« La Chaise Blanche »

Posté le : 6 mai 2009 | Addikted | 0 Commentaire »

Je suis assis sur la chaise. La chaise, seul meuble de l’appart. LA chaise. C’est une chaise blanche qui trainait sur le pallier et qu’on a adopté. À force. Qu’elle a adopté. Moi je ne voulais pas. Je fais mon thug, mais je tremble chaque fois que je suis assis dessus, la peur. Le propriétaire va la réclamer, c’est certains. On a un matelas et cette chaise blanche, c’est pratique pour mater des séries. On pose l’ordi dessus. Moi, tout seul, ça me suffirait, je ne vivrais avec rien de plus : Un matelas, une chaise, un peu de wifi volé, un salon pour coller du bristol aux murs. Lundi, on a trainé dans Ikea quand même. La région parisienne a cette qualité d’avoir des centres commerciaux disponibles jusqu’à 22 heures. Presque aussi bien que les putes de ma région. Je suis naïf devant ça, hein. Plus jeune, là où j’ai grandi, après 20 heures, c’était : on annule la soirée OU on se cotise pour acheter une mignonette de vodka chez le rebeu.

J’ai avalé mes quatre hotdogs, 50 centimes à Ikea. Regardé les meubles, noté les noms que j’ai oublié aujourd’hui. Je n’ai retenu que les prix. Quand je suis assis sur la chaise j’ai l’air d’être le patron. J’espère qu’on la gardera, j’espère qu’on gardera ce symbole, celui qui parle, qui travaille, est assis sur la chaise. Les autres sont par terres. Je pose les bases de mes valeurs familiales sur la chaise. À savoir : Mes fesses. Je pose mes putains de fesses sur une putain de chaise et j’ai l’impression d’être le vieux chef de la tribu, un os dans le nez : Stéréotypes colonialistes, la fenêtre ouverte, toujours. Je grelote. Il est 23h45.

Finalement, les enfants sont les moins dérangeants quand on vit dans une école. Ils dorment encore que je suis déjà dans le RER. Ils dorment déjà que je suis encore dans le RER.

Il fait froid, ce n’est pas encore l’été, je ferme la fenêtre. Elle dort à mes pieds, je raconte quand même ma journée. Les cours, pas trop. Ce qu’il y a autour, tout le temps. Je lui parle de twitter comme on parle d’un programme télé, « et sinon vincent glad il a encore mis un lien, je te dis pas, attends, regarde ça ». Elle dort. On a fait l’amour avant de manger. C’est pour ça que j’écris : Décontracté. C’est la première fois que j’écris avec elle, juste à côté. Je la regarde dormir mais je ne la vois pas. Mon sperme coule sur le matelas, on n’a même pas mis de draps. Je comprends pourquoi ma mère, plus jeune, me faisait chier avec ça, mettre des draps. Quand notre mère n’est plus là, on n’a qu’une envie : Dormir sur un matelas découvert. Jusqu’à que son sperme finisse de le recouvrir. Les lumières de la ville sont orangés et cela ne m’aide pas à trouver le sommeil, je viens de sucer 2 Sedatif PC, mes derniers. Cela ne fait aucun effet. C’est à peine plus onéreux qu’un Mentos. Sur Doctissimo, une mère dit qu’elle refile ça à son enfant de quatre ans, agité. Moi quand j’étais agité, ma mère me balançait dans la baignoire et ouvrait l’eau glacé. Ça marchait. Je retire mes vêtements. Je file sous la douche.


« Au dessus de l’école »

Posté le : 4 mai 2009 | Addikted | 0 Commentaire »

On s’est installé. Au dessus d’une école. C’est son logement de fonction. Des fientes de Pigeons aux fenêtres, c’est le premier truc que j’ai nettoyé ce matin. Les pigeons attendent la fin de la récré pour venir picorer et chier sur notre balcon ensuite. Je les ai regardé faire ce matin, envisageant l’achat d’un fusil. Je capte un hotspot en ouvrant la fenêtre, heureusement qu’on emménage en Mai. Je bronze. L’album de Terence Fixmer a l’air de calmer les ardeurs pigeonières. Je le laisse tourner. L’appart vide résonne, le moindre bruit me fait sursauter. Une boite de Dinosaurus est tombée et c’est comme si on avait essayé de m’assassiner. En attendant les meubles, je pose tout par terre. Sur son Facebook, Ann Scott vit sa vie, joue à des tests de connaissance et pose une phrase quand elle prend le temps. C’est toujours sévère comme phrase, avec un point pour conclure le truc bien dit : Ce n’est jamais d’elle, souvent le titre d’une rocksong indie qui me casse les genoux.

Je ne sais pas comment décrire l’appart. C’est grand et vide, pour le moment. Pour y accéder on monte un escalier en bois, il grince, il sent l’école. Zola en parlerait mieux que moi, c’est son truc les escaliers, je crois me souvenir. Sous ma fenêtre, c’est la CPAM, les voitures s’arrêtent souvent. Mais qu’à partir de 15h. Je ne connais pas bien les villes de banlieue. Chez moi, quand on quitte la ville, on se retrouve en forêt, ou dans la Z.I., ici on se retrouve sur la Francilienne. Toute la ville est un centre-ville. Je m’y plais, je fais mes premiers devoirs de fiancé amoureux. De la dinde au leader price, une gomme à Monoprix, un balais. Je surveille les enchères eBay sur des frigos et machines à laver. Il me manque un chat à caresser entre deux tweets, et, avec le frigo plein de Coca Zero, je pourrai même finir un premier roman.

Je regarde le clocher épargné des antennes relais de la téléphonie mobile, il les ont posés sur l’immeuble plus loin. C’est dommage. Je capterai mieux sinon.