Entre deux gribouillis

Posté le : 16 mars 2009 | Addikted | 0 Commentaire »

Les yeux fascinés de ma mère qui me demande c’était quoi ce morceau avec plein de variation. Je lui repasse la playlist : Dusty Kid – America. Je n’entendais pas le surchant. Le surchant, elle dit. Le surchant.

Je reste toujours ce petit garnement, ce mec un peu mal élevé, qui a compris qu’en souriant, ça allait passer. Alors je parle des usines, parce que les usines c’est marrant, ça ramène des visiteurs de chez paperblog, mais sur internet les gens s’en foutent des usines, ils ne parlent que de l’HADOPI, moi je m’en fous de l’HADOPI. C’est comme rouler un petit pète de majijuana, l’HADOPI. Gober mon MDMA. Personne viendra te faire chier, sauf si tu l’agites un peu trop sous les mauvais nez. Hier encore, je téléchargeais Patapon 2 sur ma PSP, juste parce que je n’avais pas envie de sortir de chez moi. En fait le piratage, c’est un truc que tu pratiques quand tu te fais chier. La musique que je télécharge, je ne la trouve même pas en CD, ni sur les plateformes légales. C’est normal, elle n’est pas encore sortie. Je n’écoute que des disques qui vont sortir en avril/mai, en ce moment. Ça se mord la queue. J’écoute les disques promo par promo, ils sont à peine masteriser. Bientôt, ils ne seront même pas produits les disques, je téléchargerai juste les pistes séparés avant la phase de production, je ne saurai pas quoi en faire, mais je dirai que je l’ai avant tout le monde. Applause.


« Trop une tête de connard »

Posté le : 16 mars 2009 | Addikted | 0 Commentaire »

Ça me fait toujours sourire quand j’ouvre mon mac dans le train, on est en pleine campagne, et il m’annonce deux réseaux. C’est à l’image de la politique d’Apple : Une photographie de ce qu’il y a dans l’air, balancée sur les écrans, avec une pointe de mauvaise foi.

J’écris ici une phrase banale car, à côté de moi, il jette quelques coups d’œil sur l’écran. Ce n’est pas le moment de poser une réflexion sur la sacralisation de l’enfant dans notre société qui est à l’image de la sacralisation du sperm dans la pornographie. Toutes ces mères qui se laissent déféquer sur la gueule par leur bébé. On a compris le reste de l’analogie. Je souris, j’ai défendu tous ces gars à Clairoix, et les ouvriers en général, dans plusieurs articles dithyrambiques : C’est con, ces cons, le lendemain, bloquaient ma voix, un train avec deux heures de retard, je l’ai apprécié. Pour finir la saison 2 de Mad Men.

Ce matin, ils prennent le bus et se cassent à Reims, ils vont jeter des œufs. Don Quichote, les moulins. Je vais me répéter, mais ce qu’il faut faire avec tous ces bus, c’est investir la Roumanie, ramener les machines en France, travailler. Ou sinon, considérer que la Roumanie, c’est la France, y vivre, y travailler : Mais ce n’est pas le moment d’aimer l’union européenne, on dirait. Je suis le nouveau leader des syndicats, et comme tout leader, personne ne m’écoute. Chacun en fait à sa tête. Il me faudrait la tête de Trotski pour me faire comprendre.

Trotski c’était le surnom qu’on donnait à ma prof d’allemand au Lycée. Herr Charon, pouvons nous profiter de votre savoir au tableau ? Elle disait, je me souviens bien. Trauma. Trotski Trauma. Je ne sais pas si je veux vraiment sa tête, maintenant. Attention, quand je parle d’avoir la tête de Trotski, je ne fais aucun sous-entendu à la tuerie dans mon ancien lycée que je suis en train d’organiser. C’est qu’on est sur la sellette nous, avec tout ce qu’il se raconte partout. J’ai pas mal joué aux simulations de meurtre et mes heures sur Wii Sport ne sont pas suffisantes pour les circonstances atténuantes. J’ai même téléchargé Patapon 2 pour ma PSP mais je l’ai pris avec la compil’ des King of Fighters. K.O.

Le mec s’est endormi, après avoir fini sa brioche Pitch, il a jeté un dernier regard à son Blackberry. Le seul truc qui lui donne encore une érection : Garder un œil sur son Blackberry. Il a joui et, sur la vitre, son visage s’est aplati. Je peux enfin l’écrire ma première pensée, le prétexte à tout ça : Toi, ne t’assois pas à côté de moi, t’as trop une tête de connard.


Continental (Clairoix) : Les barbecues dans l’Oise seront moins marrants cet été

Posté le : 12 mars 2009 | Addikted | 0 Commentaire »

Chez moi on a tous un pote ou une femme chez Continental à Clairoix. C’était l’usine de l’été, quand on ne voulait pas chômer. Moi, pour l’éviter, j’ai travaillé avec les kids. En fait dans ma région, il n’y a toujours eu que deux taffs : Continental pour les potes qui n’ont rien chopé dans le camion pendant le printemps et les centres aérés pour les fillettes ne voulant pas trop se mouiller, dont l’image est utilisée pour les municipales. Les barbecues dans l’Oise seront moins marrants cet été. La compagnie allemande vient de liquider notre budget chipo, c’était Will, intérim à Continental, qui les ramenait. On se fera alors une soirée 100% kefta et encore faut que les parents se cassent au bled.

C’est tragique Continental, c’est surtout tragique pour le roumain qui veut me faire signer sa pétition dans le train. Putain mec, les allemands du pneu ils font une usine ultra moderne chez toi, mais t’es quand même dans mon train à croire que je vais te lâcher 5€. Tu ne veux pas qu’on fasse le contraire ? J’envoie Will et quelques intérims faire des pétitions dans le métro de Bucarest et, toi, tu ramènes l’usine. On vole les machines allemandes et on les ramène chez nous. Ils sont 1100 à Clairoix, et voler une usine roumaine à 1100 c’est juste une formalité. Surtout pour Will, c’est un mec balaise Will. On disait qu’il avait une petite bite, au collège en sport, mais maintenant de mon nez, je n’atteins pas son épaule. Alors je ferme ma gueule quand je suis avec Will. D’ailleurs, j’y pense, mais en fait les barbecues étaient moins marrants depuis que Habib avait essayé de piquer sa meuf. Une blondasse qu’ils avaient négocié en boite : « Je te paye une bouteille, tu me la laisses ». Habib pour une bouteille de Jack, il s’était touché. Jusqu’au dernier barbecue où c’était plus la chandelle qu’il tenait mais carrément les hanches, de là il pouvait glisser, dans les oreilles, des mots doux et tout. Will, il l’a choppé et il lui a fait bouffer du porcs. Remange une chipo Habib, je le vois gueuler encore.

C’est triste pour Will. Continental c’était la seule mission d’interim assez stable, de plus six mois, qui payait pas mal. Tu pouvais trimmer six mois et toucher tes assedics les six autres, il allait s’acheter une maison comme ça, Will. Il va devoir passer son B.A.F.A. : encore un contre coup de la mondialisation en France. Comme ils ferment toutes les usines, dans le quartier, ils font des gosses : Des allocs. Alors l’été, comme des grands frères, on les anime les gamins, ça paye nos barbecues. Et surtout l’animation tu ne peux pas la délocaliser : nous sommes nos propres machines. Sauf si on envoie tous les enfants en Roumanie, ou à Beijing, ou en Tunisie… Ouais… Si on les envoie en Tunisie, en fait, je veux bien être délocalisé.


« Païennes »

Posté le : 10 mars 2009 | Addikted | 0 Commentaire »

Dans la rue, une vieille nettoie. Et nous engueule. Elle nettoie le trottoir avec le balais de chez elle, elle porte un chemisier bleu à fleur et une choucroute sur la tête. Comme toutes les vieilles. Elle se réveille un peu avant six heures le matin. Et elle nettoie toute la rue, elle s’est dotée de cette mission. Jeanne d’Arc n’aurait pas fait mieux. Ça lui permet de criser un peu, de voir des gens, de taper nos pieds avec le balais. On déconne. On saura qu’elle sera morte quand les mégots de clope s’accumuleront toujours plus en bas de l’immeuble. On s’en inquiétera un peu, on déconnera surtout. Et on jettera quand même les mégots par terre. On s’en fout.

C’est une véritable pornographie dehors, tout le monde est à poil, comme les mères sur Jacquieetmichel. Les filles sont toujours aussi païennes dans le quartier. C’est affreux. Allah est dans leur vie, comme si c’était une image Panini. Elles ont tous les symboles du manque de réflexion : Main de fatma autour du cou, parfois le voile quand elles ont des montés de MDMA, expressions galvaudées incessantes : inch’allah, starf’allah. En fait, Allah n’intervient que pour espérer trouver un nouveau mec ou quand on se moque de la vieille : Starf’allah pour ne pas devenir comme elle. Allah dans le quartier, cela pourrait faire flipper tous les républicains, ceux qui s’inquiètent de la montée de l’intégrisme musulman, mais il n’est pas vraiment là, Allah, il n’est pas réfléchi. Surtout chez les filles, c’est d’ailleurs comme ça qu’on se rend compte que la misogynie est ultra présente, ce n’est pas la religion qui l’a décidé cette misogynie, j’ose croire ça, mais c’est une culture familiale où les hommes ont plus facilement accès à l’enseignement coranique que les filles. C’est en train de changer, celles qui se sont mariés, qu’ont déjà les enfants : Les grandes sœurs. Elles offrent à leur fille une culture du Coran à la mosquée que elles n’ont eu qu’à la maison.

La vieille continue de balayer ce matin et l’immeuble essaye d’être aussi beau qu’un Macy’s. On ne lui crache pas dessus. Elle jure Dieu. Elle jure Dieu comme les copines disent starf’allah. Elle aussi, c’est une païenne. Mais comme elle va bientôt mourir, elle pense que sa croyance est sincère. Je regrette de m’être fait baptiser enfant, je regrette car ce n’est pas un choix qui est venu, mais un truc que l’on m’a imposé. Je regrette, mais au fond si je n’étais pas déjà baptisé, je ferai en ce moment ma catéchèse. Mes parents ont mis en moi ce truc, je suis fier de le porter, et je le transmet comme je peux. Quand j’étais petit je croyais que j’étais la réincarnation de Jésus, je m’étais persuadé de ça. Faut savoir, que enfant, on s’identifie rapidement : Au lieu des dessins animés, le catéchisme. Au lieu d’être Action Man, être Jésus.


« Ma Fiancée »

Posté le : 9 mars 2009 | A NerdZ Life | 2 Commentaires »

Un sale mec avec une barbe de trois jours et une veste en velours côtelés, il m’a pris ma place. J’allais m’asseoir avec le clan des quarantenaires, le trio des quarantenaires qui font les désirables, j’ai hésité un instant, il est passé sous moi, la petite pute, comme un lézard à qui tu veux faire vivre les pires supplices quand tu es enfant. Il s’est glissé sous mon bras, et s’est assis fier de lui, à deux doigts  de se taper une queue sur la blonde, la plus petite du groupe, celle qui parle toujours de sa vie sexuelle à haute voix : C’est pour faire comprendre à tous les usagers qu’elle n’en a pas, qu’elle aimerait qu’on lui fasse ça. Heureusement, j’ai arrêté de l’écouter depuis que je me suis payé un iPod Nano, il y a quelques mois. Constamment sur mes oreilles, je passe mes trajets en train à revivre une rave imaginaire, en ce moment, c’est avec l’album de Dusty Kid.

Quand je suis enfin assis j’envoie un sms à ma fiancée. Je lui dis que je l’aime. La blonde réussit à couvrir le son, et ce qu’elle a fait de ses cuisses ce week-end, je l’apprends quand même. Je les ai déjà vu ensemble sur le marché avec son mari, pas loin de chez moi, un vrai stéréotype. Elle, la petite blonde toute menue, lui, l’ancien rugbyman à mi chemin entre le fantasme gay et le dj de la boite, le club dans lequel on se replie quand tout est blindé, et on s’y fait bien chier. Mais on est suffisamment bourré pour oublier. Ils se tenaient à peine la main, je me suis demandé si c’était son amant. Elle avait un peu honte d’être là. De devoir se farcir le public autour d’elle. La peur d’être reconnu. Quand on habite dans une petite ville picarde, et que l’on va sur le marché, on est comme Laure Manaudou en une de l’Équipe : La peur d’être reconnu, on essaye d’être quelqu’un d’autre, on laisse croire qu’on n’a jamais été là, que l’on n’a jamais promené ce chien.

Ma fiancée insiste pour que je ne la quitte jamais. Je la rassure : Cela n’existe pas dans le vocabulaire que l’on s’est créé. Dans mes sms, je ne mets jamais de points après mes « Je t’aime », ils sont moins oppressants, ils restent toujours ouverts, ils volent dans l’air, pas comme des particules dont on se fout, une poussière que l’on va nettoyer, plus comme une présence réelle, éternelle : C’est pour ça que je ne fais jamais les poussières dans ma chambre. Si vous croyez en Dieu, vous savez de quoi je parle. Il n’y a qu’elle et Dieu qui me donnent l’amour qui est dans l’air. J’ai l’impression d’être André des Poetic Lover quand je parle comme ça. Darlin’, faisons l’amour ce soir. (Check les shorts).