« Mâcher »
Posté le : 11 février 2009 | A NerdZ Life | 3 Commentaires »Dans la rue un freak me tient tête. Je n’ai pas de bouts de shit. Il dit que je suis un bobo, je dis que je suis du quartier, plutôt un bonobo. Putain, t’es content de ta vanne ? Sous mes pieds quelques chewing-gum, je pense à elle. Mâcher. Elle galvanise ma vie, donc ici, écrire se raréfie. Putain, t’es content de ta vanne ? L’héro est plus facile à trouver maintenant. Ses bras piqués témoignent, il est flic, il raconte. Je ne suis pas loin de l’hôpital. C’est un mec sur le terrain, il parle maintenant de Clichy quand les balles fusent : Il y a été en renfort. Il adore les jeunes du quartier, il répète. Il sous entend qu’en planter un est jouissif. Ils sont plus malins que les bobos comme toi. Je suis du quartier, j’insiste. T’as la tête du riche. J’ai la malice des pauvres. Tu te prends pour un pauvre ? Non. Je n’ai pas vraiment d’identité, m’sieur. Quand je suis chez les pauvres, je suis riche, quand je suis chez les riches, je suis pauvre. Quand je suis chez les modestes, je suis snob. Je ne sais pas d’où je suis, ils ont volé mon identité à l’école : Aucune discrimination m’est positive. Il a tapé sur mon épaule pour me dire en revoir, un sourire. Je me suis affaissé : Il porte 30 fois 100 kilos, couché, il s’en est vanté. J’ai peur de la Police. Un policier c’est un gangster dont le concours est organisé par l’Etat.
À la clinique, le carrelage est coloré. Pastel, les carreaux répondent au mur. Il a l’air d’être bien ici, les médocs n’altèrent pas trop son esprit. Il entend des cris parfois, il m’a dit. Il n’y a pas que le carrelage qui répond au mur. Plus loin, dans son plâtre, elle veut troquer sa chaise roulante pour un fauteuil. Ou son fauteuil roulant pour une chaise. D’ici je ne vois pas ce qui est le plus confortable. Personne ne vient l’aider, elle est habituée, la plante du pied est sale, quelques semaines qu’elle est plâtrée. Il joue au Scrabble, il me raconte. Les infirmières sont pauvres en vocabulaire, mais ça suffit pour gagner, elles connaissent toute la stratégie.
Je te protège, j’évite de parler de ce qu’on fait au lit. Deux anges, nous sommes. Je ne veux pas te blesser, je ne veux plus. Alors je cherche les mots, je patauge un peu. Comme quand j’ai commencé à écrire : Pour plaire, c’était hasardeux, je ne me plaisais pas. T’es une aubaine. Pas pour mes lecteurs habituels, je parlerai moins de sperme. T’es une aubaine, mes pensées sont stabilisées, je pleure moins le soir, quand je rentre en train. T’es une aubaine, je suis galvanisé. Je n’écris plus dans le Moleskine, ce que j’y écrivais, je te le dis au téléphone. Il faut que je demande aux RG de m’envoyer ce qu’on se raconte. On est le 11. Le 11, ouais, tu vas sourire quand il va sonner. Je ne sais pas comment ça va se passer, tu raconteras, je serai le premier que tu appelleras. Tu vas faire un putain de sourire. Je ne pourrai pas le voir. Merde.


quand l’écriture nait d’une frustration, elle évolue forcemment lorsque celle ci est comblée. Comme tout processus créatif. Il faut juste pas que la routine l’assassine.
« Aucune discrimination m’ait positive »
pas plutôt « m’est positive » ?
Vi