« Ex Utero »
Posté le : 25 novembre 2008 | Addikted | 3 Commentaires »(Le GQ c’est le truc que j’achète quand la SNCF a des problèmes. Quand j’attends un TGV ou un TER… etc… Une histoire de sigle. De cinglé.
Ne l’achetez pas, le GQ de décembre n’a rien d’intéressant sauf l’interview de D’Ormesson par Beigbeder. De Jean D’Orm par Fred Beig. Des cinglés, comme moi, des gens trop légers pour être écrivain. A la différence : Ils en vivent.)
« Copine » Peggy Sastre sort un bouquin. Ex Utero, pour en finir avec le féminisme. Un livre pour toutes celles qui se sont entendu dire que le sexe c’était grave, qu’un enfant était la plus belle chose qui pouvait leur arriver, que sans homme la vie serait un enfer. Un livre pour celles que l’on a mises en garde, à qui on a conseillé de faire attention et pour lesquelles on a délimité quelles choses étaient à faire, et celles qui ne fallait pas. Un livre pour au moins comprendre comment on en est arrivé là, comment un idéal à l’origine émancipateur s’est rapidement gangrené en manuel de bonne conduite dans lequel dignité signifie vertu. Un livre pour découvrir que des millions d’années de sélections évolutives successives ont modelé le corps et les comportements des femmes en fonction d’une tâche unique : assumer la reproduction de l’espèce. Un livre pour saisir qu’un discours libérateur ne sera jamais efficace s’il ignore le bagage biologique sur lequel les dominations reposent. C’est chez La Musardine dans la collection l’attrape-corps.
Je le lirai. C’est intéressant parce que j’écrivais les premiers rush de mon prochain roman non abouti. Celui sur la mère qui abandonne ses enfants parce que ce n’est pas pour elle finalement, d’être maman. Elle laisse ça aux égoïstes : À sa mère, à ses ex-maris, aux femmes sur internet, aux femmes qui regardent les devantures de vêtements pour enfant, mais tu choisis un vêtement pour ton enfant ou pour toi quand tu vas dans cette boutique ? Elle dira dans ses longs moments d’introspection qui alimenteront mon récit. Peggy Sastre est née en 1981. Doctorante en philosophie des sciences, elle collabore au magazine Chronic’art où elle tient, entre autres, la chronique web l’Ère de rien. Auteur d’essais de vulgarisation scientifique comme Sexe Machines (avec Charles Muller, aux éditions Max Milo en 2007), elle est aussi traductrice, me dit le mail du service presse de l’éditeur. Putain, Peggy elle a un doctorat en philoj’aipaslulasuite et elle apprécie ce que j’écris. Je vais aller dire ça à ma mère. Maman, sache que j’écris pour en finir avec le féminisme.
C’est ma mère qui m’a transformé en féministe. Une femme aussi réac et simple, qui aurait eu la même vie dans un monde avec ou sans la pilule, eu les mêmes idéaux avec ou sans l’émancipation de la femme, reçue une éducation où tu ne grandis pas pour toi mais pour préserver l’histoire de la famille : Les vignes, le verger, le chai dont tout le monde se fout… C’est ma mère qui m’a transformé en cette espéce de féministe avant gardiste, et aujourd’hui, féministe convaincu que je suis, je pense que le salut de la femme viendra surtout quand elle n’aura plus le monopole de la gestation. Elle sera enfin libérée de cette pression.
Et surtout, je pourrais faire un enfant sans elles. C’est le seul truc dont j’ai besoin, moi, dans mon éducation de petite fille né garçon et élevé dans un univers mi libertaire mi tradi : Faire un enfant. Ex Utero est un excellent titre pour mon combat féministe à moi et je le récupérerai sans avoir lu ton bouquin, Peggy.


Juste un petit message d’encouragement pour dire que je continue à te lire, et que la plupart du temps, j’aime ce que je lis ici.
Cheers
salut copain :) quelques corrections : la collection s’appelle « l’attrape-corps » et doctorante signifie que je n’ai pas encore de doctorat, mais que cela ne m’empêche pas de me la péter
mais sinon, sache que je te cède bien évidemment mon monopole
kiss ya
Ouais, chut chut pour doctorante, ma mère n’est pas censée savoir.
Je corrige tout de suite le nom de la collection.