèques du quartier pour une seule raison: On y a découvert Sophie Calle. C&#8217;est aussi comme ça que j&#8217;ai kiffé l&#8217;art. Au collège, on croyait que c&#8217;était un truc de maitre, de mec débile et grâce à Sophie j&#8217;ai découvert qu&#8217;on pouvait se faire lick l&#8217;anus, facilement, par des gens dégoutés qui voulaient avoir la même idée.</p>
<p>C&#8217;est pour ça qu&#8217;on se met à fréquenter Perrotin, on y va juste pour être au courant, ne plus copier les autres sans savoir qu&#8217;on les copie : de la veille créative, les intellos disent. Longtemps j&#8217;ai cru que c&#8217;était shame de se cultiver, une fuite de la créativité : Tous ces connards m&#8217;ont volé mes idées dix ans avant que je sois né. Mais, pas grave, on encaisse, on continue d&#8217;aller à Perrotin. On fait des petits carrés qu&#8217;on imprime et de l&#8217;histoire de l&#8217;art, on se réconcilie avec Sophie parce que notre prof la connait et qu&#8217;on veut bien licker de l&#8217;ass en attendant d&#8217;avoir un métier. À Perrotin, on y croise des boules en inox polies et des meufs à l&#8217;entrée, à qui on sourit, elles sont toujours super bien coiffées mais elles te font toujours la gueule, on dirait que tu les déranges. C&#8217;est pas comme ci je venais à ta crémaillère sans être invité connasse, t&#8217;es autant chez moi que chez toi ici. Puis on vieillit et un soir on y retourne encore parce qu&#8217;il parait que Zimmermann c&#8217;est excellent qu&#8217;il faut absolument que tu le vois : &laquo;&nbsp;On dirait qu&#8217;c'est vivant&nbsp;&raquo;. Il est un peu 19h, la journée rude, on ne pouvait pas y aller avant et, au fond de l&#8217;impasse, t&#8217;as la blondasse, les cheveux super bien attachées, tu sens la laque d&#8217;ici qui lui a collé son iPhone à l&#8217;oreille, son mec est là aussi avec son slim et ses bottines, lui, les cheveux en l&#8217;air il semblerait qu&#8217;il ait piqué la laque de sa meuf discret. Ils ont l&#8217;air tellement cool. Elle te fait un non de la tête super sévère. Genre il est 19h02, elle a fermé la galerie, tu vois très bien qu&#8217;il y a ses collègues sur les macs derrière la vitre, mais non c&#8217;est mort pour toi, pas de Perrotin pour toi, il organise son before avec une pote.</p>
<p>C&#8217;est là que tu te dis qu&#8217;il est enfin temps de se venger. De se venger des meufs de chez Perrotin. (À suivre).</p>
<p>- <a href="http://www.galerieperrotin.com/">Les Galeries Perrotin</a></p>
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		<title>Gonzo Sentiments</title>
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		<pubDate>Sun, 21 Mar 2010 22:38:28 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Marc</dc:creator>
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		<description><![CDATA[On marche main dans la main, je fais des vannes, elle rigole. La journée normale, cool, comme on en rêve quand on a douze ans et qu&#8217;on veut se faire aimer en jetant des cailloux sur les meufs qui jouent tranquilles. Il y a des gamins qui courent, qui se prennent en photos, des vieux [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>On marche main dans la main, je fais des vannes, elle rigole. La journée normale, cool, comme on en rêve quand on a douze ans et qu&#8217;on veut se faire aimer en jetant des cailloux sur les meufs qui jouent tranquilles. Il y a des gamins qui courent, qui se prennent en photos, des vieux qui s&#8217;embrassent, des mains au cul, un mec qui fait du cerf volant, même Spike Jonze a envie de nous filmer. La musique c&#8217;est PWSteal.Ldpinch.D, le packshot à la fin pour une marque de cosmétique bisexuelle. Le soleil commence à me chauffer bien. J&#8217;ai la tête libre, on a bu un rosé dégueulasse comme les couples mi pauvres qui veulent se donner un genre adulte. On se chamaille, des vannes sur le physique parce qu&#8217;on est putain de beau dans ces moments là, et on sait que ça ne touchera pas l&#8217;autre. On est prêt à aller voir de l&#8217;art contemporain gratos, tant qu&#8217;on a moins de 25 ans. Et j&#8217;ai une putain de phrase qui monte dans la tête.</p>
<p>Je me frotte l&#8217;œil gauche. C&#8217;est toujours la lentille de l&#8217;œil gauche qui merde. J&#8217;ai une putain de phrase dans la tête. Bien placée, je ne veux pas la perdre. Je fais semblant de faire la gueule, il ne faut pas qu&#8217;elle me parle, je veux garder la pensée vive, remodeler la phrase qu&#8217;elle soit encore mieux, plus incisive. Ça va faire marrer tout le monde. 200-300 hits, je vois déjà ma mère m&#8217;en parler. &laquo;&nbsp;Oh Marc vraiment hein cette phrase hein&nbsp;&raquo;. J&#8217;ai une putain de phrase dans la tête et rien pour la noter, alors je continue de faire la gueule, je me frotte l&#8217;œil avec insistance pour détourner le sujet. &laquo;&nbsp;Putain mon œil ça saoule&nbsp;&raquo;. Et je vais pouvoir garder ma phrase près de moi, la ressortir quand j&#8217;aurais un bic, un coin de table. J&#8217;ai envie de sortir l&#8217;iPhone mais elle va croire que je vais checker twitter et ça va partir en vrille. &laquo;&nbsp;Tu check twitter alors qu&#8217;on se balade&nbsp;&raquo; et machin. Donc je fais la gueule, en souriant un peu quand même, une réponse idéale le sourire. Ça permet de la voir parler sans trop l&#8217;écouter, ça conclue des phrases que l&#8217;on n&#8217;a pas besoin d&#8217;échanger. Rallonger la discussion de quelques minutes, le temps de trouver une solution. Ça dure pas. Direct, elle capte qu&#8217;il se passe un truc, je suis trop mauvais acteur.</p>
<p>Alors ça y est c&#8217;est parti les questions, je fais l&#8217;évasif, mais c&#8217;est pire, elle s&#8217;énerve direct et j&#8217;essaye de garder ma phrase. Mais v&#8217;là faut que je trouve aussi une réponse pour qu&#8217;elle arrête d&#8217;insister. C&#8217;est un putain de bordel dans ma tête. Je dois tout ranger : Alors je place ma putain de phrase en périphérie, dans le cerveau un peu plus lointain. Je l&#8217;appelle le cerveau Reverb, parce qu&#8217;il fait résonner les trucs bien lourds que je vais ressortir pour faire du hit. J&#8217;ai le cerveau qui pense comme Ableton Live, c&#8217;est pour ça que je ne suis pas aller en Terminale S. Je gagne encore un peu de temps. On est bientôt arrivé et elle va forcément avoir envie de pisser. C&#8217;est toujours comme ça, dés qu&#8217;on arrive dans un lieu, elle a envie de pisser, elle connait toutes les chiottes de tous les lieux de la planète où on est allé à deux. Et c&#8217;est généralement dans ces moments que je couche la phrase sur un support quelconque. Forcément, je sais pas ranger le bordel de ma tête, je lui dis le truc le plus ignoble possible, le truc que j&#8217;ai le moins réfléchi mais qui paraissait cool à balancer dans une comédie romantique un peu vaseuse, pour faire durer le film plus d&#8217;une demi heure. La saloperie est partie d&#8217;un coup : J&#8217;aurais pu l&#8217;insulter de grosse pute et la foutre à quatre patte pour qu&#8217;elle me suce la bite devant ces gens, je m&#8217;en serais mieux sorti. Donc là, elle part en couille sévère et impossible de tempérer, de me tempérer, je fais &laquo;&nbsp;c&#8217;est bon, c&#8217;est bon&nbsp;&raquo;. En serrant les dents. &laquo;&nbsp;Et toi alors ?&nbsp;&raquo; je balance. J&#8217;enlève la reverb de ma putain phrase, je sentais que j&#8217;allais la perdre, elle revient tranquillement et je souris nerveusement parce qu&#8217;elle est bonne la phrase. Elle est toujours bonne c&#8217;te putain de phrase. Et aussi parce que je viens d&#8217;entendre un truc trop con qu&#8217;elle vient de dire pour me provoquer. &laquo;&nbsp;T&#8217;es séééérieeeeuuuse?&nbsp;&raquo; je fais avec mon accent chelou, faux mecs du quartier. &laquo;&nbsp;Et putain tu souris? Toi ça te fait marrer ?&nbsp;&raquo; elle fait. Je lâche un soupir, on est dans une rue que je ne connais pas. On s&#8217;est paumé.</p>
<p>Bon, fallait peut-être tourner la rue d&#8217;avant&#8230; Je sais plus. Qu&#8217;est ce qu&#8217;on fout, merde. On continue de marcher, comme ça, des pas rythmés, l&#8217;un essaye de passer devant l&#8217;autre. Toujours. Elle n&#8217;a pas encore capté qu&#8217;on était complétement perdu, elle pense que je maitrise le chemin. Elle me double tout en faisant attention à bien me suivre : Elle a un sens de l&#8217;orientation bien pourri. Ce paradoxe m&#8217;amuse, mais je n&#8217;ai pas le temps de l&#8217;analyser faut que je garde ma putain de phrase. Elle tente toutes les provocations existantes, je suis un mur froid qui veut garder son truc bien au chaud. Je m&#8217;arrête, elle continue d&#8217;avancer en ne criant pas trop fort, elle sait être discrète quand on se fout sur la gueule en public. Les pires trucs qu&#8217;on s&#8217;est balancés, ce n&#8217;est pas en criant à l&#8217;appart, mais en les soufflant dans la rue. J&#8217;ai pas envie de retrouver le chemin. Je fais semblant de regarder à droite à gauche, je sens que c&#8217;est foutu pour ma putain de phrase, je sens bien qu&#8217;elle veut que je l&#8217;oublie. Et ma putain de femme aussi, je la vois partir, en pestant, elle fonce, elle manque de faire tomber un type, qui ne s&#8217;énerve pas mais préfère mater son cul. Elle tourne dans une ruelle, un truc avec un nom absurde, et je la perds complétement. J&#8217;attends un moment. Je me dis que je ne suis pas du genre le plus grand des sauveurs, mais il y a une chose trop folle que je veux absolument sauvegarder.</p>
<p>Heureusement pour nous, ce n&#8217;est pas la littérature.</p>
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		<title>Ces gens qui n&#8217;existent pas</title>
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		<pubDate>Fri, 12 Mar 2010 22:24:02 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Marc</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Même les actrices pornos échangent des trucs chiants à la Xavier Ternisien. Elles pourraient nous inviter backstage en un twitpic, faire du sarcasme sur les coulisses, critiquer les industriels nazes comme Dorcel, politiser un peu. Non, il faut qu&#8217;elles balancent du lien chiant, déconnecté, juste pour essayer d&#8217;exister au milieu du flux. Elle gratte le [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Même les actrices pornos échangent des trucs chiants à la Xavier Ternisien. Elles pourraient nous inviter backstage en un twitpic, faire du sarcasme sur les coulisses, critiquer les industriels nazes comme Dorcel, politiser un peu. Non, il faut qu&#8217;elles balancent du lien chiant, déconnecté, juste pour essayer d&#8217;exister au milieu du flux. Elle gratte le RT comme on se gratte le gland, en les regardant. Même recherche de satisfaction éphémère.</p>
<p>Avec les actrices pornos, j&#8217;ai toujours fantasmé les écrivains. Je m&#8217;imaginais, plus jeune, avec Patrick Besson, se mater Sisqo Shakedown en buvant des alcools forts. Mélancolique.</p>
<p>Rey aussi, on aurait pu prendre de la coke, mais je n&#8217;ai jamais aimé ça. Alors un peu de whisky, mais avec sa rehab, putain, ça va être chaud maintenant de lui proposer. Dépecer mon chat, mon ex, pour qu&#8217;il cache le corps, c&#8217;est le genre de truc que je voulais faire avec Nicolas. Lui le junkie : Limpide, moi le clean : Torturé. Mais maintenant qu&#8217;il est clean aussi, je n&#8217;ai plus rien à compléter, je fantasme moins.</p>
<p>Je me suis longtemps imaginé au Pulp, entouré de ces poseuses énervantes. Je kiffais Ann Scott parce que je trouvais ses personnages passablement détestables. Tous là à débiter des lieux communs, à name droper des noms aussi vite qu&#8217;ils s&#8217;essoufflent du peu de culture balancé. Vite, un fix d&#8217;hero. Et je n&#8217;arrivais pas, moi, à faire des gens détestables. J&#8217;essayais, mais c&#8217;était plus un truc burlesque. Des méchants ratés, attachants qu&#8217;on a envie de câliner. Et récemment je me suis rendu compte que ce n&#8217;étaient pas ses personnages qui étaient détestable, mais elle. Ça m&#8217;a bien fait chier de découvrir ça, je voulais croire en autre chose, en plein de meufs maigres et bizarres intouchables du pulp, mais en fait il n&#8217;y en a plus qu&#8217;une et bien palpable. C&#8217;est en lisant plus loin que ses romans que je me suis rendu compte de ça. Sur l&#8217;internet, j&#8217;ai perdu Ann Scott. J&#8217;ai vu la vraie, j&#8217;ai arrêté de la fantasmer. Je préférais celle que je ne connaissais pas.</p>
<p>Ce qui est cool avec Tatiana de Rosnay, c&#8217;est que je n&#8217;ai jamais lu ses bouquins. Je ne peux pas être déçu, je ne la connais que de sa timeline. Je peux donner un avis neutre, lavé de tout fantasme. La timeline de Tatiana de Rosnay est une face cachée de l&#8217;internet, c&#8217;est un peu comme si j&#8217;écrivais dans &laquo;&nbsp;The Economist&nbsp;&raquo;. Pas du tout à ma place. Tatiana de Rosnay est écrivain, oui. Mais genre elle vend beaucoup. Enfin, elle a écrit le livre qui fait vendre beaucoup : vel d&#8217;hiv+enfant+journaliste américaine+en anglais. L&#8217;air du temps. Elle a un visage bourgeois, un visage trop cliché pour croire qu&#8217;elle existe vraiment. Mais sérieux, elle existe bien un truc de fou. Enfin moi je ne connaissais pas son existence, je ne suis pas chez France Loisirs. Je pense que seuls les gens qui ont une carte gold chez France Loisirs doivent la connaitre réellement. Mais grand-parents, morts, je n&#8217;ai pas pu leur demander si ils avaient lu ses bouquins. J&#8217;adore ses cheveux. Des cheveux poivres et sels qu&#8217;elle porte fièrement bien en dessous des épaules. Quand j&#8217;étais petit, il y avait une vieille prolo en bas de l&#8217;immeuble à côté, elle avait les mêmes cheveux, mais les siens étaient plus gras quand même, moins entretenus, on a fait des sales trucs sur son palier juste parce qu&#8217;on n&#8217;aimait pas ses cheveux crades. On était de gros cons. Des boules puantes, je regrette.</p>
<p>Tatiana fait bien attention à dire merci à tous ses followfriday, elle ne veut pas chercher plus loin elle dit juste merci, sans forcément lire, sans forcément s&#8217;intéresser aux timeline des autres. Elle enchaine les merci pour, après, faire sa maitresse d&#8217;école aux autres écrivains &laquo;&nbsp;mais il y a bien un échange horizontal entre nous, ce ne sont pas de simple admirateurs&nbsp;&raquo;, bah oui Tatiana, ils font les robots FF, et toi tu fais le robot merci. Horizontal. Tatiana ne va même pas remarquer que la plupart des gens qui la citent n&#8217;existent pas. Ils sont humains, ils mangent, ils boivent, mais&#8230; En fait, ils te FF juste pour exister quelque part, car beaucoup n&#8217;existe nul part ailleurs. Ce sont juste des @ et un mot un peu plus loin. N&#8217;hésitez pas à ff Tatiana, elle vous remerciera sans jamais avoir lu, ni retenu votre nom. Horizontal.</p>
<p>C&#8217;est tout le paradoxe de l&#8217;écrivain. Il est là pour les gens, il sourit aux gens, écrit pour eux, mais est incapable de se souvenir qui ils sont. Tous ces gens, c&#8217;est quoi là? Tu le sais Tatiana ? L&#8217;écrivain apprécie seulement la postérité, aime exister. Dans le flux, n&#8217;importe qui existe, grandit, est recommandé. Juste en faisant suivre des liens, en tentant des hashtags. La création ne meurt pas sur les nouveaux médias, il faut juste s&#8217;avaler la masse des bienséances pour commencer à apercevoir les quelques-uns qui font des choses. Ce qui est magique chez Tatiana, c&#8217;est cette façon de faire croire qu&#8217;elle maitrise les nouveaux médias, de cacher maladroitement son incompréhension du monde que nous, génération Y, modelons chaque jour à une vitesse folle. Elle fait son expertise 2.0 auprès d&#8217;autres écrivains de sa génération car elle ne pourra pas le faire à nous, ça ne marche pas, nous ne sommes pas dupes. Et quand on sera en place, elle disparaitra encore plus vite que nous sommes apparus. Plus on avance dans sa timeline, plus on y voit quelqu&#8217;un d&#8217;un peu paumé dans un mélange des genres qui la dépasse. Tel un junkie dans une cours d&#8217;école. Parfois elle s&#8217;essaye à la vanne, parfois elle s&#8217;essaye au lien, parfois elle s&#8217;essaye à la discussion, parfois elle s&#8217;essaye à la twitpic perso, parfois elle s&#8217;essaye à l&#8217;enquête, mais jamais elle s&#8217;essaye à sa personnalité, à se concevoir comme une entité, bien différente des autres. C&#8217;est comme si elle aussi n&#8217;existait pas. Sauf quand elle est malhabile <a href="http://twitter.com/tatianaderosnay/status/10177109294">&laquo;&nbsp;Rassurez moi, ce film sur le même sujet que mon livre est moins bien hein ? HEIN ?&nbsp;&raquo;</a> En fait on pourrait coller la timeline de Tatiana de Rosnay sur n&#8217;importe qui d&#8217;autre, ça marcherait. Les timeline interchangeables m&#8217;intéressent, elles sont rassurantes, car grâce à elle, je sais que j&#8217;existe. Mais vraiment.  </p>
<p>Les écrivains doivent arrêter les gazouillis. Et recommencer à écrire. On s&#8217;en fout de savoir qui ils sont, on veut juste lire, tourner la page.</p>
<p>D&#8217;ailleurs, je m&#8217;y mets. cya. xx.</p>
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		<title>28 février</title>
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		<pubDate>Tue, 02 Mar 2010 14:17:15 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Marc</dc:creator>
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			<content:encoded><![CDATA[<p>La dernière fois que je l&#8217;ai vu, c&#8217;était en juin dernier. Il avait vraiment grossi, la gueule super ravagée. Il fumait ses clopes avec difficulté, il tremblait à chaque pas. On avait trainé dans les vignes, on était les seuls à vouloir faire quelque chose de notre après-midi. Tous les cousins étaient maintenant de bons darons, profitant d&#8217;un samedi aprèm pour s&#8217;endormir dans l&#8217;herbe, en laissant les enfants répétaient nos bêtises d&#8217;enfance. Jouer au croquet et foutre le maillet sur la gueule du petit frère. Nous, nous étions les derniers grands enfants à pas trop savoir ce qu&#8217;on foutait là, juste de la présence, faire plaisir. Faire plaisir à maman, à tatie, à mamie et à 80% de ces gens qu&#8217;on n&#8217;avait jamais vu avant. Se montrer mais pas trop, garder les secrets, juste sourire, se dire &laquo;&nbsp;ok&nbsp;&raquo;. On avait parlé de sujets pas trop lointains, le boulot, ce qu&#8217;on allait faire en septembre. Sa sortie d&#8217;HP très vite fait, je connaissais pas les détails, je voulais pas les connaitre, la musique pas mal, les jeux vidéos quelques souvenirs, sur DAoC. On n&#8217;avait pas trop rigolé, en fait. Il m&#8217;avait demandé si j&#8217;écrivais toujours, il se rappelait de textes cools où j&#8217;écoutais Voodoo Ray en sautant sur le lit d&#8217;une gamine de quinze ans. Il était d&#8217;ailleurs dans une embrouille monstre avec une gamine du même age. C&#8217;était périphérique. </p>
<p>On se voyait peu, genre une fois tous les trois ans, ma famille (au sens large) est du sud-ouest et nous étions les franciliens. Je descends rarement, sauf un peu l&#8217;été. On se disait, blagueur comme on sait l&#8217;être en famille hein, &laquo;&nbsp;bon bah on se voit au prochain mariage&nbsp;&raquo;,  &laquo;&nbsp;bon bah on se voit au 60 ans de machin&nbsp;&raquo; . &laquo;&nbsp;Bon bah on se voit au prochain mort&nbsp;&raquo;. On pensait à notre grand-mère en disant ça.</p>
<p>Il s&#8217;est envolé. À 27 ans. Pas n&#8217;importe quel âge. Par la fenêtre de son appart&#8217;. Un geste que j&#8217;imagine pas, je flippe en regardant le lino, dés que je suis sur un escabeau. On se parlait rarement, internet ne rapproche pas plus que ça, et pourtant chaque fois qu&#8217;on se voyait, on restait étonné. On écoutait les mêmes trucs, on citait les mêmes références avec le même détachement de ceux qui connaissent un peu de tout. On avait les mêmes tics de langage. Nous avons été élevé par deux femmes qui sont soeurs, c&#8217;était notre seul lien. Il tenait, à une époque, un blog où il parlait de réaliser un porno avec des filles toutes jeunes. Il écrivait en ratant la ponctuation, c&#8217;était bourré de fautes et c&#8217;était unique. L&#8217;adresse s&#8217;est perdue.</p>
<p>Je suis vraiment un gros naze pour les hommages. Et j&#8217;aimerais ne pas penser à lui plus que ça. M&#8217;en foutre un peu, c&#8217;est une posture facile. Je me croyais émo qu&#8217;avec les meufs.</p>
<p><em>&laquo;&nbsp;ah les petites chatolics&#8230;mieux que les petites de l&#8217;ump au moins avec les chato on baise sans capote&nbsp;&raquo;</em>. C&#8217;est le genre de trucs qu&#8217;on pouvait se dire. </p>
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		<title>Le Bacon Halal</title>
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		<pubDate>Fri, 19 Feb 2010 21:31:41 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Marc</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Dans le débat Quick n Halal, très vite on a balancé les grands mots à la fdesouche-benjaminlancar, mais personne n&#8217;a eu une pensée pour Nadia. Une pensée pour Momar. Pour les gens. Nadia, elle traine aux Halles tous les mercredis et un peu le vendredi quand elle zappe le cours de gestion. Avec ses cuisses, [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Dans le débat Quick n Halal, très vite on a balancé les grands mots à la fdesouche-benjaminlancar, mais personne n&#8217;a eu une pensée pour Nadia. Une pensée pour Momar. Pour les gens.</p>
<p>Nadia, elle traine aux Halles tous les mercredis et un peu le vendredi quand elle zappe le cours de gestion. Avec ses cuisses, elle remplit trois fois son Diesel acheté dégriffé au quartier et il y a même un peu de ventre qui coule sur la ceinture GUESS qui devient difficile à lire. Ses grosses joues restent inévitables. Nadia elle a Facebook sur son Samsung et sans Foursquare tu sais qu&#8217;elle est en train de squatter sur les marches aux Halles. &laquo;&nbsp;d barres&nbsp;&raquo;. Toutes façons elle ne sait faire que ça : Poser son cul et attendre. Nadia aussi, elle adore partager des vidéos sur son profil, un peu de tout, des blagues et des reportages aussi. La polémique sur le KFC, elle ne l&#8217;a pas ratée, tout le monde sur son profil à commenter &laquo;&nbsp;wé moi jbosse au KFC et j&#8217;confirme koi, biz&nbsp;&raquo;. Ça la refroidit, mais elle n&#8217;a pas fait de scandales. Elle a juste évité le KFC. Elle n&#8217;est pas dans l&#8217;idéologie. D&#8217;ailleurs, elle est vierge, et même si elle te dit que c&#8217;est pour respecter sa foi, ne la crois pas. C&#8217;est surtout parce qu&#8217;aucun mec ne l&#8217;a jamais respecté. C&#8217;est une grosse casse-couille, Nadia. Un bonhomme, ils disent les pions de son lycée. Mais à la différence des occidentales, elle n&#8217;écrit pas là dessus, elle ne fait pas de conférences ou semblant d&#8217;être pote avec Despentes. Non, elle s&#8217;avale des filet-o-fish. Le filet, c&#8217;est le dwich sacré et elle en est presque boulimique. Quand ça la saoule, elle alterne avec la pizzeria halal, et le kébab, mais aux Halles en plein milieu d&#8217;aprem : Ya que le filet.</p>
<p>La direction de Quick a bien pigé le truc. Nadia, des marches, elle voit le Quick et elle n&#8217;y rentre pas. Normal : le fish est dégueulasse. Pain omniprésent, sauce tartare inexistante. Rien à voir avec le filet de McDo objet de consommation culte, mangé en trois bouchées, apprivoisé par la culture populaire du quartier, omniprésent dans le background rap de scarla indépendant. Changer le fish ne servirait à rien, la dimension du Filet est trop importante et faudrait au moins quatre générations avant que ça change. Alors face à un KFC un peu chelou qui déclare que le poulet en batterie est halal et après avoir bien sondé le marché, le Quick halal s&#8217;est lancé peu à peu, depuis la rentrée scolaire 2009. Un bon truc, maintenant c&#8217;est plus facile d&#8217;inviter sa meuf, maintenant mes potes ne rechignent pas à faire autre chose que le Kébab&#8230; et Momar, ça le fait marrer. C&#8217;est ironique pour lui. On était ensemble en cinquième, il m&#8217;avait prêté un DBZ naze sur Playstation, on se croise encore quelques fois. Il tient une pizzeria en bas de l&#8217;immeuble et les poches sous les yeux parlent. &laquo;&nbsp;Non mais je dis ouf sérieux, le KFC se déserte, le Domac c&#8217;est le domac et ma pizzeria elle allait exploser&nbsp;&raquo;.</p>
<p>Ce qui est dingue chez Momar, outre sa pizza chicken-boursin, c&#8217;est son côté prof de management à HEC. Tu prends des notes et tu fermes ta gueule. &laquo;&nbsp;J&#8217;avais un fond de commerce et je voulais faire des pâtes pour changer du kébab mais ma meuf, avec ses cops, elle a trouvé un investissement et chopper la franchise pour faire le business ailleurs, ça marche bien&#8230; Alors j&#8217;ai fait la classique pizza halal. On a inondé les boites aux lettres, pas trop celles du quartier, mais plutôt les pavillons autour. Aucun musulman dans ces pavillons. Tous les mois, on fout un menu, on ne les laisse jamais tranquilles. Résultat, quand la pizzeria est pleine à cause des potes qui squattent, les mobs, elles, continuent de partir un peu partout dans la ville. J&#8217;ai recruté toute la famille et acheté trois mobs depuis l&#8217;histoire du KFC. Le téléphone il s&#8217;arrête pas, soir de foot et tout, forcément c&#8217;est dingue, on a improvisé un standard avec un modem pour faire une double ligne. Tu vois chez Speed Rabbit (qui fait aussi 100% halal), ils ont un service de fou avec CB et machin sur la mob, nous on est comme les commerces de 1960, la petite monnaie et le contact humain, ces conneries, ça plait trop aux gens des pavillons. Et tout le quartier pavillonnaire bouffe halal. Ils s&#8217;posent même pas la question. Moi je me la pose par contre : Est-ce que je bouffe bien halal ? Je fais confiance à mon fournisseur, j&#8217;ai les certificats et tout, ça rassure, mais tu sais j&#8217;ai jamais vu le poulet vivant, je connais pas les conditions d&#8217;abattage et comme c&#8217;est un produit de l&#8217;industrie, il y a de forte chance que ce soit halam&#8230; Je préfère ne pas y penser, je ne vais pas enquêter, je m&#8217;en fous, le business tourne, tout le monde fait confiance&#8230; Et je vois mal TF1 faire des recherches sur la traçabilité de nos produits, tu vois le truc, genre 7 à 8 sur le scandale des produits halal où on se rend compte que c&#8217;est fait avec des restes de halouf, ce serait dingue&#8230; Mais&#8230; Déjà pour eux, faire manger au bon français du halal c&#8217;est un scandale, alors le jour où ils vont prendre notre défense&#8230;&nbsp;&raquo; Momar, il finit sa phrase en entamant une cigarette dans l&#8217;arrière cour de la pizzeria au milieu des cagettes de tomates. Marocaines, les tomates. &laquo;&nbsp;Faut pas le dire ça. Mais Quick ils ont raison, tout le monde en parle ici, ma mère elle en a rien à foutre des burgers mais elle veut se faire un Quick tu vois. C&#8217;est une revendication pour elle, ça veut dire qu&#8217;elle existe même chez les grands.&nbsp;&raquo;</p>
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		<title>Sur Twitter, on regrette pas mal ? Rétrospective de ma vie online</title>
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		<pubDate>Fri, 22 Jan 2010 23:21:28 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Marc</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Vincent Glad se posait la question. 15% de tweets où il se sent honteux. Sans rire. Loïc monte à 85%. Il fume pas mal de clopes Loïc, aussi. Mais moi ? Je me sens honteux souvent, mais où ? Sur un statut facebook ou une connerie twitter ? Après une blague raciste en famille ou [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Vincent Glad se posait la question. <a href="https://twitter.com/vincentglad/status/8032295543">15%</a> de tweets où il se sent honteux. Sans rire. Loïc monte à <a href="http://twitter.com/abstraitconcret/status/8032836194">85%</a>. Il fume pas mal de clopes Loïc, aussi. Mais moi ? Je me sens honteux souvent, mais où ? Sur un statut facebook  ou une connerie twitter ? Après une blague raciste en famille ou l&#8217;humiliation d&#8217;une petite grosse en classe avec Barbier en fond sonore ? Mon père, lui, se marre à chaque fois.</p>
<p>Je regrette pas mal mes conneries, si je ne supprime plus mes archives c&#8217;est parce que la meuf du <a href="http://www.buzz-litteraire.com/">buzz-litteraire</a> a kiffé la période la plus ancienne disponible aujourd&#8217;hui. J&#8217;aimerais pouvoir éteindre mon compte twitter tellement je me sens honteux d&#8217;avoir fait cette vanne sur les collants bariolés de cette vieille dans le rer. <em>&laquo;&nbsp;Personne ne m&#8217;a prévenu que c&#8217;était la journée de la tepu?&nbsp;&raquo;</em>. Mais fermer son compte twitter c&#8217;est tellement nora/sskizo 2008. Twitter n&#8217;est pas le lieu où je regrette le plus mes paroles. En général je lâche mon truc et je ne le relis plus. Sauf si quelqu&#8217;un me &laquo;&nbsp;at&nbsp;&raquo;, c&#8217;est une sorte de réveil le at, c&#8217;est genre Damocles, c&#8217;est le moment où on se rend compte que non, on ne parle pas dans le vide, <em>putain, j&#8217;ai vraiment dit ça? </em> L&#8217;arobas c&#8217;est une frayeur : Merde je vais devoir être moins con que je ne le parais. C&#8217;est là que la boule pousse dans le bide. On vomit un LOL raté et on fait semblant que personne n&#8217;a vu. Jamais on delete. Les couilles sont là.</p>
<p>Je relis ma timeline souvent. Je suis assez parano comme mec. Je me dis &laquo;&nbsp;oui là j&#8217;étais déplacé&nbsp;&raquo;, &laquo;&nbsp;oui là c&#8217;était pas marrant&nbsp;&raquo; &laquo;&nbsp;merde j&#8217;étais génial ce jour là&#8230; c&#8217;était il y a six mois&nbsp;&raquo;. Mais je lis les autres timeline et j&#8217;arrive à me sentir un ton au dessus, car je suis quelqu&#8217;un de ONline. Être honteux je le cultive depuis le chat Multimania, j&#8217;avais treize ans et cette fille de Saint Raphaël ne m&#8217;a jamais répondu après avoir reçu ma photo durement scannée chez un pote plus riche que moi. Pendant des semaines, j&#8217;avais du mal avec moi, mon reflet, mes lunettes rondes.</p>
<p>Mais ma personnalité online a évolué, j&#8217;ai trollé sur les forums JeuxOnline comme un gros porc, en oubliant qui j&#8217;étais derrière un pseudo, derrière mon avatar dans Dark Age of Camelot. Je faisais le roeleplaying d&#8217;une grosse chaudasse mineure. J&#8217;étais une big star. Mon compte le plus influent a été banni après 666 messages exactement : Markhy Addicted. Putain de grande époque. Je me couchais à 2 heures du mat&#8217; même en période du bac, tous les jours on pourissait l&#8217;ambiance et <a href="http://forums.jeuxonline.info/showthread.php?p=6875594&#038;highlight=1264199768#post6875594 ">internet ne l&#8217;oublie pas</a>.</p>
<p>J&#8217;étais sur <a href="http://www.zedeathtouch.net/mag/index.php">Zedeathtouch</a> dans le même temps. On a eu quelques coups d&#8217;éclats. On peut refaire le même mag aujourd&#8217;hui, tu remplaces &laquo;&nbsp;progamer&nbsp;&raquo; par &laquo;&nbsp;community manager&nbsp;&raquo; et ça va faire rire tout l&#8217;internet. </p>
<p>Les forums musiques aussi, j&#8217;ai produit quelques bonne vannes, mais la musique c&#8217;était trop sérieux pour moi alors souvent je me faisais niquer par naïveté. Et Teki Latex tenait le niveau tellement haut, niveau phrase définitive et second degré que même M. Oizo n&#8217;arrivait pas à suivre.</p>
<p>Twitter est arrivé pour moi en avril 2008, et je me sentais déjà en retard sur ce média. Forcément putain, il y avait Thibaut Thomas qui avait déjà fait 40 mémoires sur le sujet. Puis, récemment, les gens du OFFline sont arrivés et là on a commencé à avoir des regrets. Mais oui, Vincent c&#8217;est à cause d&#8217;eux ce % de regrets, ne cherche pas, tu ne regrettais rien avant, c&#8217;est qu&#8217;ils nous empêchent de jouer ces vieux. On ne peux plus vanner comme on le veut, avec nos règles, nos jokes. Non, on doit suivre des règles. &laquo;&nbsp;Les 10 règles pour être un bon twittos&nbsp;&raquo;. On a encore perdu sur ce jeu, après avoir perdu dans le blog-game, on a perdu dans le tweet-game. Dés qu&#8217;il y a un top 10, les jeunes meurent, le jeu est perdu, on prospecte les nouveaux médias pas encore envahis par le monde OFFline.</p>
<p>Le jour où j&#8217;ai capté ça, c&#8217;est quand @Tristan_NvelObs m&#8217;a envoyé un &laquo;&nbsp;at&nbsp;&raquo;. Je me suis dis : &laquo;&nbsp;Putain c&#8217;est quoi cette nouvelle team, &laquo;&nbsp;NvelObs&nbsp;&raquo;, ils ont fait de bons résultats à la Nexen ?&nbsp;&raquo; Mes couilles, NvelObs c&#8217;est un journal et ce mec là, à ce moment précis, il était ultra sérieux. Il a sous-entendu que je disais de la merde juste parce qu&#8217;il avait son tag &laquo;&nbsp;Journaliste&nbsp;&raquo;. D&#8217;un journal totalement OFFline obligé d&#8217;être ONline pour sauver les meubles. Il m&#8217;a dit &laquo;&nbsp;Sauf que la première de Stéphane Guillon c&#8217;était il y a un mois à Viroflay. #fail&nbsp;&raquo;. Forcément j&#8217;ai répondu : &laquo;&nbsp;@Tristan_NvelObs #mifailmiraisin. C&#8217;était quand même la première au Dejazet.&nbsp;&raquo; (<a href="http://twitter.com/Markhy/status/7713916907">http://twitter.com/Markhy/status/7713916907</a>). Là c&#8217;était l&#8217;épiphanie. Le mec venait d&#8217;essayer de me clasher alors que j&#8217;en avais rien à foutre de savoir tout ça, de savoir si je disais de la merde ou pas, si j&#8217;avais raison ou tort. Depuis il a supprimé son tweet, mais moi je suis comme l&#8217;internet, j&#8217;oublie rien. </p>
<p>C&#8217;est vrai, nous les ONline, on ne supprime rien, on n&#8217;oublie rien : On édite. Twitter ne permet pas ça : éditer. Notre bêtise nous fait vivre depuis 1999. On sait où sont nos traces et on les laisse jusqu&#8217;à que l&#8217;entreprise fasse faillite. La vie privée nous appartient, on en fait ce qu&#8217;on veut, parfois c&#8217;est une blague, parfois on est bourré, parfois c&#8217;est vrai. Mais jamais vous ne savez ce qu&#8217;elle est vraiment. Et on va vite trouver un nouveau média pour continuer de vivre en autarcie en vous regardant, désespérément, essayer de nous suivre.</p>
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		<title>J&#8217;ai enterré ma grand-mère sous la neige</title>
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		<pubDate>Fri, 08 Jan 2010 22:35:43 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Marc</dc:creator>
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		<description><![CDATA[A moins que ce soit mon grand-père. Il neigeait en tout cas. On m&#8217;avait prêté un appareil photo, je peux retrouver la date sur un vieux ordi qui traine chez mes parents. J&#8217;avais froid comme tout le monde, j&#8217;étais fatigué, un bonnet péruvien sur la tête, oui merde j&#8217;étais un lycéen. Je me souviens maintenant, [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>A moins que ce soit mon grand-père. Il neigeait en tout cas. On m&#8217;avait prêté un appareil photo, je peux retrouver la date sur un vieux ordi qui traine chez mes parents. J&#8217;avais froid comme tout le monde, j&#8217;étais fatigué, un bonnet péruvien sur la tête, oui merde j&#8217;étais un lycéen. Je me souviens maintenant, ma grand-mère c&#8217;était le 26 novembre 2003, il suffit d&#8217;aller voir sur imdb pour m&#8217;en rappeler. La sortie de Kill Bill vol. 1 en France. On est allé le voir le soir après l&#8217;enterrement avec mes cousins. Mes cousins, je ne les avais jamais vu jusque là. Je les avais croisé bébé, peut-être, j&#8217;avais vu les photos par contre, j&#8217;avais remarqué l&#8217;évolution sur le buffet chaque fois qu&#8217;on se tapait un dimanche chez les grand-parents, mais je ne les avais jamais vu physiquement.</p>
<p>J&#8217;ai rencontré pas mal de gens, des stars, des écrivains, une actrice X de loin dans un Virgin Megastore, Jean-Paul II m&#8217;a caressé la tête, avant que je ne rencontre mes propres cousins. On ne choisit pas l&#8217;histoire de sa famille, on ne la connait jamais bien non plus et on a toujours quelques larmes quand on la raconte. La famille comme un putain de bouquin qui ne veut pas pourrir, qui appartient à personne mais qu&#8217;on n&#8217;hésite pas à souiller. Pourtant c&#8217;est le seul bouquin où je ne me sens pas voyeur. Je ne comprends pas qu&#8217;on puisse essayer d&#8217;ouvrir celui des autres, sauf si tu baises avec l&#8217;autre. La famille, les pages écornés par tous ces gens qui sont passés, pas mal de cons, moi le premier, ces pages qui collent pas mal et on aimerait bien les enlever les foutres aux chiottes. J&#8217;ai essayé. La chasse, impossible de la tirer. Ces pages collent tellement que tu pourras raconter à tes petit-enfants un truc cool qui les fera rêvé. Même si ce n&#8217;est pas vrai, ils ne pourront pas vérifier, ils ne voudront pas décoller, pas de ton vivant.</p>
<p>Mon père me faisait toujours hurler de rire avec les histoires où lui et ses frères pétaient la jambe des copains qui venaient à la maison avec une chèvre et un pin où je ne sais quoi. Il ne les raconte plus trop aujourd&#8217;hui, un peu de mal à bien m&#8217;en rappeler. Comme un film qu&#8217;on a vu en boucle à 8 ans, on le connait par cœur, mais tout ne sort pas comme ça. Le petit nicolas c&#8217;était toujours un peu fade à côté des histoires que mon père balançait : Même enfance, même époque, même ambiance réac, mais le petit c&#8217;est Papa. À la différence de la fille de Goscinny, je ne peux pas me faire un fric fou avec ces histoires, prétextant saluer la mémoire du gars. Tout le monde s&#8217;en fout de mon gars. Je peux juste me les raconter pour pleurer un peu quand je suis extrêmement fatigué. C&#8217;est les derniers trucs auxquels je pense, les premiers trucs que je ne veux pas oublier.</p>
<p>Il neigeait quand j&#8217;ai enterré ma grand-mère et j&#8217;avais une boule aux ventres. Je prenais en photos les feux de position rouge des voitures devant, un peu la merde sur le périph, j&#8217;avais envie de faire caca. On s&#8217;est retrouvé dans un café à côté de Versailles, j&#8217;ai pu visiter les chiottes. Le mec était pas aimable. Ouais c&#8217;est vrai, mes grand-parents avaient quand même un peu d&#8217;argent, c&#8217;est pour ça que nous, on n&#8217;en a jamais trop eu. Il neigeait, cela faisait longtemps qu&#8217;il n&#8217;avait pas neigé et j&#8217;étais un peu dégouté de pas pouvoir faire une petite bataille avec les potes &#8211; Je ne parle plus à ces potes aujourd&#8217;hui. J&#8217;évitais de penser surtout pour ne pas regretter d&#8217;être un con, c&#8217;était trop tard. Pendant un enterrement il faut éviter pas mal de trucs, genre parler, jouir ou dormir. Je m&#8217;en rappelle n&#8217;avoir rien dit, je n&#8217;avais envie de rien sauf de sourire bêtement à ces gens qui ont dû parler à mes grand-parents plus que moi, des trucs importants, de la politique. Même les pompe-funêbres ont l&#8217;air d&#8217;avoir mieux connu mes grand-parents. Ils en parlaient mieux que moi autour de la clope devant l&#8217;église, pendant la messe. J&#8217;étais sorti pour envoyer un texto à une meuf que je courtisais, elle ne savait pas où j&#8217;étais, et je ne lui ai jamais dis. Les meufs du lycée, je les aimais parce qu&#8217;il fallait. T&#8217;es obligé de le faire, sinon&#8230;</p>
<p>Ce n&#8217;est que deux trois ans après que j&#8217;ai commencé à pleurer mes grand-parents, c&#8217;est venu comme ça. Je me suis dis que c&#8217;était con, je ne les avais jamais connu. J&#8217;étais un enfant et c&#8217;est toujours saoulant un grand-parent quand on est enfant. C&#8217;est un dimanche bloqué. Je regrette d&#8217;avoir pensé ça, sans pour autant me flageller, ça reste difficile de retourner sur le caveau, ils sont trois là bas à y pioncer pour longtemps, on s&#8217;y sent bien con. Souvent quand je sors du lieu, je préfère dire : &laquo;&nbsp;Si j&#8217;ai les yeux qui piquent, c&#8217;est parce que j&#8217;ai tendance à bosser dans le noir&nbsp;&raquo;. Ça ne convainc personne mais ça me permet de trouver un peu de force pour monter dans la voiture.</p>
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		<title>La Addikted 2009 &#8211; Compilation musicale qui fait le bilan sans les Neg&#8217; Marrons</title>
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		<pubDate>Sat, 19 Dec 2009 18:58:20 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Marc</dc:creator>
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		<description><![CDATA[La Addikted 2009 &#8211; .zip (rapidshare, dix téléchargements) 12 titres, un treizième mois. 1. Crystal – Initiative ! Dans cette usine, j’étais libre. Le petit stagiaire on n’attend rien de lui. Alors j’ai sali, je n’ai pas nettoyé, j’étais excusé, on me souriait. Les secrétaires mataient mon cul. Les ouvriers vont disparaître, de toutes les [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>La Addikted 2009 &#8211; <a href="http://rapidshare.com/files/323135590/La_Addikted_2009.zip.html">.zip</a> (rapidshare, dix téléchargements)</p>
<p>12 titres, un treizième mois.</p>
<p>1. Crystal – Initiative !<br />
Dans cette usine, j’étais libre. Le petit stagiaire on n’attend rien de lui. Alors j’ai sali, je n’ai pas nettoyé, j’étais excusé, on me souriait. Les secrétaires mataient mon cul. Les ouvriers vont disparaître, de toutes les armées, les ouvriers sont les seuls à tomber un par un sans avoir vraiment combattu. Les troubles musculo squelettiques ont fait un meilleur travail que le national socialisme. Excellent. Initiative.</p>
<p>2. Nathan Fake – Fentiger<br />
Elle joue avec son ballon. Ses yeux sont les miens. Un ballon rouge. Des yeux bleus. C’est la fin de l’hiver et tu tombes sur les fesses en riant. Être papa c’est revivre sa vie avec un plus jolie sourire. Celui de sa mère. J’ai envie de t’emmener dans des galeries, te montrer de l’art contemporain, écrire des noms sur la main. Mais on a ton ballon rouge. Ça suffit.</p>
<p>3. Mondkopf – Ave Maria<br />
On faisait des blagues sur les forums, on n’était pas sérieux. On refaisait le monde, on ne rigolait pas. Et nous voilà. On pose les pierres. Génération Y, on dit. Premier album, première pige, premier bouquin, premier film, le label est déjà monté. On a le courage, on a les potes sociologues, les potes politiques, les potes LOL, on fait de la veille technologique de groupe Facebook, et on va les pousser vers la sortie, casquette à l’envers, parlé à l’envers. Ils vont mourir en nous regardant rigoler. Ave.</p>
<p>4. Siriusmo – Nights Off<br />
Boucler les projets, il me reste plus qu’une année pour ça. Putain ça y est, une année et j’ai fini. Les nuits blanches, la bombe de colle, le bout des doigts qui se noircit. J’ai les bronches défoncées sans jamais avoir fumé. Je suis malade sans jamais avoir travaillé. Vivement le chômage.</p>
<p>5. Boy 8-Bit – Baltic Pine<br />
Ils dansent loin devant moi dans des tinyjeans colorés, s’échangeant des tinyurl NSFW. On a des têtes de pré pubères et c’est toujours le barbu qui gagne. Chaque génération a son barbu. Le notre est un peu roux, un peu timide. Il n’y a que sur son Atari qu’il arrive à s’exprimer, on se reconnaît dans ce modèle. Ce soir, on danse sans stupéfiant, on est les premiers à faire ça. On a vu Dieu sans la drogue, on respirait fort sur ce manège. Hyperventilation.</p>
<p>6. Clark – Future Daniel<br />
Je sais que tu m’en veux d’avoir pris de l’ecstasy, ma chérie. C’est parce que je ne te connaissais pas assez. Tu en parles comme de la merde. C’est parce que tu n’as jamais essayé. C’est une drogue de l’attente, tu gobes et t’attends. Moi je t’ai longtemps attendu putain, c’est le seul truc que je pouvais consommer, fumer me fait tousser, les seringues depuis une laryngite aiguë, je n’en veux plus. J’ai sauté dans le dix mètres carrés, on a fait quarante fois le tour de République en t-shirt, plusieurs mecs ont essayé de nous agresser, on était sans fric, sans portable, intouchable. Comme toi et moi.</p>
<p>7. The Very Best – Julia<br />
Julia on voulait tous la baiser mais elle n’avait que quatorze ans. Elle sautait sur le lit en petite culotte, la petite soeur. Julia c’est moi qu’elle appelait, elle avait piqué mon numéro à Sylvia, la grande soeur. Elle me racontait ses trips vers les clubs du nord de la France et je refusais toujours d’y aller. Ibiza du Nord. On était con à vingt ans.</p>
<p>8. Major Lazer – Keep it goin’ louder<br />
On vit au dessus d’une école. On s’est incrusté à la fête de fin d’année. C’était marrant, les petites du CM2, elle avaient prépa une choré de dingue sur Black Eyed Peas, et les petites du CM1, c’était sur Magic System. Chaque année, au centre aéré, je fais des chorés aussi. Chaque année, j’essaye de poser mes sons, genre un Aphex Twin ou TTC, ça me fait marrer, ça passe jamais, chaque année ça se termine sur Black Eyed Peas ou Magic System. Et les parents m’offrent des cadeaux cools. </p>
<p>9. Jacno – Rectangle<br />
Mon père, ça fait longtemps qu’il a arrêté de fumer. Et c’est ça qui va le tuer. Diabétique, il a bien compensé. Picouse d’insuline, everyday he hustlin’. Mon père il kiffe notre chat. Après l’avoir laissé une semaine à la maison, le chat il a grave déprimé, il gueulait tout le temps pour des câlins pour qu’on lui parle, qu’on lui file un truc. Quand même, on n’a pas voulu le piquer.</p>
<p>10. John Talabot – Naomi<br />
Quand on dansait ensemble ce onze janvier, tu mouillais. C’est le truc le plus sexy que tu m’ais jamais dit. On n’était pas ensemble, c’était une rencontre arrangée et tu mouillais. On se touchait à peine, moi la vodka annihilait le sang dans ma teub, je dansais pour évacuer, tu me faisais bander. C’est pour ça qu’on s’est aimé. Des animaux, à la base.</p>
<p>11. Hudson Mohawke – Overnight<br />
Ça fait quatre ans que je mets des lunettes larges sur le nez. Je suis myope. J’aime bien les enlever. Je déteste Camélia Jordana. Tu n’es pas myope, tu es juste une gamine que les parents poussaient. Au dessus d’une falaise, c’est moi qui devrais te pousser. Replacer mes Persol sur le nez, marcher sans regarder derrière. Générique.</p>
<p>12. Applescal – July came Along (Alt Fenster remix)<br />
J’ai plusieurs pêchés mignons. Les profiteroles et les basses rondes. Quand je marche dans la rue, que je suis fatigué, je m’imagine une basse ronde et des petits claviers. Des pâtissiers qui font glisser le chocolat en souriant, une image réac. C’est dans le RER que je me réveille. Ce gros me tousse sur la gueule. </p>
<p>13. Neon Indian – Local Jokes<br />
Ce qui est drôle avec tes blagues, c’est qu’elle me donne envie de te balancer mon Mojito à la gueule. Ma femme a disparu, elle discute avec les élus. Et tu continues tes blagues comme si j’avais une oreille pour toi. Je la regarde de loin, elle sourit, serre des mains, fait la bise.</p>
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		<title>Le potentiel érotique d&#8217;une pougnette</title>
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		<pubDate>Mon, 14 Dec 2009 10:52:14 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Marc</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Les pougnettes au collège, c&#8217;était un truc élitiste. Il y avait une équipe mère qui en organisait dans la maison de Benoit. Un peu d&#8217;eau savonneuse et des pornos. J&#8217;y étais pas, on me racontait. L&#8217;intérêt de ne pas côtoyer l&#8217;élite durant sa scolarité secondaire évite les casseroles et les tartines de sperm à avaler. [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Les pougnettes au collège, c&#8217;était un truc élitiste. Il y avait une équipe mère qui en organisait dans la maison de Benoit. Un peu d&#8217;eau savonneuse et des pornos. J&#8217;y étais pas, on me racontait. L&#8217;intérêt de ne pas côtoyer l&#8217;élite durant sa scolarité secondaire évite les casseroles et les tartines de sperm à avaler.</p>
<p>Alors, c&#8217;est cool l&#8217;érotisation du mec, ça me fait sourire. Notre sexualité d&#8217;hétéro c&#8217;est la loose jusqu&#8217;à 20 ans. Souvent on reste puceau, souvent on se fait emmerder par la trouille qu&#8217;ils nous foutent dans la tête en cinquième, l&#8217;année de nos pougnettes collectives, on a peur de tomber enceinte. C&#8217;est ça le background érotique d&#8217;un jeune hétéro devenu adulte aujourd&#8217;hui, il n&#8217;existe pas, il s&#8217;invente bien après. Il a plongé dans le porno sans intermédiaire et a grandi dans une frustration constante, sans fondement. Il n&#8217;a jamais intelectualisé sa branlette, n&#8217;a jamais pensé à plaire à une femme en bandant, en éjaculant. Le désir sexuel apparait chez le jeune garçon hétéro dans un univers glauque, et, forcément non pas pour plaire ou exercer un pouvoir sur l&#8217;autre sexe mais pour éjaculer. Se vider. Alors Maïa elle fait bien de nous rappeller d&#8217;être érotique, parce que c&#8217;est vrai, à 13 ans, au fond de la cave de Benoit, on ne s&#8217;essayait pas à des poses sexys pour jouir dans nos moule-culs. On jouissait égoïstement. Collectivement. Les jeunes filles ne vivent pas ça comme ça.</p>
<p>J&#8217;ai eu un pote à la fin du collège, sa mère était une bombasse, je fantasmais un peu pour elle, divorcée, petite portugaise en mal d&#8217;amour, j&#8217;amenais des scénarios Bangbros dans ma tête quand on retournait Super Smash Bros sur la N64. Mais lui était un dingue aussi, il me racontait qu&#8217;il voulait se faire pépom par sa cousine, et il partait dans des mithos comme quoi elle l&#8217;avait réveillé chez sa grand-mère pour lui caresser la bite, et jouir sur ses seins à peine formés. L&#8217;inceste est un fantasme bien ancré chez pas mal d&#8217;ado, s&#8217;taper sa cousine c&#8217;est se taper sa soeur de loin.  </p>
<p>On s&#8217;est recroisé à la fac quand j&#8217;écrivais mes romans pornos, il était en droit et se tapait pas mal de filles avec son air de Luis Figo un peu gros. Forcément on a direct parlé cul parce qu&#8217;on ne savait parler que de ça, et il continuait de raconter des trucs un peu fou. Il avait une copine et il était à fond sur elle mais que quand elle dormait.<br />
Son kif c&#8217;était de la voir dormir, il n&#8217;aimait pas l&#8217;asservissement, il s&#8217;en foutait de la dominer, il bandait, elle, les yeux fermés. Alors il me racontait qu&#8217;il se branlait en la regardant dormir, une marque sur une joue, il devait retenir un spasme. Dans un pyjama pourri ou en simple culotte/débardeur, il la kiffait comme ça : quand elle ne faisait rien. Alors il joussait sur les draps, sur elle, comme un porc. Chaque nuit. Il se réveillait, souvent à la même heure, tapait sa pougnette maladivement, et se rendormait sourire aux lèvres. Jamais elle a douté d&#8217;un truc. </p>
<p>Sa copine était mignonne, on buvait avec parfois, futur instit qui rigolait aux vannes poliment. Une grande brune comme la plus belle de nos délégués de classe. Elle n&#8217;hésitait pas à dire bite quand il fallait mais n&#8217;avait aucune idée des pougnettes. Lui, avec sa gueule de con, me faisait des clins d&#8217;oeil genre, hey, hey, pense à elle en dormant. C&#8217;est ça le potentiel érotique d&#8217;une pougnette. </p>
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		<title>Durant les travaux, l&#8217;exposition continue</title>
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		<pubDate>Sun, 29 Nov 2009 20:58:01 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Marc</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Durant les travaux, l&#8217;exposition continue by marccharon Bibio &#8211; All The Flowers (Lone Remix) Michel Cleis &#8211; La Mezcla (Paul Kalkbrenner Remix) John Talabot &#8211; Naomi Steve Angello &#8211; Isabel Applescal &#8211; An Old Fellowship B.D.I. &#8211; City &#038; Industry Max Cooper &#8211; Mnemonic Royksopp &#8211; This Must Be It (Florian Meindl remix)]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><object height="81" width="100%"><param name="movie" value="http://player.soundcloud.com/player.swf?url=http%3A%2F%2Fsoundcloud.com%2Fmarccharon%2Fdurant-les-travaux-lexposition-continue"></param><param name="allowscriptaccess" value="always"></param> <embed allowscriptaccess="always" height="81" src="http://player.soundcloud.com/player.swf?url=http%3A%2F%2Fsoundcloud.com%2Fmarccharon%2Fdurant-les-travaux-lexposition-continue" type="application/x-shockwave-flash" width="100%"></embed></object>  <span><a href="http://soundcloud.com/marccharon/durant-les-travaux-lexposition-continue">Durant les travaux, l&#8217;exposition continue</a>  by  <a href="http://soundcloud.com/marccharon">marccharon</a></span> </p>
<p>Bibio &#8211; All The Flowers (Lone Remix)<br />
Michel Cleis &#8211; La Mezcla (Paul Kalkbrenner Remix)<br />
John Talabot &#8211; Naomi<br />
Steve Angello &#8211; Isabel<br />
Applescal &#8211; An Old Fellowship<br />
B.D.I. &#8211; City &#038; Industry<br />
Max Cooper &#8211; Mnemonic<br />
Royksopp &#8211; This Must Be It (Florian Meindl remix)</p>
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		<title>Le jour où j&#8217;ai décidé de devenir un intellectuel</title>
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		<pubDate>Mon, 23 Nov 2009 19:34:37 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Marc</dc:creator>
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		<description><![CDATA[(Le jour où&#8230; Histoire de mes égophénomènes. Il y en aura d&#8217;autres.) C&#8217;est au lycée que j&#8217;ai décidé de devenir un intellectuel. Non, sérieux, déconnez pas. Je le raconte souvent mais c&#8217;était en seconde, on avait un atelier d&#8217;écriture avec Pascale Roze, prix goncourt déjà en perdition. 2001. Rien lu d&#8217;elle, je m&#8217;en foutais des [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>(<em>Le jour où&#8230;</em> Histoire de mes égophénomènes. Il y en aura d&#8217;autres.)</p>
<p>C&#8217;est au lycée que j&#8217;ai décidé de devenir un intellectuel. Non, sérieux, déconnez pas. Je le raconte souvent mais c&#8217;était en seconde, on avait un atelier d&#8217;écriture avec Pascale Roze, prix goncourt déjà en perdition. 2001. Rien lu d&#8217;elle, je m&#8217;en foutais des  goncourt, je lisais surtout des livres pour enfant. Mon préféré :<br />
&laquo;&nbsp;Mon prof est un extraterrestre&nbsp;&raquo;. Le week-end, je volais &laquo;&nbsp;Nicolas Pages&nbsp;&raquo;, récent prix de Flore, à mon frère. Oui je suis passé de la  littérature pour enfant à Dustan, sans intermédiaire. Un peu comme je suis passé de disney aux Pornos &#8211; Enregistrés sur la même cassette.</p>
<p>C&#8217;était un temps doré, une fine couche sur de la merde, pour le jeune lycéen qui avait sauté une classe, pas encore redoublé, pas encore d&#8217;échecs sauf ceux du coeur avec Gaëlle de Nanteuil-le-Haudouin. Une métisse bourgeoise qui n&#8217;aimait pas les blancs, ma première discrimination. Je vivais dans mon délire, des regards échangés et des histoires amoureuses que j&#8217;inventais dans mes vêtements E. Leclerc. Pascale Roze nous avait  demandé un truc super simple. Raconter notre matinée, du réveil jusqu&#8217;au portail du lycée. Tout le monde avait produit son petit bousin, et l&#8217;avait lu à Pascale qui hochait la tête, &laquo;&nbsp;au suivant&nbsp;&raquo;, calculant mentalement sa petite prime de l&#8217;éducation nationale. Pascale Roze était une femme que je ne trouvais pas désirable, cette coupe au carré et ce débit de parole un peu lent pour prendre le temps de s&#8217;écouter m&#8217;énervait mais j&#8217;étais suffisamment endormi. Mon habitude était de me branler en pensant à une prof ou une corres allemande, ça m&#8217;inspirait de l&#8217;amour, les joues écarlates. Pascale ne me donnait pas envie, je me la suis joué. Petit puceau frustré.</p>
<p>&laquo;&nbsp;Tu as un peu triché, mais c&#8217;est bien&nbsp;&raquo;. Plutôt qu&#8217;au portail du lycée, j&#8217;avais arrêté mon récit à la page blanche. La  dernière phrase de mon petit paragraphe : Je ne sais pas quoi écrire. Une espèce de mise en abime à la con qui ne respectait pas sa règle, elle a quand même souri, avec son air pédant &#038; satisfait d&#8217;écrivain récompensé. J&#8217;étais le seul connard à ne pas avoir respecter la consigne et j&#8217;étais à mon tour satisfait. &#038; pédant. Comme Michel Fourniret après un viol. Mal réveillé, elle ne me faisait pas bander, un peu de machisme, un peu d&#8217;ennui, c&#8217;est comme cela que l&#8217;on devient un intellectuel.</p>
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		<title>France &#8211; Algérie 2012</title>
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		<pubDate>Sun, 15 Nov 2009 16:31:33 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Marc</dc:creator>
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		<description><![CDATA[On n&#8217;en parle pas. On n&#8217;en parle pas vraiment entre nous mais la performance de l&#8217;Algérie, en foot, va décider de notre boulot dans trois ans. On reste discret là dessus, on cherche notre poulain en fait. Un grand frère, ce serait parfait, un grand frère comme ceux de Dati, avec un passé à la [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>On n&#8217;en parle pas. On n&#8217;en parle pas vraiment entre nous mais la performance de l&#8217;Algérie, en foot, va décider de notre boulot dans trois ans. On reste discret là dessus, on cherche notre poulain en fait. Un grand frère, ce serait parfait, un grand frère comme ceux de Dati, avec un passé à la fois cool et violent. Mais pas trop. Aucun casier, mais des petits trafics sympas : Des polos ralph lau, des parfums, de la tise. Un truc qui plait aux petites du quartier, éduquées au Raï&#038;B qui interdit l&#8217;amour avec les lascars et le départ trop hâtif du foyer chanté par Khaled, Cheb Mami &#8211; Des mecs aux valeurs familiales certaines. Ces filles qui se font recenser à c&#8217;t'heure ci, dix-huit ans en 2012, dévoilées, on va les faire voter en masse, une force de frappe évidente qui avec le forfait sms illimité sont capables de motiver trente copines à gros cul, le blush sur les joues comme la terre du cours central de Roland Garros. Il faut un mec plus vieux que moi, plus jeune que Benoit Hamon. Pas trop musulman pour ne pas faire fuir les vieilles du centre, majoritaires, pas trop juif pour ne pas faire fuir les mamas du quartier, antisémites, plus que Dieudonné. Athée ce serait chiant, il n&#8217;y aurait pas de débat. Chrétien ouais, mais bon. Scientologue, ce serait dingue, mais faut pas faire flipper les gens sur ça. Pour gagner tu peux les faire flipper sur la sécurité, la monnaie, l&#8217;éducation, mais jamais sur leur croyance.</p>
<p>Bon père de famille, une petite fille qui grandit, inscrite dans le public. Algérien de Papa, Français de Maman. Français complétement. Né dans une clinique pourrie, une clinique de banlieue qui va fermer, ce serait parfait. Un point de départ. On commence le combat avec ça, il faut trouver la clinique et on brodera la vie ensuite. Mais faut que l&#8217;Algérie se qualifie : L&#8217;autre point de départ. La ferveur dans les rues, on va te la transformer en une force politique, un désir d&#8217;avenir de bâtard. Je ne parle pas de Harlem Désir ou des vieux briscards. Non, ça ne marchera pas, ils sont déjà trop impliqués. Sa race, je crois qu&#8217;on peut leur couper la parole, le souffle et tout ça très facilement car on a tous les outils avec nous, mais on ne copiera pas, ils nous compareront, mais on ne copiera rien, on fera notre truc. Il faut une voix qui fasse écho, un mec du quartier, on ne sait pas qui. Ok Obama est dans toutes les têtes et la comparaison sera fatale, mais on ne sera pas sur Drupal, je suis prêt à tout faire sur Spip, on la joue à la Française. Nouvelle Vague. Pour les affiches de campagne, on mettra des gens de partout de tout âge et on écrira à côté &laquo;&nbsp;Monsieur le Président&nbsp;&raquo; ou &laquo;&nbsp;Madame le Président&nbsp;&raquo;. C&#8217;est un truc déjà fait, je ne sais pas, mais on s&#8217;en fout. Le principe c&#8217;est d&#8217;enculer Séguéla. Ce sera écrit en filigrane. </p>
<p>Les petites du quartier ne pourront pas résister et c&#8217;est elles que l&#8217;on réunira sur un réseau genre Skyblog en mieux, génération &laquo;&nbsp;bouche en cul de poule&nbsp;&raquo; titrera Libé, et Samia, notre porte parole assumera complet son skyblog de quand elle avait 14 ans. &laquo;&nbsp;Nik sa mère l&#8217;état&nbsp;&raquo;, sera le seul article qu&#8217;on supprimera et même Le Canard Enchainé ne le retrouvera pas sur archive.org. Nos rackias, on leur fera envoyer des chaines de mail de folie genre &laquo;&nbsp;Si tu renvois pas ce mail à trente personnes, la carte électorale deviendra payante&nbsp;&raquo;, on les attirera avec des mp3 gratuits, j&#8217;ai mon pote qui produit du Raï sous autotune qui peut me faire des remixs cools. Notre bureau de campagne, ce sera la cage d&#8217;escalier, un putain de symbole. Ils essayeront de nous récupérer, mais il y aura ce putain de doc de Kourtrajmé qui sortira en décembre 2011, sur notre boulot, nos galères, notre équipe. La puissance dés qu&#8217;on arrive. Il faut trouver cet algérien d&#8217;origine, jeune, un danseur des missions locales si il faut, qu&#8217;on habillera en fake Boss de eBay quand il faudra. Avec des accessoires chopés chez les blogueuses. Il ne faut pas fermer les yeux, il y a un truc à faire, un opportunisme certains. Même Rama Yade elle voudra intégrer l&#8217;équipe. Mais tout va tomber à l&#8217;eau si l&#8217;Égypte gagne mercredi.</p>
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