« Let’s Love »

Posté le : 6 novembre 2008 | Addikted | 1 Commentaire »

Je pense qu’elle est née en 1974. Premier enfant en 1998. Le deuxième en 2001. La petite dernière en 2005. Trois pères différents, chaque enfant porte le nom du Papa. Son prénom est parmi les plus populaires en 1974. J’ai vérifié.
Ce n’est pas par hasard qu’elle est née en 1974. C’est une année de bons trentenaires : Mes lectrices.

Je l’ai fait naître en 1974. Je vais la faire naître à Reims. Une ville qui a un club en Ligue 2. Je ne veux pas la faire naitre à Metz, ce serait trop gros, je veux maintenant qu’elle devienne crédible. C’est difficile de transformer une personne en personnage. En personnage crédible. La réalité en ma réalité. Crédible. La réalité en fiction. Crédible. Reims est une ville aussi modeste que sa vie. Je vais la faire vivre en banlieue parisienne, son existence professionnel est banal : C’est une fille qui n’a pas les mains de l’artisan, qui n’a pas l’esprit tellement fin. Elle travaille dans un Lycée privé, avec un diplôme d’éducatrice spécialisée. On ne sait pas trop dans quoi elle s’est spécialisée. Sa vie de famille n’est qu’une bombe à fragmentation qui n’a toujours pas fini de se fragmenter.

Je vais lui faire faire le truc qu’elle ne fera jamais. Qu’elle ne pourra faire que dans ma fiction : Elle va abandonner ses gamins. Du jour au lendemain. Elle va les abandonner en rentrant des courses, et après avoir ranger attentivement la chambre de la petite dernière, un après-midi de RTT. J’en ai marre que l’on parle des mères divorcées, seules, j’en ai marre de Desperate Housewives. Qu’on les applaudisse, les félicite, qu’on s’attache. On les regarde comme des handicapés en chaise : Trop de condescendance. Ces femmes on sourit avec pitié quand on les voit faire les courses avec des pièces de 5cents. On les voit se battre contre leur, trop rapidement caractérisé, « mauvais » maris… On… Putain… Je les veux détestable, égoïste. Complètement à côté de la plaque. Je veux une femme qui s’en fout, qui se casse : C’est pas pour moi la famille finalement, j’ai essayé, j’en ai même fait trois, croyant que… Mais non, ciao. Détestable et réelle.

Dans les fictions (écrites par n’importe quel sexe), les femmes qui ne veulent pas d’enfants découvrent qu’elles en veulent un le jour de la naissance du premier. Ce n’est plus crédible. Je vais la faire naître en 1974 mon héroïne. Elle va surtout renaitre en 2008 : Si je prends le temps de conter son histoire. Mais j’ai les cours, j’ai ma femme, ma femme à moi, à trouver, mon ex à oublier, j’ai plein de trucs en tête, et c’est assez difficile de faire vivre un personnage quand on n’est même pas capable de faire vivre sa propre personne. Surtout sur mon temps libre, je vais lire Tristan Garcia au lieu d’écrire. Quel gros con je suis.


« (vide) »

Posté le : 5 novembre 2008 | Addikted | 0 Commentaire »

C’est sortie d’un roman de Nicolas Rey qu’elle est venue chercher sa fille une dernière fois. Elle m’a parlé du divorce. En instance. Son – encore – mari qui la croit lesbienne. J’ai lâché un rire nerveux. La décision de justice se fera dans quelques mois, en attendant « elle se reconstruit ». Ma larme au bord des yeux était aussi sincère que mon envie de dormir sur sa croupe. Elle nous a félicité pour notre encadrement, et c’était super. Le mot super quand je l’emploie, faut le lire comme on regarde les smileys qu’utilisent sa petite sœur de quatorze ans quand elle parle avec ses copines. Super, quoi. Super. Une fille super.

Elle a trois enfants. Trois noms de famille différents. Aucun ne porte le sien. C’est le genre d’histoire que je n’ai même pas songé inventer. Sa vie, elle peut se construire avec une narration classique : Un narrateur par chapitre. N’importe qui peut raconter : Ses parents, l’ex mari, l’ex mari, l’ex mari, les enfants, elle, une amie, moi. Moi qui couche avec elle. Son amie qui couche avec elle. Moi qui couche avec son amie. Le quatrième né qui conclura le livre. Tout le monde devient intéressant : A son truc à dire.

Je lisais l’article branlette de Maïa. Et elle parle des hommes, à la fleur de son désir : Comme des kleenexs prêts à moucher sa morve. A expulser son excitation, elle essaye de dire poliment.
Quand j’étais jeune, je me masturbais d’histoire. Je me branlais de situation. Un truc qui me faisait bander c’était la scène dans French Beauty où HPG ne finit pas de coucher avec sa femme, il n’arrivait à rien. Dans le lit à s’imaginer la meilleure amie de sa fille, il était incapable d’éjaculer dans sa femme à moitié endormie. Cette scène me foutait une tonne de frissons, avec le HPG tout penaud qui se cherche une vie. Un peu comme moi le branleur au fond de son lit, qui tenait sa queue dans la main sans trop savoir pourquoi. Parce qu’un pote avait dû lui montrer au début du collège.

Plus qu’une image de la femme, je me masturbais sur l’image que la femme me renvoyait : Je me plaisais à être ce type un peu dégoutant, un peu pathétique qui arrivait à coucher avec ces filles déçues. Maintenant que j’y pense je me masturbais en ne pensant qu’à moi. J’avais quinze ans.

Aujourd’hui ça a changé, j’ai assez d’argent pour les prostituées.


« Professions & catégories socioprofessionnelles »

Posté le : 3 novembre 2008 | Addikted | 0 Commentaire »

Le seul truc que j’ai appris en Socio au Lycée, c’est que je ne coucherai qu’avec des filles de ma PCS ou d’une PCS inférieure. Dans mon Lycée bourgeois, où toutes les filles étaient d’une PCS supérieure, j’ai voulu faire mentir ma prof. C’est après-bac que je me suis dépucelé.

J’aime trainer dans la rue l’hiver, car par la fenêtre, je vois ce que les gens font. Un de mes voisins a acheté un putain d’écran HD. L’énorme carton est devant l’immeuble, sa fenêtre brille plus que les nôtres maintenant. Encore une fois, c’est en en allant dans le plus profond dans mon égocentrisme, que je prends le temps de voir comment vivent les autres. L’égocentrisme est un mal nécessaire. L’égocentrisme comme la masturbation n’aurait jamais dû être autant diabolisé. L’un et l’autre sont les meilleurs moyens d’éviter l’égoïsme : Dans la vie, en amour. Sans la masturbation, je n’aurais jamais autant considéré et reconsidéré les femmes. Et rereconsidéré. Et rerere…

J’ai écris mon prénom à l’envers chaque fois que je voyais de la buée sur une vitre. Même sur mes lunettes. Enfoui dans mon écharpe, la buée sur mes lunettes est le seul truc qui me signale que je fais des trucs un peu vivant quand je suis seul. Pas de mélancolie, j’ai gardé le silence avec Elle, j’ai même arrêté d’écrire des textos que je ne lui enverrai pas. Je vais mieux, ça veut dire. J’ai échangé deux trois banalités avec la fille du train qui ne le prendra plus pendant trois mois – bon timing. Surtout j’ai flirté avec mes algériennes. Celle que je préfère passe son temps à passer sa main dans mes cheveux. C’est un truc que je trouve particulièrement cool.

Mon ex m’a officiellement chopped & screwed, car peu importe ma réaction : Mon silence ou mon attention, elle pourra s’en victimiser. C’est pour cela que je ne lutte pas trop. J’y vais tranquille et je fais attention à mes vêtements comme Don Draper dans Mad Men. J’y vais tranquille et je fais attention aux autres femmes. Je suis amoureux de la mère de Laura, je ne kidnapperai pas sa fille finalement. Elle a des yeux bleus que ses enfants n’ont pas. Le père a tout volé à la conception et ce n’était pas les étoiles. Elle me tutoie avec beaucoup de respect et chaque matin plus que sa fille, c’est elle que j’ai envie de voir. Elle n’a rien de très sexy. Elle n’est pas la MILF sur laquelle on se masturbe. Chaque fois je la fais rester plus longtemps, elle me parle de comment Léa fout le bordel dans la chambre, sort les jouets des caisses. J’écoute avec un sourire super attentionné. J’imagine parfaitement être l’amant de ces femmes simples. J’imagine parfaitement être l’amant de ces femmes qui n’ont pas besoin d’amant. Un peu comme la Nintendo Wii, j’imagine être dans tous les foyers sans avoir à justifier mon utilité.

Je jouerais bien à la Wii sur l’écran de mon voisin. Je coucherais bien avec sa femme, aussi.


« Raoul »

Posté le : 2 novembre 2008 | Addikted | 2 Commentaires »

L’estomac en difficulté, retourné, est d’autant plus lié à l’activité du cerveau : Malade, j’ai rêvé de trucs hallucinants. Des gamins tous obèses qui dessinaient des maisons au feutre noir sur un plafond blanc, accrochés avec une sangle. Je me suis réveillé pour vomir. Je suis revenu, goût acide dans la bouche, je tremblais sous la couette. La diode du MacBook clignotait dans la chambre alors j’ai commencé à rêver que j’étais à Biarritz pour voir une éclipse solaire, mes yeux prenaient feux et les gens me regardaient, impuissants. J’ai vomi ma bile au réveil. Ça allait mieux après. Mes rêves sont redevenus moins stressant : Tout noir. L’estomac, vide.

jai bo me brossé je pence qu’un jour il faut qu’on parle mm si tu veux pas ! javoue jai fais une connerie je te demande pas de me pardonné loin de la jen suis consciente voila je tenais a te le dire bonne nuit

C’est au réveil que j’ai lu ça, quand je n’étais plus malade physiquement. Il a fallu qu’elle rouvre sa gueule pour que je redevienne malade d’elle. J’ai voulu lui répondre au début : Je n’ai rien à te pardonner, au contraire, tu m’as ouvert les yeux sur notre relation inutile, merci, vis ta vie. Mais je me suis abstenu, ce qu’elle veut c’est le dialogue, parce qu’elle sait qu’elle va gagner, qu’elle va prendre le dessus. Elle sait qu’en parlant, elle arrivera à retourner le truc pour que je culpabilise à mon tour, de l’avoir abandonné ou je ne sais pas quoi. Alors j’ai commencé à écrire : Mange moi chacun de mes orteils, peut-être qu’on discutera. J’ai fermé le slide du Samsung dans l’instant. Sclap. Avant de le rouvrir pour écrire d’autres textos que je n’enverrai pas.

Sérieux, on a quoi à se dire qu’on ne sait pas déjà ? Sclap.
Non mais je suis passé à autre chose là. Sclap.
Bonne journée. Sclap.
J’ai envie de toi, juste se voir, te bouffer littéralement et ne plus jamais se parler. Sclap.
Si c’est pour me chanter Vitaa : A fleur de toi, j’connais. Sclap.
Non sérieux, on n’a rien à se dire, t’es trop décevante pour que l’on discute. Sclap.
Rien que pour te faire chier, je te pardonne. Sclap.

J’ai vidé mes brouillons, ensuite. Ma mère a fait un Poulet Rôti. C’est dimanche.