« Elle s’humecte les doigts quand elle tourne les pages »

Posté le : 29 janvier 2009 | A NerdZ Life | 0 Commentaire »

Le goût d’aspartame dans ma bouche, il annonce les nuits blanches. J’ai travaillé sur cheer.fr pendant la nuit. Plus que sur le truc que je dois livrer vendredi, matin. Je ne travaille qu’au plaisir. C’est pour ça que je ne serais jamais un gigolo. Les petites vieilles ne sont pas un plaisir, sauf si c’est pour les sodomiser quand elles me doublent à la caisse du supermarché. Annie, c’est la caissière à Intermarché, elle a les cheveux d’une prof d’anglais. Une choucroute frisée qui n’a pas été laqué : Elle tient sans artifice. J’ai ouvert mes volets parce qu’on m’a dit qu’il y a du soleil. Chaque fois que le bus passe, un reflet m’éblouit. Dans un sens : C’est la vie, la vie qui fourmille. Elle m’éblouit.

Toujours été un peu amoureux de mes profs d’anglais. Au lycée, j’écrivais : « Ma prof d’anglais est une fille sage, elle s’humecte les doigts quand elle tourne les pages ». Elle faisait un remplacement, ma prof d’Anglais, au Lycée. Elle avait un nom polonais, et chaque semaine elle me collait. Parce qu’elle était frustrée, je crois. Elle était surveillante en plus, ma prof d’Anglais, alors les mercredi après-midi je les passais avec elle. Elle croyait que ça me faisait chier, mais je donnais tout pour les passer avec elle. Les mercredi après-midi, les mecs de ma classe faisaient du skate ou du bmx, je ne sais pas trop. Ils flirtaient avec les filles que je trouvais jolie, je ne les enviais pas trop. J’étais avec ma prof d’anglais et je faisais tous les exercices avec un plaisir que je devais dissimuler. C’est comme ça que j’ai pas mal progressé jusqu’à pouvoir tenir une discussion avec des filles d’Erasmus. Des mexicaines ou des hongroises. C’est parce que j’étais amoureux. Je ne fais jamais rien sans en tirer du plaisir, ce n’est pas professionnel, totalement égoïste, mais il n’y a que comme ça que j’arrive à me faire jouir.


« bobsinclar.fr.st »

Posté le : 23 janvier 2009 | Addikted | 7 Commentaires »

Le droit à l’oubli. C’est une expression qui revient assez souvent. Le droit de pouvoir oublier notre adolescence miteuse, qu’elle ne reste pas éternellement sur skyblog (pour les plus jeunes par exemple).

J’avais oublié que j’avais fait ça. Internet aussi. Tout le monde. Jusqu’à que je lise ce truc sur Marc L*** : Mais il aurait trouvé quoi pour moi ? À part mes mycoses du 13 Juin 2005 ?
Plus que sur Google j’ai travaillé sur ma mémoire. Et je me suis souvenu. Et je vois mon dessein, mon habile dessein. Art pariétal. Et je suis fier. Je suis putain de fier.

Quand j’étais jeune, j’étais tellement fan de Bob Sinclar, vous n’imaginez même pas. C’était mon côté : mec de droite. Il n’empêche qu’il n’y avait pas de sites internet sur lui, même pas de bobsinclar.com. Je n’avais pas l’age d’une carte bleue pour l’acheter ce domaine. Je n’avais que le : bobsinclar.fr.st, domaine des pauvres.

Il n’est pas compliqué l’html du site. Deux frames, des images à centrer. J’étais autodidacte complet : Clic droit, code source, copier, coller. Autodidacte. J’avais la patience de faire tout ça, je ne travaillais pas beaucoup pour le collège. Aucun artifice à la Dreamweaver (de Macromédia). Et je suis fier. Presque aucune faute de goût, la typo ne jure pas, l’identité visuelle est simple, le choix du fond noir est discutable, le site a un cheminement simpliste à l’image de mon esprit adolescent. Peut-être quelques bannières réalisées sous Corel Draw sont à revoir. Le site est hébergé sur chez.com, et n’a jamais bougé depuis. Malgré les rachats, etc, il est toujours resté sur un serveur, on ne l’a jamais sifflé. La magie du web. Addikted.NeT a connu une vie beaucoup moins stable. J’allais jusqu’à proposer tous les morceaux, en streaming, avec real audio. Deezer avant l’heure ? Il n’y a que Marty McFly pour se rappeller du real audio. Les pochettes de chaque disques sont des scans de ma collection personnelle. Le plus triste, c’est que je n’ai jamais pris le temps de numériser ces disques, même dans mes trips revival : C’est aujourd’hui beaucoup plus rapide à télécharger sur rapidshare.

Quand on cherchait « Bob Sinclar » sur Yahoo, j’étais la seule référence. A l’époque le référencement n’était pas un monopole de Google.
Il y a un livre d’or aussi. Le seul truc que je n’avais pas codé moi même. En fait, c’est un outil proposé par hit-parade. Hit-parade c’était un peu le wikio du web 1.0. Eric de Presse Citron aurait tout donné pour être en tête du hit-parade, je crois. Ce qui est intéressant, c’est que le livre d’or est toujours signé par des gens qui ne sont pas des bots, parfois. Je ne sais pas comment ils se retrouvent là.

Le meilleur reste et restera mon écoute des albums : Commenté. Un must read. J’assume. Je ne me vantais pas à l’époque, tu fais quoi dans ton temps libre ? Du HTML. Je me rappelle d’une prof qui m’avait jugé avec dédain quand je lui disais que je faisais des sites web au lieu de réviser mes maths. Aujourd’hui, je peux lui faire caca dans la bouche. One cup.

http://tunez.chez.com ou http://www.bobsinclar.fr.st

Bonus Track : La version flash qui n’a jamais vu le jour. Et pour cause. http://tunez.chez.com/flash/


« Guillemette Faure n’est pas spécialement mon style »

Posté le : 22 janvier 2009 | A NerdZ Life | 0 Commentaire »

Et j’ai remarqué que Guillemette Faure n’était pas spécialement mon style. Je n’aime pas son ironie. Elle me fait penser à une grosse brune que j’avais croisé lors d’un vernissage. Elle parlait fort pour se faire remarquer, un peu euphorique avec le champagne, elle racontait ce qu’on pouvait trouver dans sa culotte quand elle avait quatorze ans. Il n’y avait que moi qui restait introuvable dans sa culotte quand elle avait quatorze ans.

C’était mon grand-père qui faisait toujours le discours au début du repas, c’était une personnalité importante. Il ne voulait pas être le président, mais c’était lui qui parlait, toujours. Il parlait bien, Pépé, un belge nationalisé, fidèle. Convaincu. L’Association pour Défendre la mémoire du Maréchal Pétain regroupe un peu toute l’inteligencia de l’extrême droite ultra conservatrice et tradi, ce sont eux, en nègre, qui écrivent l’opinion du FN sur tous les sujets. les idéologques, ils s’aiment à s’appeller. J’ai envie de dire : « regroupait », je ne sais plus trop à quoi ressemble cette association maintenant que j’ai grandi, maintenant qu’ils sont un peu tous morts.
Pour moi, dans ma tête d’enfant, c’était juste un repas sympa, un repas du 23 Juillet. Pendant la marche silencieuse, on se faisait insulter, et je ne savais pas trop pourquoi. La messe en latin, je ne me posais pas de question, c’était aussi chiant qu’en français. Le seul truc qui m’ennuyait, les 23 Juillet, ce que j’étais le seul enfant. Je me souviens des longues heures à jouer devant l’église, je refaisais le monde. Mon Action Man à la main.

Le repas, les vieux discutaient. Et j’écoutais. Plus que les idées, j’écoutais l’éloquence des grand-pères et étais fasciné par la façon dont ils monopolisaient la parole, galvanisaient les gens. Les femmes surtout. Je mangeais ma glace et la serveuse me draguait un peu parce que j’étais mignon. Jupe noire, chemise blanche, elle avait un physique assez difficile. Je me souviens que je n’aimais pas trop les marques d’affection, et je préférais m’isoler avec mon Action Man ou une bd que j’avais ramené. C’était ça, pour moi, le Pétainisme. Une journée simple où des gens parlaient bien, débattaient. Ils avaient tous ce point commun d’être passionné d’histoire comme je peux être passionné par la pornographie, aujourd’hui. Ils s’échangeaient des documents qu’on évalue maintenant en milliers d’euros sur eBay.

Je vous le dis. Une journée avec les pétainistes, comme une foire au CosPlay : Les personnes qui y participent sont tout aussi extrêmes. Le 23 Juillet prochain, grâce à mon nom de famille, je pourrai y participer tel un enfant prodigue, faire un reportage photo, écrire une pige pour la revue, serrer des mains à des moustachus qui étaient déjà moustachus en 1999. Je dormirai à l’hôtel, les Pétainistes, on les a voulu tej, mais ils ont bien investi sur l’ile : Compagnies de taxi, hôtels, restaurants, location de vélos… Ironie : Les jeunesses bonnes consciences hippies de rallye, qui remplissent l’ile l’été, financent l’A.D.M.P quand ils commandent un demi sur les quais de Port-Joinville.

Si sur cette île, l’amour je ne l’ai jamais trouvé. On ne me regardait pas, blanc comme un cul. Même la journée, l’ombre du Maréchal m’empêchait de bronzer, merci Pépé.


« Clémentine »

Posté le : 19 janvier 2009 | Addikted | 3 Commentaires »

Il y a des choses qu’on apprend enfant. Comme ne pas se toucher la bite après avoir manger une Clémentine. Ça pique. Hiver 98, je me souviens, ça a piqué.
Dans le train les femmes tricotent, pas toutes les femmes, mais celles qui m’entourent. Elles ne parlent que de sexe, des neveux et de tricots. L’une travaille à France 2, cela fait trois ans qu’elle parle du démantèlement de la chaîne, et trois ans qu’elle garde son poste de secrétaire. Un poste misérable. Elle est syndiquée, alors le démantèlement cela ne la concerne pas, si ils veulent la mettre à la retraite, elle réclamera toutes ses primes et touchera une retraite supérieure à son salaire actuel. La direction la préserve, elle s’en vante tous les jours dans le train. Se vanter, elle ne peut faire que ça. Et crever aussi.

J’ai l’oreille en feu, le TGV m’a légèrement abimé les tympans. Mon médecin est confiant, il allait bien derrière son iMac 24 pouces. Depuis tout petit, mon médecin traitant est le fil rss des dernières technologies Apple. Il a tout eu. Je rêvais de toucher à sa souris bleue translucide quand j’avais douze ans, il me faisait un certificat pour que je puisse aller à la piscine. Mais, et je l’avais appris en hiver, je ne devais plus mettre mes mains n’importe où. Surtout après avoir mangé une clémentine. Sur le certificat, j’espérais secrètement qu’il dise que je sois inapte. Ce n’était jamais le cas.

Quand elles racontent un truc privé, les tricoteuses élèvent la voix et te regardent pour vérifier si tu as bien tout entendu. Je souris toujours poliment avant de détourner mon visage. Dans le reflet de la vitre, j’ai l’air de sortir des jeunesses hitlériennes. Je reboutonne mon polo Fred Perry car une tricoteuse est partie pisser, le courant d’air s’est invité dans le train, je grelotte serrant un peu plus fort ma PSP. J’envoie des textos, et je ne réagis plus comme un enfant. Je vis ma relation d’adulte maintenant, mais essaye quand même de jeter un peu de sables dans les yeux, en criant « C’est du Mazout ». C’est ce je faisais enfant, à l’Ile d’Yeu, les 23 Juillet.

Non, les 23 Juillet, j’assistais à une messe en latin. Avant un long repas dans une salle réservée pour nous. Mais c’est une autre histoire.


« O-u-v-e-r-t-u-r-e »

Posté le : 16 janvier 2009 | Addikted | 4 Commentaires »

Daft Punk – Ouverture. C’est le premier morceau qu’ils ont rendu disponible sur le Daft Club.

La vie politique décide de ma vie sentimentale, des projets. Quand tu sors avec une politique, tu ne parles plus en heures ou en minutes, la seule notion de temps que tu reconnais c’est le mandat.
Je ne veux pas me branler ce soir. J’ai peur de na plus réussir à jouir, demain. Les femmes ne savent pas, mais quand on éjacule on a peur que ce soit pour la dernière fois. C’est pour ça qu’on se branle beaucoup, on n’est pas du genre à retenir nos dernières fois.

Le trajet en TGV est magnifique me dit Louise. J’écouterai des podcast de musiques répétitives. C’est la nouvelle expression que j’ai trouvé pour écouter T-Pain avec un air snobinard. En fait, T-Pain il a sorti un album, genre le truc c’est Michael Jackson en mieux et tout le monde a l’air de s’en foutre. Il a fait trois fois le même clip pour cet album, et trois fois le clip défonce, et tout le monde a l’air de s’en foutre. Il n’y a que moi qui Freeze sur le quai du métro. La plus grande injustice de ma vie, c’est que T-Pain il est juste respecté par deux-trois potes de mon quartier et les quelques nerds que je côtoie, ceux qui lisent Vice aux chiottes avec moi. Pourtant avec Chris Brown, je me disais que les pisseuses allaient me chanter ça au centre. Sheryfa Luna a le monopole, avec les trucs de raï où Khaled il dit à sa fille de ne pas se marier avec ce type, déjà mes meufs elles écoutaient ces conneries au collège quand on se cachait pour faire des bisous, rien n’a vraiment changer dans le quartier. Les façades ne sont pas ravalés.

Dans le quartier, je traine plus trop, ça commence à tourner que je sors avec une fille engagée. Engagée, mais pas pour eux. Je leur dis que c’est cool, que c’est le même parti qui nous paye nos kébabs (avec les centres aérés & les subventions des assoc’), ils ont quand même un peu la haine. Mais c’est parce qu’ils s’ennuient. Mon meilleur pote est dégouté, il dit que je vais me casser, me faire entretenir comme les meufs en Avril 68, juste avant. Mais les mecs d’aujourd’hui sont les filles d’hier je lui dis : Accepte ça, mec, c’est cool, soyons le second sexe, on s’en fout. Ce con me fait le mec libre et sa meuf appelle, sa voix change tout de suite, elle veut qu’il passe. Elle habite à 15€, dans le quartier, il n’y a plus de distances, juste le prix des pleins pour rejoindre un point. C’est pas possible. Elle crie, il ajoute qu’il va faire des efforts pour venir finalement. Il raccroche, il me dit « On parlait de quoi ? ». J’essaye de reprendre la discussion, il coupe, »je vais voir ma femme, je re, vers deux heures du mat ». Ok. « Ou demain matin ».

Elle veut que je me carte. Elle amène ça simplement, elle me traite de gaucho tout le temps. Mais je suis déjà carté au milieu, ça l’énerve. Demain on va se mordre. C’est l’ouverture.