« @ »

Posté le : 30 décembre 2008 | Addikted | 7 Commentaires »

Louise m’envoie des SMS de là bas. J’espère qu’elle paye cher. Les pots que l’on va casser.
Je ne peux pas lui répondre sauf avec des @ sur twitter. Le ballon, chez moi, ne chauffe plus l’eau et c’est avec celle des pâtes que je prends ma douche. Je vide la marmite sur moi et ça me donne une idée de son quotidien.

J’ai toujours écris pour baiser. Pour convaincre et baiser. Une Nuit à Lourdes, vous vous rappelez ? J’ai écris ça parce que j’étais frustré. En Philo les filles de ma classe allaient jusqu’à dire que le Pape, que la religion catholique, aidaient la propagation du SIDA et je les avais insulté copieusement sans trop d’arguments, excepte celui qu’elles étaient de grosses suceuses. Chez moi, touché par tout ça, j’écrivais en pleurant que l’extrémisme le plus ignoble, celui qui rassemblait le plus d’ignorant était l’extrémisme des athées. Que même les terroristes hardcore, ceux des tours, avaient une plus grande part d’amour et de savoir dans leur cœur, ce que n’auront jamais ces filles dans ma classe, ces filles bien pensantes : Athées. J’ai eu 6 au Bac Philo, alors j’ai gardé tout ça pour moi, et j’ai écris Une Nuit à Lourdes pendant ma première année de fac. Avril 2005, je crois. Un truc en douze page un peu naïf marrant.

Ce que je voulais faire passer dans cette nouvelle, c’était ma peur profonde de m’engager dans quoi que ce soit. Et surtout je croyais que j’avais atteint l’apogée de mon style et il ne fallait pas que je gâche ça. Il fallait que ça sorte. Quand je me relis aujourd’hui, je me rends compte à quel point j’étais en chien de filles quand j’écrivais cette nouvelle. Chaque ligne signifie : J’ai envie de baiser. Exprimé maladroitement. Par contre, je me sens incapable d’écrire des trucs comme ça aujourd’hui, je parlais vraiment mieux. Un mec racé, tu vois.

Une chaleur incroyable se dégage de
cette fille, et je sens que les neiges éternelles se transforment, en ce
moment même, en eau limpide.
Elle ouvre les yeux et je la tire vers l’intérieur. Elle se laisse tomber
sur le lit et je l’admire toute entière. La véritable procession Mariale
commence maintenant.
« … maintenant… »
Mon index s’invite entre le coton de sa culotte et sa peau. Elle lâche
un petit râle au moment où je la frôle. J’ai retrouvé les neiges
éternelles (…)
Je reprends mes esprits rapidement. La culpabilité judéo-chrétienne,
qui alourdissait mes épaules depuis le début du pèlerinage, me
pousse en elle. Elle tremble de tout son corps à l’instant ou mon
pénis disparaît.
Ce sont toujours les disparitions qui créent le plus d’émoi.

Encore aujourd’hui, je lâche un rire nerveux quand je relis le paragraphe. Je ressemble un peu au bourgeois gentilhomme, quoi ? là, je dis de la prose ?

Putain, jamais je n’aurais cru faire une référence à Molière dans ma vie quotidienne.

Une Nuit à Lourdes, Avril 2005 (Je crois)


« Le 31, je fais rien »

Posté le : 29 décembre 2008 | Addikted | 0 Commentaire »

Je discute avec ma muslim. Parce que je m’ennuie. Elle m’invite à venir la voir, mais je sens le plan foireux. Je refuse poliment. Je la connais par cœur, elle va vouloir se prouver qu’elle a du pouvoir sur moi, puis elle va en avoir, et ça va la rassurer, et je vais l’engueuler. Après on s’embêtera mutuellement, je dirai qu’elle a raison en mangeant les trucs Halal de son frigo sur du pain de mie premier prix. Elle fera celle qui sait. Et je m’endormirai dans ses bras. Le plan foireux.

Le 31, je fais rien. C’est la première fois depuis longtemps.

Je vois la fille du train fêter Noël en famille avec sa nouvelle couleur. De cheveux. C’est sur Facebook que je vois ça. Sa couleur a changé mais sa coiffure reste figé. Sa tête est un régime communiste. On a l’impression que rien n’a jamais bougé, pourtant son visage est la plus belle des utopies. Sur le chat elle me fait « Hey t’as vu je ne suis plus blonde ». C’est en référence à notre première discussion, celle qui m’a poussé à lui parler : Ses cheveux, le ciment de notre relation.

Sa mère est restée jolie, elle me donne de l’espoir. Son père a une tête de terroriste corse, il fait vieux-jeune et a la même allure que mon prof de pub. Je le vois bien se toucher la nouille sur sa moto et nous faire un coucou de loin : Mon prof de pub. Pour le repas de Noël, tout le monde est bien habillé. Sauf son père, en t-shirt Quiksilver de mecs qui se touchent la nouille, au loin sur sa moto, il vous fait coucou, il part aux « Sports d’Hiver ». Il a le sourire satisfait du néobourgeois qui s’est fait tout seul. Ses filles ont du lui faire remarquer que ses vêtements : ça n’allait pas. Mais elles sont encore trop jeunes pour l’influencer vraiment. Il désire encore trop sa femme pour commencer à écouter ses filles.

Ses filles sont deux bijoux, d’ailleurs. La petite sœur à l’allure d’une jeune actrice française de série télé. On l’a déjà vu sur NRJ12. J’ai toujours préféré les petites sœurs, c’est plus fort que moi. Et cette année, je ne suis sorti qu’avec elles. Les petites sœurs. Ouais, putain, cette année, je ne suis sorti qu’avec des filles nées entre 1989 et 1990 et ça m’a fait un mal fou. Je n’avais pas le choix, les grandes sont déjà toutes fiancées et celles qui ne le sont pas, sont grosses. Ou engrossées. Les générations futures ne naissent que pour satisfaire les garçons seuls de la génération présente. Nos potes, chanceux, se reproduisent pour qu’on puisse nous aussi jouir sur une femme, un jour. C’est la solidarité masculine qui décide la pérennité de l’humanité.

Sur une photo, je la regarde eventrer une pomme et son sourire gêné est significatif. En commentaire elle dit : te moque pas ! ceci est une photo rare, je hais cuisiner. Elle parle à sa sœur et tourne sa phrase comme si elle me parlait à moi. Ou à n’importe quel fouineur un peu psychopathe. Je suis mal à l’aise.

Chez elle, je me sentirai bien, ils ont le même écran HD que mes parents. Un Sony, je peux y brancher ma PSP. Ses nièces sont le genre de gamines que je chouchoute au centre aéré et sa mère a l’air d’être une femme à qui je peux parler de Juno sans avoir vu le film. Et je la vois bien me prêter le dvd de Little Miss Sunshine parce que « non, Marc, vous ne l’avez vraiment pas vu ? » Oui Madame, ne pas avoir vu Little Miss Sunshine conditionne ma vie sexuelle. Long story.

Chez elle, je me sentirai bien. Si jamais, un jour, on discute plus que « hey ça va ? Ouais cool, passez un bon week-end ? Ok, putain je comprends toujours pas le truc installé à la Gare du Nord qui fait de la fumée, ouais, j’dois y aller, bisous, à bientôt. »

Le 31, je fais rien. Ça sonne bien pour un groupe Facebook.


« Gays »

Posté le : 27 décembre 2008 | Addikted | 0 Commentaire »

Je crois qu’il est plus facile d’outer son homosexualité plutôt que son blog introspectif. Neil Patrick Harris est gay et je n’ai donc aucun modèle hétérosexuel, à part peut-être Nicolas Rey… Ok donc, Jonathan Caouette, Guillaume Dustan… Et pourtant je ne me suis jamais cherché, c’est, depuis toujours, devant un mollet féminin que je suis prêt à pleurer toutes les larmes de mon corps. Sur un mollet féminin que je ne demande qu’à éjaculer. Elle reste hors ligne maintenant, et ne me parle plus. Il y a une semaine, on aurait chacun tout donner pour discuter jusqu’à cinq heures du mat’ avec l’autre. Ah non, il y a une semaine on s’embrassait. Et c’était fini. Je me rappelle.

Elle reste hors ligne, mais je sais qu’elle est là. Son ordi a un virus et dés qu’elle se connecte, elle a une déco, elle spam un lien et elle se reco, sans s’en rendre compte. Tous les jours vers 21h j’ai le petit spam qui me rassure : Son statut est bien hors ligne, elle m’évite ouvertement. J’adore quand elles sont mal à l’aise, gamines. Assume le putain notre relation à la con. Elle serait étonnée de voir à quel point j’avais deviner comment ça allait se passer. Je vais arrêter de regarder les filles trop jeunes, je perds trop de temps. Sur les social-media je garde mes habitudes, je ne change rien, je continue de séduire toutes les femmes à coup de phrases bien placées dans les statuts. Et ça ne marche pas.

Il y en avait des mollets à la messe de Noël. Toutes ces filles, les clones, en tuniques/collants/ballerines m’ont rappelé pourquoi je défendais autant mes valeurs catholiques : Quand ça m’arrange. Je ne sais pas qui était le plus fier. Le père : De n’avoir que des grandes brunes à lunettes très jolies. Moi : De me confirmer que c’est bien dans l’Église que je trouverai le pardon (une femme qui m’aime). Je réfléchis, et je me dis : Est ce que je vais me réveiller les dimanche pour aller à la messe ? Recommencer à pratiquer ma religion. Les athées croient que l’on a la foi parce que l’on se sent seul. Mais ils se trompent, on a la foi parce que l’on n’a jamais retrouvé de filles plus jolies qu’au catéchisme.


« Les civilisés quoi »

Posté le : 22 décembre 2008 | Addikted | 0 Commentaire »

(NB : La rupture était en semi live bloggin sur mon Twitter)

C’est elle qui a dégainé la première. Le petit discours pré-rupture était sympa. J’avais à peu prés le même, sans la mère alcoolique. J’ai lâché ma petite larme quand même, c’est mon coeur d’artichaut. Au final, elle a sorti le classic shit : On va être pote hein, je veux pas qu’on perde notre proximité. Alors pour me venger j’ai fait comprendre qu’à part mon pakistanais et ma famille, il n’y aura personne d’aussi proche. Sauf ma femme peut-être. Et comme tu ne le seras jamais. Elle était un peu énervée mais elle a fait comme j’ai fait : Semblant de rien.

Avec les filles, j’arrive toujours à mes fins. Jamais la bonne. Heureusement, j’enchaine les ruptures comme les centre aérés, comme les mp3 téléchargés sur rapidshare. Ça va très vite. Ma vie sentimentale ressemble pas mal à des menstruations, ça dure à peine quelques jours mais ça casse bien les couilles.

Holiday. La journée, j’ai les gamins pour oublier le reste de ma vie. J’abuse de leur naïveté en mangeant leurs gouters. Et dés 17 heures, avec les pitchounes on a fait des tours de Jenga et chaque fois qu’on gagnait un étage, je jubilais, je crois même que je m’amusais beaucoup plus qu’eux. A la fin, ils sont partis, ils ne voulaient plus trop me déranger je crois.

J’arrive à créer la passion, mais comme Jésus-Christ c’est assez éphémère. Crucifié sous Ponce Pilate, le troisième jour, j’espère rebondir. Je vais envoyer des textos aux filles du train. Hier dans la panique j’ai relancé ma muslim pour savoir si c’était elle qui avait balancé le sort sur ma gueule, comme quoi je suis toujours le bon con entre deux histoires. Le vin, il est Entre Deux Mers, moi, je suis Entre Deux Mecs. No homo. Elle m’a dit qu’elle était peut-être africaine, mais que c’était une arabe avant tout. Les civilisés, quoi. J’avais oublié que notre relation tenait sur le fait qu’on était de gros racistes. On a déconné ensuite, on s’est dit des « Passe me voir » polis, mais aucun de nous deux ne fera un effort pour voir l’autre. C’est cela qu’on appelle « bien s’entendre avec son ex », il semblerait. Autant s’insulter.

Alors me voilà, encore à prospecter de la cramouille. Je l’avais mieux dit l’autre fois. Sur le périphérique, ouais. Je cherche la sortie, mais ce n’est que des aires de repos. Je pense à Nicolas Rey, je cite : T’es amoureux parce que c’est ton état naturel d’être amoureux, parce que tu n’as trouvé que cette formule pour te faire un peu moins chier. J’achète des polos Fred Perry sur eBay, c’est peut-être tous des faux. Je pourrais en mettre un par jour. Devenir skinhead, c’est le dernier truc que j’ai trouvé pour ne pas me faire enculer. Comme Faudel.


« Je veux qu’elle pleure »

Posté le : 20 décembre 2008 | Addikted | 6 Commentaires »

Ya pas à chier. On s’est embrassé et déjà j’ai senti le truc s’envoler, un peu. Je lui ai tenu les mains et je n’avais plus rien à dire. Une fois embrassées, je n’ai plus rien à leur dire. J’ai tout dit. J’ai cette prétention de croire que j’ai tout dit. C’est pour ça que je n’embrasse que pour dire au revoir, jamais pour dire bonjour.

A peine on s’est quitté, qu’elle est partie se saouler avec ses « potes » et que je fais un peu la gueule de mon côté. Demain elle taff, moi aussi. Je vais pouvoir faire la gueule longtemps. C’est bien. C’est pour ça que je ne reste jamais longtemps avec les femmes : Je m’ennuie dés le premier bisous. Je suis plus excité quand il n’y a rien entre nous.

Je me demande si je vais lui dire ça. C’est une nouvelle manière d’appréhender mes relations : Tout dire. Peu importe. J’ai son parfum plein les doigts et j’attends qu’elle m’envoie des textos depuis 23h23. J’ai dit que j’étais fatigué, elle n’a pas dit Bonne Nuit. Je suis tellement pareil qu’elle, je me rends compte, elle doit ressentir la même chose que moi là. Satisfait d’avoir abouti à un truc, frustré d’avoir abouti à ce truc. Son message perso depuis quelques jours c’est : Dépassée par les évènements. J’en ai parlé, elle a répondu vite fait. Maintenant, je fais semblant de ne pas le lire.

Pourtant elle a écrit des trucs forts, des trucs qui sont peut être allés plus vite que ses sentiments. Alors je vais essayer de croire en elle un peu, mais c’est difficile quand on ne croit plus trop en soit.

Quand on s’est embrassée, elle a dit un peu maladroitement : Enfin, tu te décides. Je l’ai regardé, étonné, je sais plus ce que j’ai dit, c’était encore plus maladroit, je crois. Mais je suis plus sournois, j’ai dit « on » au lieu de tu, au lieu de je. Elle était tout de suite incluse dans ma maladresse. Elle était la maladresse même. Avant qu’on s’engueule, d’ici 2 jours, je devrais lui dire : Ce bisous, ces bisous, il y a quelques chose qui s’est envolé après. Je sais pas quoi. En principe, les bisous font décoller. Celui là a juste volé.

Elle va faire la gueule. Espérons qu’elle pleure. Je veux qu’elle pleure.