« Ramadan (10) »

Posté le : 12 septembre 2008 | Addikted | 0 Commentaire »

Il est insouciant après 16h30 dans le square. Son petit frère. Il répond à ce qu’on lui dit et n’hésite pas. Il charme la blonde de l’autre CP. Il avale son goûter en nous regardant fixement, il regarde surtout sa sœur. Il dit : T’en veux hein. Il s’approche d’elle colle le BN contre sa bouche et veux la forcer à manger. Les mères nous observent, quelle idée de faire un enfant aussi jeune, elles pensent. Aucunes n’a plus de 25 ans.

La masturbation est autorisée pendant le ramadan. Non je dis ça parce que c’est la requête qui revient le plus en ce moment. Je reçois des mails de jeunes ados arabes qui me confondent avec leur imam. Alors je leur dis : Branle toi. Mais la nuit hein. Branle toi : La nuit. Le ramadan, c’est comme Noël chez un chrétien, c’est un moment familial, de partage, ou t’aides ta mère à faire le repas pendant l’aprem, ou tu sers ton père qui revient de l’usine (les croyants grandissent dans des familles pleines de clichés). Où tu remanges avec tes potes au KFC sauf si tu en profites pour voir ta meuf qui n’a pas mangé grand chose – Elle n’a pas très faim, le soir – mais qui se maquille depuis 20h15. Le ramadan c’est aussi une bonne masturbation vers deux heures du mat’ quand tu rentres enfin et que ta copine avait d’autres trucs à penser. Non, sérieux, masturbez vous. Les imams demandent pendant le ramadan de faire des concessions, de réfléchir sur soi, sur la société. Il faut profiter du ramadan pour se connaître toujours plus. Connaitre ses limites, juger sa foi, évaluer celles des autres, éviter de devenir fanatique. En un mot : Pour se masturber. Je ne suis pas imam.

Le coran est un livre sexy. Je comprends les fanatiques. On y parle de jeunes vierges qui sont comme des perles à enfiler. Quand tu replaces le coran dans son contexte, tu retrouves toute la tradition littéraire arabe : Pleine de double-sens et d’allusion sexuelle, pleine de romantisme aussi. Les arabes avaient le zéro, pour les maths, et des étoiles dans les yeux, pour la littérature. Ils écrivaient avec des étoiles dans les yeux. Comme tous les livres sacrés, la femme a du mal à trouver sa place. Encore une fois, c’est parce que ces livres n’ont pas été écris après 1968. Enfin, il parait, je n’étais pas né. Il n’empêche que le Coran comme la Bible a fait pas mal progresser certaines sociétés païennes sur la position de la femme. Mahomet est le premier à dire qu’Elle est l’égale de l’homme. Je ne sais pas si il a dit à sa femme qui avait neuf ans ou à la cinquième, mais il l’a dit. Jésus, lui, demandait à ceux qui étaient sans pécher de jeter la première pierre. C’est d’ailleurs le verset préféré de mon grand-père. Il nous en parlait souvent.

Jésus se rendit à la montagne des oliviers.
Mais, dès le matin, il alla de nouveau dans le temple, et tout le peuple vint à lui. S’étant assis, il les enseignait.
Alors les scribes et les pharisiens amenèrent une femme surprise en adultère;
et, la plaçant au milieu du peuple, ils dirent à Jésus: Maître, cette femme a été surprise en flagrant délit d’adultère.
Moïse, dans la loi, nous a ordonné de lapider de telles femmes: toi donc, que dis-tu?
Ils disaient cela pour l’éprouver, afin de pouvoir l’accuser. Mais Jésus, s’étant baissé, écrivait avec le doigt sur la terre.
Comme ils continuaient à l’interroger, il se releva et leur dit: Que celui de vous qui est sans péché jette le premier la pierre contre elle.
Et s’étant de nouveau baissé, il écrivait sur la terre.
Quand ils entendirent cela, accusés par leur conscience, ils se retirèrent un à un, depuis les plus âgés jusqu’aux derniers; et Jésus resta seul avec la femme qui était là au milieu.
Alors s’étant relevé, et ne voyant plus que la femme, Jésus lui dit: Femme, où sont ceux qui t’accusaient? Personne ne t’a-t-il condamnée?
Elle répondit: Non, Seigneur. Et Jésus lui dit: Je ne te condamne pas non plus: va, et ne pèche plus.

Je le vois encore dans la Peugeot 405 blanche nous le récitait de tête et insistait. Nous dire et redire que c’est son passage préféré de la Bible. Moi je ne l’écoutais pas trop, je pensais à ce que j’allais manger dans le Pizza Del Arte après la messe. Pour finir deux livres qu’il faudrait m’acheter : Salim Bachi, Le silence de Mahomet chez Gallimard et A. J. Jacobs, L’Année où j’ai vécu selon la Bible chez Jacqueline Chambon.



et vous