« Guillemette Faure n’est pas spécialement mon style »

Posté le : 22 janvier 2009 | A NerdZ Life | 0 Commentaire »

Et j’ai remarqué que Guillemette Faure n’était pas spécialement mon style. Je n’aime pas son ironie. Elle me fait penser à une grosse brune que j’avais croisé lors d’un vernissage. Elle parlait fort pour se faire remarquer, un peu euphorique avec le champagne, elle racontait ce qu’on pouvait trouver dans sa culotte quand elle avait quatorze ans. Il n’y avait que moi qui restait introuvable dans sa culotte quand elle avait quatorze ans.

C’était mon grand-père qui faisait toujours le discours au début du repas, c’était une personnalité importante. Il ne voulait pas être le président, mais c’était lui qui parlait, toujours. Il parlait bien, Pépé, un belge nationalisé, fidèle. Convaincu. L’Association pour Défendre la mémoire du Maréchal Pétain regroupe un peu toute l’inteligencia de l’extrême droite ultra conservatrice et tradi, ce sont eux, en nègre, qui écrivent l’opinion du FN sur tous les sujets. les idéologques, ils s’aiment à s’appeller. J’ai envie de dire : « regroupait », je ne sais plus trop à quoi ressemble cette association maintenant que j’ai grandi, maintenant qu’ils sont un peu tous morts.
Pour moi, dans ma tête d’enfant, c’était juste un repas sympa, un repas du 23 Juillet. Pendant la marche silencieuse, on se faisait insulter, et je ne savais pas trop pourquoi. La messe en latin, je ne me posais pas de question, c’était aussi chiant qu’en français. Le seul truc qui m’ennuyait, les 23 Juillet, ce que j’étais le seul enfant. Je me souviens des longues heures à jouer devant l’église, je refaisais le monde. Mon Action Man à la main.

Le repas, les vieux discutaient. Et j’écoutais. Plus que les idées, j’écoutais l’éloquence des grand-pères et étais fasciné par la façon dont ils monopolisaient la parole, galvanisaient les gens. Les femmes surtout. Je mangeais ma glace et la serveuse me draguait un peu parce que j’étais mignon. Jupe noire, chemise blanche, elle avait un physique assez difficile. Je me souviens que je n’aimais pas trop les marques d’affection, et je préférais m’isoler avec mon Action Man ou une bd que j’avais ramené. C’était ça, pour moi, le Pétainisme. Une journée simple où des gens parlaient bien, débattaient. Ils avaient tous ce point commun d’être passionné d’histoire comme je peux être passionné par la pornographie, aujourd’hui. Ils s’échangeaient des documents qu’on évalue maintenant en milliers d’euros sur eBay.

Je vous le dis. Une journée avec les pétainistes, comme une foire au CosPlay : Les personnes qui y participent sont tout aussi extrêmes. Le 23 Juillet prochain, grâce à mon nom de famille, je pourrai y participer tel un enfant prodigue, faire un reportage photo, écrire une pige pour la revue, serrer des mains à des moustachus qui étaient déjà moustachus en 1999. Je dormirai à l’hôtel, les Pétainistes, on les a voulu tej, mais ils ont bien investi sur l’ile : Compagnies de taxi, hôtels, restaurants, location de vélos… Ironie : Les jeunesses bonnes consciences hippies de rallye, qui remplissent l’ile l’été, financent l’A.D.M.P quand ils commandent un demi sur les quais de Port-Joinville.

Si sur cette île, l’amour je ne l’ai jamais trouvé. On ne me regardait pas, blanc comme un cul. Même la journée, l’ombre du Maréchal m’empêchait de bronzer, merci Pépé.



et vous