Posté le : 23 septembre 2009 | Addikted | 0 Commentaire »
C’est le mec, un blanc, il se tape une noire. Il le dit à ses potes : ouais je me tape une noire. Une k1fri? ils demandent ses potes blancs, maghrébins. Incrédules.. Nono gwada. S’pas une vraie ils répondent ses potes. C’est quoi une vraie ? Il dit. Et personne ne répond.
Moi j’ai une tâche sur mon pull bleu, c’est classe. Ils regardent par la fenêtre là sans se parler, peut-être ils cherchent une vraie noire pour la montrer aux potes. Qu’ils confirment. Que la définition soit bien claire pour tous, mais elle ne le sera jamais.
Un autre pote un peu à l’écart, il a retiré ses oreillettes : Je sais pas si c’est parce que ton père s’est marié à sa soeur mais tu dis trop des trucs de triso. Ta gueule Bachir, le mec il s’est défendu. Ouais ouais toi, pd? t’es un vrai arabe, pd ? Bachir il a dit avec une certaine assurance. T’es qu’un français putain de pd, il a conclu.
Dans le quartier il y a deux trucs qu’il ne faut pas être. Un pd et un français. Ils ont arrêté de parler.
Une vieille s’en est mêlée. Toujours une vieille pour l’ouvrir. En fait depuis tout à l’heure, ils arrachent scrupuleusement des papiers de carambar. Et c’est vous qui nettoyez ? Elle a crié comme une folle, à côté de moi, en cherchant mon regard, que je confirme, que j’approuve. J’ai pas bougé. Bachir il a pris une voix mielleuse : madâme c’est vous quii nettouaaaâiez peut-être ? Et elle a continué de broncher genre ils ont aucun respect et que si tout le monde etait comme eux et bah.. Euh… Ça irait pas bien. Elle cherchait du renfort. Bachir il s’est levé. Ses potes l’ont retenu. Il a posé sa main. Attends, pd, c’est peut-être ta mère qui nettoie sa maison et elle nous parle propreté, elle est folle elle. Epic. Mais le bus a freiné sec et le chauffeur, un molosse, il a gueulé, personne n’a compris. Mais tout le monde s’est calmé. Bachir a renfilé ses oreilletes, Mamie a jeté un oeil dans son sac Tati. C’est elle ta meuf ? Il pointe du doigt une mama noire qui garde des enfants blancs en Ralph Lau. Ça c’est une vraie, cousin. Ils se sont marrés.
Posté le : 21 septembre 2009 | Addikted | 1 Commentaire »
Ils ne savent faire que deux trucs. – Prendre en photo leurs potes qui recrachent la fumée d’une clope. Prendre en photo des vieux avec un Polaroid. Voilà comment s’expriment les jeunes. Voilà ce qu’est la culture « jeunes ». Il n’y a pas de secrets : Du gougnottage avec une clope à la main et des vieux en Polaroid.
Je suis persuadé qu’on va me confier la réalisation de « LOL 2″. Chaque jour je vérifie mes mails, je regarde si Lisa ne m’a pas écrit. Lisa Azuelos. Lisa Azuelos, je la respecte trop, elle a réussi à faire un film, LOL, qui se base sur une phrase concept même pas utilisée pendant le film. J’explique. Le film commence sur « Je m’appelle Lola, mais tout le monde m’appelle « LOL »". Ok. Mais personne ne l’appelle comme cela. Le film aurait dû s’appeler « Tepu », qu’on n’arrête pas d’entendre par contre. Dés que Lola commence à faire sa crise émo de mi-film, tout le monde continue de l’appeler Lola, pas de soucis, parents & amis. Le film s’est vendu sur une phrase qui ne se vérifie pas. Lisa, respect. Tu as symbolisé la jeunesse en ratant ton scénario : Nous sommes des poseurs sans fond. Ouais, d’ailleurs, je me suis tapé pas mal de pougnettes sur des photos de ta mère pré-chirurgie plastique – Marie Laforêt.
C’est pour cela que l’on va me confier LOL 2. Je suis le spécialiste de la jeunesse et des niqab de l’internet français. Je suis le symbole de cette putain de génération. Je ferais venir Dany Veríssimo (Ally Mac Tiana) pour jouer la cousine qui accueille « Lola » post-bac et qui lui montre les bons plans, et tout, de l’IEP Paris : Les bites à sucer, à éviter, les vêtements Paul&Joe. Je couperai les cheveux de tous ces gamins et l’essentiel de l’intrigue se jouera au Social Club, forcément. Name drop constant, le film vantera la société mercatile et les petits traffics, les liens entre jeunes du XVIeme et jeunes du quartier sur le prix de la coke. Il y aura de longs plans mélancoliques Pont de Tolbiac mis en musique par The Field. Le film commencera sur une Lola haineuse regardant ses copines embrasser les mêmes mecs du lycée dans un bar miteux. « Heureusement que l’on n’épouse pas le mec qui nous a dépucelé » elle balance face caméra avant de jeter son Mojito sur sa bande de pote en se cassant lentement. Clac clac font les talons. On la retrouve ensuite, le rimmel qui coule constamment, dans l’appart de Dany, qui matte Schulmädchen, un doc sur arte. Et dans sa chambre ya justement son mec du lycée, le mec qui l’a dépucelé. Il a la gueule bien entaillé par un rasoir Venus, girly. Et je fais quoi de toi maintenant? Lola elle dit. Générique, LOL2. Avec Sophie Marceau, machin, machin. Musique de machin.
Après on arrive sur les bancs de la fac et le film redevient un peu naïf pas drôle, comme le un. J’ai laissé Lisa écrire les scénes de jour. Moi j’écris la nuit. LOL2 ce sera le Baise Moi de ma génération. Où on va en soirée la trouille au ventre. Pas de se faire violer, de croiser un mec qui baise mal. Un véritable blog 2.0 en fait merde. J’abandonne le projet.
Posté le : 11 septembre 2009 | Addikted | 1 Commentaire »
Il y a les « quarantenaires ». Ils racontent leurs trucs persos, leurs petits problèmes égocentriques : Être né après 69 où tout s’est déjà joué. Sans eux. Et ils pleurent. Ils pleurent putain. Et on s’en fout. On s’en fout putain. Il y a les gamins. Ils ont 17 ans, eux, ils racontent les amours déçus, la beuh, et les accidents de voiture sans permis. Un platane. Malheureux platane. Ils font croire qu’ils cassent tout, mais le mur était déjà tombé quand ils sont nés. Les éditeurs suffisamment targes publient ça. On en trouve un par an qui se retrouve dans la liste du Flore. Mais heureusement le Flore, maintenant, ne décerne que des prix aux mecs de quarante ans qui n’en ont pas eu quand ils étaient « trentenaires ». Et ils ont du mal à pleurer à la remise du prix. Ils ont du mal putain.
Et il y a moi. Nous. Je me touche la nouille chaque jour qui passe. Je gazouille ma nouille. J’ai ma super 8 piquée à un quarantenaire et je cours dans la rue dans mes Feiyue, délavées, piquées à un teenager. Je n’ai pas assez de thunes pour développer mes pellicules alors elles attendent dans le frigo, mon premier court métrage est figé. Entre le beurre et les œufs. J’étais ado, le 11 septembre, mais je n’ai pleuré que le 11 mars, parce que je commençais à avoir vraiment peur pour ma gueule. Le bac s’approchait, les filles moins. « Un véritable gâchis, cet élève, très intelligent, est encore plus fainéant » écrit ma prof de français dans mon livret scolaire. Ce que je n’aimais pas dans la littérature classique, c’était surtout ma prof de français.
On se fait l’amour en se disant des je t’aime. On ne cède pas à la panique, on a coupé le son de la télé. C’est pour mieux tweeter. On attend que l’école, on vit au dessus, ferme. Le H1N1 c’est l’assurance de longs matins. On boit du Mateus, genre la bouteille de 1L5 achetée en Espagne, on n’a pas réussi à la finir putain. Je l’ai rebouchée, elle est dans le frigo. Je ne me fais pas de films, ils sont à côté, on la rouvrira demain. Pour financer la pellicule, j’essaye de me faire une marge sur des cartouches de clopes. Je sais pas si cela suffira. Ma crainte c’est la sur exposition. La « sur ex » ils disent Boulevard Beaumarchais, ouais ta gueule. L’aiguille dans la Super 8 n’existe plus et ma lumière se fait au jugé, avec l’APN sans flash et la luminosité au minimum. Et je me vois bien payer 100€ de développement. Ne recevoir que du blanc sur la pellicule. Il ne restera que les souvenirs. Les souvenirs, c’est ce qu’il nous fait écrire. Mais en ce moment, je suis trop fainéant. Trop intelligent.