Posté le : 23 juin 2009 | Addikted | 11 Commentaires »
Dans le quartier, il n’y en a pas. Si. Il y en a une. Une seule, sur dix milles femmes, qui porte le niqab. Mais dans le quartier, je l’ai déjà dis, on n’est musulman que pendant le ramadan. Comme on est chrétien que le jour de Noël.
Je lisais un député, Christophe Guilloteau, parlait de ça dans le Parisien. Totalement décomplexé il lâche : Ces femmes sont de plus en plus jeunes, visiblement enrôlées par leurs frères. Vi-si-ble-ment. J’ai longtemps été un petit frère moi. J’ai longtemps été enrôlé par les grand frères pour me prendre des coups ou jouer à Mortal Kombat II. C’était cool. Les grands frères, je ne les ai jamais vu parler d’islam, sauf quand, sirotant un whisky-coca, « Surtout tu fermes ta gueule hein ».
C’est Rachida Dati qui a relancé ce truc des grands frères, je me souviens. C’est un truc de sa génération qui n’existe plus vraiment. On se demande même si ça a existé : nous sommes tous les petits frères de quelqu’un. On s’était marré au quartier quand on avait entendu ça, c’était autour d’un PES, je perdais 3 – 1 avec le F.C. Metz contre l’Inter. C’est nous, les grands frères maintenant. On anime dans les centre aérés, on écrit dans les fanzines, on se cotise pour un kebab… Je ne suis pas le grand frère visé par les déclarations hâtives, je traine avec eux. Aucun n’instrumentalise sa petite sœur pour qu’elle porte le niqab, c’est à peine si ils peuvent en placer une les grands frères : Ils vivent de petits boulots dans la Pizzeria du pote ou proposé par l’intérim et un peu de deal de parfums. De quoi acheter des fringues à sa meuf. Les sœurs ne veulent pas recevoir de leçons de ces branleurs. Elles sont très politisées dans le quartier et tu ne peux rien leur dire. Surtout à la cadette, elle était sur la liste UMP au dernière municipale. Elue. Car elle sait parfaitement profiter de la discrimination positive.
La fille qui porte le niqab n’est pas issue d’une famille de musulmans pratiquants et sévères. Son grand frère, il a plutôt envie de la gifler quand il la voit sortir comme ça. Il ne le fera pas, ce con, il considère les femmes comme son égal. En fait, c’est la fille de Ahmed. Il a perdu son poste à l’usine il y a deux-trois ans. Il a trouvé une bouteille de Jack dans une commode, il ne va plus trop à la mosquée depuis. Il préfère se plaindre de sa misère sociale et fait culpabiliser son entourage. Ahmed s’est convaincu que Allah ne le sauvera pas, pas plus que le Pôle Emploi. Il est vieux maintenant, Ahmed, et être alcoolique, un alcoolique reconnu, ça lui permet de toucher de l’argent de la CPAM en plus des Assedics. Sa fille a commencé à mettre le niqab un peu après, elle a délaissé l’école, une petite grosse que personne ne regardait. Maintenant avec le niqab, tout le monde la voit bien. Le niqab, c’est comme les ados habillés gothiques : L’expression d’un malaise. Être mal dans sa peau au point de la recouvrir d’une idéologie foireuse. Un prétexte pour se faire remarquer. Elle ne sait pas ce qu’il y a dans le coran et elle s’en fout, elle veut juste que son père arrête de boire, que les filles parlent d’elle, les garçons aussi. Ce qu’elle veut par dessus tout, à l’approche de l’été, c’est cacher ses mollets. Éléphantesques, ses mollets, un problème de rétention d’eau. Mais, nous, on s’en fout d’elle. Avec ou sans son niqab, on ne la regarde pas. Elle n’intéresse que les élus locaux cherchant à poser un nom dans des journaux. Plus on en parlera, mieux elle le portera.
Posté le : 18 juin 2009 | A NerdZ Life | 4 Commentaires »
Régulièrement le téléphone LG de ma fiancée se connecte aléatoirement sur des profils Facebook qui ne sont pas le sien. C’est un bug de Facebook mobile que personne ne semble connaitre. Nous, on ne veut pas le signaler. C’est devenu notre petit jeu régulier : Squatter la vie de quelqu’un pendant quelques minutes. Il ne faut surtout pas corriger ça.
Amis, statuts, messages sur le wall, on peut faire ce que l’on veut : Détruire sa relation en envoyant des bisous à une ex, insulter son boss ou faire suivre un tract LGBT à sa mère, présidente de l’église conservatrice de Toulon. Mais, avec ma fiancée, on n’est pas trop du genre à être méchants, on est même plutôt des nounours et au lieu de détruire la vie de quelqu’un, on aime se faire de bons LOL bien à nous. Alors on a décidé de changer simplement le statut de nos victimes en y plaçant une phrase réfléchie qui, théoriquement, fait réagir n’importe quel « fana » de « réseaux sociaux » et autres « discussions » de « l’interweb ».
« LOL le gars ! » est devenu notre slogan. Une phrase à la fois impersonnelle et énigmatique. Après avoir noté le nom de la personne incriminée, après avoir changé son statut, on se log out et on s’empresse vite de l’ajouter comme ami avec nos fake comptes que personne ne refuse (Bob L’éponge ou autres conneries…). On assiste à des discussions hallucinantes entre « amis ». Souvent, l’utilisateur incriminé ne cherche même pas à comprendre pourquoi « LOL le gars ! » est son nouveau statut et participe à la discussion en racontant une anecdote assez « LOL le gars au bureau ! » ou « LOL le gars dans la rue ! ». Parfois, les discussions sont utiles, quand un vieux pote, un peu con, propose de boire un demi « comme avant ». « Quel gars ? lol… ça fait longtemps qu’on s’est pas vu hey, au lycée Mermoz, la 2nde5 énorme lol… ça te dit une bière ? ».
On ne sait pas d’où vient ce bug. Comme elle n’a débarqué que sur des profils français, dont le mien – Elle s’est d’ailleurs empressée de changer mon statut, je pense à des cookies mal interprétés par le réseau mobile qui nous renvoient à la connexion récente d’une autre personne. Ce bug est génial et complètement aléatoire, on ne sait jamais quand on va le croiser, un peu comme un time-warp dans Lost. À mon avis, les meilleurs « LOL le gars! » sont ceux des personnes qui n’acceptent jamais nos fake comptes, ce sont des « LOL le gars! » sauvages, laissés à la nature, et Dieu seul sait ce que nos victimes en ont fait. Larme à l’oeil.
Jusque là, « LOL le gars! » n’a fait qu’une petite dizaine de victimes. Dans un premier temps, on a mis du temps à le mettre en place et à se canaliser, abasourdis par le bonheur qu’est d’usurper l’identité de quelqu’un, qui plus est sur Facebook. Véritable Bonnie & Clyde du bug exploit on espère, maintenant, une contamination plus rapide que le H1N1.
Posté le : 12 juin 2009 | Addikted | 1 Commentaire »
Si tu n’as pas envie de trier tes déchets, tu te réveilles avec ta bouteille de Perrier dans l’urètre et écris « PIG » avec ton sang sur le mur. On vit une véritable dictature de l’écologie. La pensée unique de l’écologie. Cela ressemble au lendemain du 11 septembre où un nord-américain n’avait pas le droit de refuser le patriotisme. Yann Arthus Bertrand marche comme le parrain d’une mafia, il joue sur notre culpabilité et nous oblige à filer la dote pour être tranquille, pour que l’on arrête de nous déranger avec ça. Allez c’est bon Yann, laisse nous. Retourne dans ta grande villa, on veut vire notre vie paisible et populaire, prends ton argent, partage ça avec Luc et machin.
Pourtant, je reste persuadé qu’un particulier n’a aucune influence sur le réchauffement climatique et la planète poubelle créée. Les particuliers ont toujours pollué localement, se sont toujours auto-détruits et ont toujours trouvé des solutions pour s’adapter : Dans le Paris d’avant le baron Haussmann, l’eau sale était jetée par les fenêtres et on y crachait ses poumons aisément. La couche d’ozone était tranquille, elle, et la Seine, garantie sans pesticide, on n’avait pas envie de s’y baigner. Ce vieux Paris me fait moins rêver que l’actuel.
Ce qui va sauver l’écologie, ce n’est pas la volonté d’hommes qui aiment se faire chatouiller le sexe en centre aéré. Ce qui va sauver l’écologie c’est la mort de l’industrialisation. Tout le monde est impuissant face aux crédits que l’industrie s’offre pour polluer tranquillement. Dans l’usine d’encre, ils gagnaient de l’argent en recyclant les cuves d’encres d’imprimerie en cuves d’huile de colza. Pour le recyclage, les cuves partaient en Inde, puis revenaient, propres, en France et étaient finalement renvoyées à travers le monde pour enfin recevoir l’huile de colza, elle même redistribuée. C’est le nouveau business du leader mondial d’encre d’imprimerie : Le recyclage. Ils font plus d’argent là dessus qu’avec l’ensemble de leur production : Un recyclage industrialisé, plus polluant et bien moins coûteux que la conservation de cuves dans un hangar.
Cela fait longtemps que l’écologie est un business très lucratif et je ne pige pas comment l’électorat français s’est fait pigeonner par des forçats du siège européen. Hollywood fait recette sur la peur des catastrophes naturels depuis dix ans (précurseur !), TF1 programme un access prime time entre deux pubs Bonux, « C’est ma terre », où chacun réduit sa consommation en CO2 en remplaçant les tracteurs par des ânes. Perso, j’ai arrêté d’expirer pour réduire ma conso. Tout le monde arrive à gagner sa vie avec l’écologie, le droit à polluer est devenu un capital plus sûr que la Bourse. La seule solution écologique est donc de détruire l’industrie et de vivre dans un open space auto suffisant énergiquement, socialement et intellectuellement.
Fermons Continental, ouvrons des buildings de lierre grimpant et sirotons ce thé à l’hibiscus importé sur dos de chameau, l’air dans la vallée de l’Oise se désépaissit déjà.
Ouvrons des lieux où des branleurs s’échangent des vidéos de petits cochons à travers des mails qui se concluent par un « N’imprimez ce mail qu’en cas de nécessité » et son petit arbre vert posé sur le côté. Vous savez ce qu’il faut faire de ces mails ? Les imprimer et les renvoyer à l’expéditeur. Par la Poste. Avec la litière du chat.
Posté le : 9 juin 2009 | A NerdZ Life | 1 Commentaire »
Se planquer avec un rosier. Dans les couloirs. Heureusement, les architectes modernes aiment les baies vitrées et le bâtiment a été inauguré récemment. Le flux de personnes, les allers et venues entre les bureaux, jamais elle. Elle est cloitrée, bloquée dans le sien à relire des courriers ou je ne sais pas ce qu’elle fait. J’entends la voix de Frank, il dicte des trucs et je ne peux pas entrer. Cinq minutes, coincé, entre deux portes, planqué, je cherche à la faire partir. Les secrétaires, mes amies, toujours je leur souris. Elles me le rendent. Et ce sont elles qui me proposent un plan de secours, elles n’ont rien d’autre à foutre de leur journée que d’aider l’amoureux paniqué. Elles veulent les livrer elles-mêmes, je trouve ça moyen : Ce n’est pas assez réfléchi, je proteste. Je veux les fleurs posées sur son bureau, qu’elle les retrouve par hasard en revenant. Le mot avec et tout. Ça va être compliqué, elles me disent. Mais une livraison anonyme, c’est un bon compromis. J’accepte. Je confis les roses. À contre cœur.
Je n’ai pas le temps de revenir à mon poste qu’il sonne déjà. « C’est toi qui m’a amené des fleurs ? ». Vous avez besoin d’un renseignement ? je réponds. T’es con. « Il n’y a pas de mots… ». Je l’ai perdu en courant entre le fleuriste et le bureau. J’espère que quelqu’un l’a ramassé. C’était un pardon.