« Le 31, je fais rien »
Posté le : 29 décembre 2008 | Addikted | 0 Commentaire »Je discute avec ma muslim. Parce que je m’ennuie. Elle m’invite à venir la voir, mais je sens le plan foireux. Je refuse poliment. Je la connais par cœur, elle va vouloir se prouver qu’elle a du pouvoir sur moi, puis elle va en avoir, et ça va la rassurer, et je vais l’engueuler. Après on s’embêtera mutuellement, je dirai qu’elle a raison en mangeant les trucs Halal de son frigo sur du pain de mie premier prix. Elle fera celle qui sait. Et je m’endormirai dans ses bras. Le plan foireux.
Le 31, je fais rien. C’est la première fois depuis longtemps.
Je vois la fille du train fêter Noël en famille avec sa nouvelle couleur. De cheveux. C’est sur Facebook que je vois ça. Sa couleur a changé mais sa coiffure reste figé. Sa tête est un régime communiste. On a l’impression que rien n’a jamais bougé, pourtant son visage est la plus belle des utopies. Sur le chat elle me fait « Hey t’as vu je ne suis plus blonde ». C’est en référence à notre première discussion, celle qui m’a poussé à lui parler : Ses cheveux, le ciment de notre relation.
Sa mère est restée jolie, elle me donne de l’espoir. Son père a une tête de terroriste corse, il fait vieux-jeune et a la même allure que mon prof de pub. Je le vois bien se toucher la nouille sur sa moto et nous faire un coucou de loin : Mon prof de pub. Pour le repas de Noël, tout le monde est bien habillé. Sauf son père, en t-shirt Quiksilver de mecs qui se touchent la nouille, au loin sur sa moto, il vous fait coucou, il part aux « Sports d’Hiver ». Il a le sourire satisfait du néobourgeois qui s’est fait tout seul. Ses filles ont du lui faire remarquer que ses vêtements : ça n’allait pas. Mais elles sont encore trop jeunes pour l’influencer vraiment. Il désire encore trop sa femme pour commencer à écouter ses filles.
Ses filles sont deux bijoux, d’ailleurs. La petite sœur à l’allure d’une jeune actrice française de série télé. On l’a déjà vu sur NRJ12. J’ai toujours préféré les petites sœurs, c’est plus fort que moi. Et cette année, je ne suis sorti qu’avec elles. Les petites sœurs. Ouais, putain, cette année, je ne suis sorti qu’avec des filles nées entre 1989 et 1990 et ça m’a fait un mal fou. Je n’avais pas le choix, les grandes sont déjà toutes fiancées et celles qui ne le sont pas, sont grosses. Ou engrossées. Les générations futures ne naissent que pour satisfaire les garçons seuls de la génération présente. Nos potes, chanceux, se reproduisent pour qu’on puisse nous aussi jouir sur une femme, un jour. C’est la solidarité masculine qui décide la pérennité de l’humanité.
Sur une photo, je la regarde eventrer une pomme et son sourire gêné est significatif. En commentaire elle dit : te moque pas ! ceci est une photo rare, je hais cuisiner. Elle parle à sa sœur et tourne sa phrase comme si elle me parlait à moi. Ou à n’importe quel fouineur un peu psychopathe. Je suis mal à l’aise.
Chez elle, je me sentirai bien, ils ont le même écran HD que mes parents. Un Sony, je peux y brancher ma PSP. Ses nièces sont le genre de gamines que je chouchoute au centre aéré et sa mère a l’air d’être une femme à qui je peux parler de Juno sans avoir vu le film. Et je la vois bien me prêter le dvd de Little Miss Sunshine parce que « non, Marc, vous ne l’avez vraiment pas vu ? » Oui Madame, ne pas avoir vu Little Miss Sunshine conditionne ma vie sexuelle. Long story.
Chez elle, je me sentirai bien. Si jamais, un jour, on discute plus que « hey ça va ? Ouais cool, passez un bon week-end ? Ok, putain je comprends toujours pas le truc installé à la Gare du Nord qui fait de la fumée, ouais, j’dois y aller, bisous, à bientôt. »
Le 31, je fais rien. Ça sonne bien pour un groupe Facebook.


et vous