Posté le : 7 juillet 2008 | Addikted | 0 Commentaire »

Toute ma vie de Septembre à Juin vient de disparaitre. Demain à 8 heures, accueil des gamins. La bise aux parents. Ma vie normale reprendra le 1er septembre.
Je flirt déjà avec ma stagiaire, une skin de 17 ans. Doc Martens et polo Fred Perry. Ses cheveux coupés au hasard. Flirter avec sa stagiaire, c’est s’assurer d’une bonne ambiance dans l’équipe. C’est mettre toutes ses cartes en main pour tenir en haleine une trentaine de gamins pendant deux mois. C’est avoir chaud pendant les campings. Sous le duvet, ses jambes mal rasées qui entourent les nôtres. Lui dire je t’aime. Se réveiller avant tout le monde pour ne pas se faire charrier.
Cela fait un an que j’attends ce moment. Ma matinée de demain. Je suis monté en grade. Je suis maintenant une référence. Les parents me reconnaissent. Ils me sourient à Intermarché, me saluent dans la rue. L’année prochaine, j’essaye d’être dans une direction. Et dans quatre ans, je suis maire.
Je travaille donc pour la mairie tout l’été.
Je suis donc dans Chronic’Art tout l’été.
Il me faudrait du sexe tout l’été.
Salu, t ou?Ca te dit, on svoit ?Dans une demi-heure au square.J’ai pas envie d’attendre demain matin pour te tirer les cheveux.
Posté le : 4 juillet 2008 | Addikted | 0 Commentaire »
Je suis dans mon lit. Je pense à elle. Macbook sur les genoux. Elle a bloqué son profil comme on remplace la haie de sapinettes par un mur de briques. Pour que le voisin, en face, arrête de regarder chez nous. Arrête d’envier les barbecues que l’on fait du jeudi soir au dimanche midi.
Je peux voir des photos récentes d’elle car nos amis communs en ont tagué. Elle fait sa négligée depuis que l’on s’est quitté. Je remarque qu’elle remet tous les vêtements que je n’aimais pas. Ses cheveux aussi : Elle les coiffe aujourd’hui comme je l’ai décoiffé hier. Je fais tout le contraire moi. Je m’habille, me coiffe, souris, exactement comme elle le désirait quand on était ensemble. Je ne sais toujours pas quelle attitude énerve le plus l’autre. Mais je sais que je protège mieux ma vie privée qu’elle. Elle n’y pige rien à l’informatique, ne sait ni activer, ni désactiver une option. Être un nerd en 2008, c’est gagner les ruptures. C’est arrêter de donner des munitions, éviter de se faire tirer dessus. Elle pose avec son nouveau gars et lui envoie des hugs. Il n’y a qu’avec moi qu’elle n’a pas été niaise dans sa vie sentimentale.
Sur le profil d’une fille avec qui j’ai travaillé, il y a Manon, née en 88. Elle aime Musset, cite Mysterious Skin et écoute MGMT. C’est dans mes critères pour tomber amoureux. J’essaye de négocier une rencontre, mais tout le monde est en vacance. Ce n’est pas un mois, Juillet, pour se marier. Ce n’est pas un mois, Juillet.
Mes parents fêtaient leur anniversaire de mariage aujourd’hui. Trente-deux ans. Ils nous ont invité au restau. Ma mère ne veut toujours pas me dire comment ils se sont rencontrés. C’est un secret, elle a dit. Toi aussi tu auras des secrets avec ta femme. Chacun de mes secrets fera l’objet d’un roman, je lui ai répondu. Chacun de mes procès pour diffamation est une femme. Mieux : Chaque femme est une diffamation. Allez Maman, raconte. Tu le sauras sur mon lit de mort, je te promets. Ce n’est pas avec ma mère que j’ai appris à être romantique. Ah ça.
Posté le : 3 juillet 2008 | Addikted | 8 Commentaires »
Ingrid Bétancourt en live hier soir. J’en avais rien à foutre d’Ingrid Bétancourt, entre nous. A part quand je voyais Mélanie faire ses défilés de robe à fleur chaque fois que le comité de soutien faisait parler de lui. J’ai toujours aimé les joues de Mélanie, elles sont rondes, attendent mes bisous. L’instant le plus fort c’est quand Ingrid et sa maman se sont mises à genoux pour prier. C’est très important pour un chrétien de voir une femme forte, acclamée et respectée tenir fort son chapelet et remercier d’abord Dieu, ensuite Uribe et l’armée.
Quand Ingrid est sortie de l’avion, je me suis dis : Masha Allah !
Je suis ironique.
Par contre j’ai réellement eu un regain de foi devant Ingrid. Une femme aussi pragmatique, aussi puissante et charismatique est la preuve qu’on est peu sans la foi. La libération d’Ingrid Bétancourt représente pour moi non pas la victoire de la liberté mais la victoire de la foi, de l’union, de la communion. Le Vatican a été l’un des premiers « États » à se féliciter de cette libération, presque en même temps que la France. La raison à ça ? L’Amérique latine est un lieu important pour le Vatican, c’est là bas que se concentre les plus chrétiens des chrétiens, c’est là bas que la flamme de la chrétienté brule puissamment et éclaire les autres nations qui ont délaissé Dieu, préférant Steve Jobs et le crack. Les blogs et les adolescentes.
Je crois en Dieu, très peu au Vatican. Ingrid Bétancourt, à genoux sur le tarmac, chapelet caché par son poing. C’est l’image qu’il manquait au Vatican pour cette année sans jubilé. Sarkozy ne s’est pas essayé à une récupération, il ne s’est pas félicité : Il est resté le plus sobre hier soir. Et moi : Le plus étonné. L’Église romaine n’hésitera pas, elle a moins d’état d’âme qu’un général des FARC. Allez à la messe dimanche, pour tourner vos prières vers ceux qui restent en captivité, et surtout écoutez bien l’homélie, écoutez bien la prière universelle. Sainte Ingrid est née. Née un 2 Juillet.
Posté le : 1 juillet 2008 | Addikted | 4 Commentaires »
1991. Mes premiers souvenirs datent de 1991. Dans le jardin de ma marraine, le papier peint avec les petites fleurs de ma cousine. La maternelle aussi. La dernière année, je savais lire et ça allait changer ma vie. En 1991, je n’avais pas encore sauté de classe. Ni redoublé. J’habitais Limoges. En 1991 est sorti « Toto le héros ». Je l’ai vu en 1998 : Ce film m’a profondément marqué. On jouait à la Nes chez ma nourrice. Deux ou trois bâtonnets de poisson ? Elle avait demandé. Mon frère avait répondu : Dix. Il les a mangé ses dix bâtonnets de poisson. C’est resté. Il avait déjà 11 ans lui, c’était un grand.
1991, c’est aussi l’année de naissance des filles avec qui je vais travailler cet été. Ça m’a fait un putain de choc de lire ça sur la liste. 1991, putain. Quand je parle d’adolescentes, de filles nues dans mon lit, je pense à 1988. À 1986 au pire. Je viens de me rendre compte que mes adolescentes ont déjà fêté leurs vingt ans. Je ne pensais pas qu’une fille pouvait avoir dix-huit ans en étant né après 1990. Je n’aurais jamais cru cela possible.
Embrasser des filles de 1991, c’est comme inviter sa petite sœur dans son bain et regarder les poils qui commencent à apparaitre sur son bas ventre : Un truc qu’on ne raconte pas. Embrasser des filles de 1991 est une situation exclusive à mon imagination : Je n’ai pas de petite sœur. Je ne pourrais pas avoir de relations saines et professionnelles avec ces filles de 1991, car elles sonnent pour moi comme un mythe. Je pensais, jusqu’à les rencontrer, je pensais qu’elle n’existait pas. Naitre après 1990, je croyais que c’était un truc réservé à mes petites cousines. Celles qui portent la traine pendant les mariages, une fausse fleur dans les cheveux.
1991. C’est avoir 17 ans en 2008. Et merde, je n’ai aucune idée de ce que c’est : Avoir 17 ans en 2008. Intérieurement ça me ronge : J’ai deux mois pour apprendre.
1991 c’est juste avant « Vanished ». C’est exactement ce que je vais faire. Vanish.