Posté le : 21 juin 2008 | Addikted | 0 Commentaire »
Le restant de la colère de Dieu. Mon grand père adorait dire ça quand on se ramenait de son jardin ou qu’on se réveillait le dernier. Mon père lui a récupéré cette expression. J’appellerai mes enfants comme ça. Dans ma tête, petit, je voyais plein de petits éclairs autour de moi quand on me disait ça : Sangohan. Tu te sens à la fois valorisé et remis à ta place. C’est un statut spécial d’être le restant de la colère de Dieu. Je crois qu’Il ne l’accorde pas à tout le monde. En tout cas c’est ce que je me dis de Lui.
Les jeunes bourgeois en terrasse s’embrassent comme Judas. La petite amie, le teint déjà halé, est sortie avec les deux. Peut-être même qu’elle sort encore avec les deux. T’as déjà vu cette fille, il n’y a pas longtemps. On t’avait même raconté une histoire sur elle. Une santiag dans son visage, les larmes qui se mélangent au sang du nez cassé. C’était une autre fille, mécontente, qui lui en avait « foutu plein la gueule ». C’est une expression que mon père dit souvent, ça aussi. « S’en foutre plein la gueule ». En général c’est à propos de la bouffe – Ironique pour un diabétique. Mais il peut très bien l’utiliser quand deux filles décident d’en venir aux mains. Santiag contre Converse All Star. Les chaussures : À la main. C’est toujours dans les vestiaires après l’EPS que les rivalités atteignent leur paroxysme.
Il semblerait que ce soit le 21 Juin. Tous mes 21 Juin ont été dramatique. Des ruptures difficiles, des retours de trip difficiles. Parfois les deux en même temps. Maintenant je n’y vais que pour voir les filles, celles dont le conseil de classe a dit : Ok, c’est bon pour la Première L, avaler des shoots de Vodka. J’écoute de la musique produite sur des Game Boy comme pour exprimer mon désaccord avec cette fête. Je m’y serais pris à l’avance, j’aurais organisé un live 8 bits dissonant avec un drap derrière moi. Où j’y projetterais des images de mecs cagoulés pétant la gueule à des groupes inécoutables lors de Fêtes de la Musique précédentes.
Posté le : 20 juin 2008 | Addikted | 0 Commentaire »
J’ai deux bustes du Maréchal Pétain sur le buffet.
Je ne vais pas expliquer pourquoi maintenant.
Faut savoir que l’histoire de ma famille, c’est un truc qu’on pourrait lire dans Vice. Mon nom. Mon nom de famille vient d’une grossesse non désirée. Un soldat napoléonien qui passait en Belgique et qui a engrossé la fille du charron. Ce qui est intéressant c’est que du côté de ma mère, il y a presque la même histoire, mais dans le sud ouest. Le soldat napoléonien, un autre, partait calmer les espagnoles qui voulaient leur indépendance. Et aujourd’hui il a laissé son identité génétique dans notre sang et deux points d’interrogation à coté du nom de mon arrière-arrière-grand-mère sur l’arbre généalogique. Les guerres ont sauvé les peuples de la consanguinité. On les a remplacé par Erasmus.
On pourrait faire une analyse sur les filles engrossées dans les villes étapes de l’armée Napoléonienne et voir comment ça a influencé les familles de ces zones. Il y a un forcément un taré qu’a fait une thèse là dessus.
Je risque de partir à Prague en Septembre. Juste avec mon macbook. Et mes salaires estivaux.
Posté le : 18 juin 2008 | Addikted | 6 Commentaires »
Je ne suis pas un blog d’information. Ouf. Mais le point commun de tous les blogs d’information, avec le sempiternel article des « stats », c’est qu’au milieu de l’actualité qu’il fournit, t’as toujours un putain d’article perso sans intérêt : Long. Je pense à ça en lisant Presse-Citron. Il titre : La fable du blogueur qui aurait avalé un journaliste. J’aurais titré : Le complexe de la petite bite.
C’est là pour moi la seule vraie différence entre « le journalisme » et « le blog » : Dans le blog, un article sur deux est de la branlette reconsidératrice. Qu’est ce que je fais ici ? Quel est mon but ? Ce café est-il bon ? Un article sur deux est un état d’âme, révélant une intégrité certaine, mais insistant surtout sur le complexe de : ne pas savoir faire. Le complexe de : trop en faire. Le complexe d’ : avoir une petite bite.
Un blogueur, aussi bon soit-il, ne sera jamais pris au sérieux si, à chaque article, on le voit se questionner sur sa condition et conclure par un, très faible, au fond je ne suis qu’un blogueur.
Je n’ai jamais fait ça, sauf aujourd’hui. J’en profite. Sachez : Mon blog, c’est le truc que j’ai fait de A à Z (à part coder WordPress). Mais du layout à mon style pompeux. De la sauvegarde sql au commentaire sur ses seins. De mes redirections .htaccess à la bouteille de champagne dans ses fesses. De la communication au suicide rédactionnel. Je décide tout. Et la seule contrainte que je veuille m’imposer c’est le nombre de signes. En écrivant pour Chronic’Art, je me suis rendu compte que 1400 signes c’était génial. Un peu court pour conclure : Génial. Je vais m’obliger à écrire en 2000 signes maximums maintenant. Que ce soit la scène du quotidien avec elles ou la description d’une fellation dans ce dernier porno. 2000 signes pour arrêter de décrire ses ongles. Je lui ai dis d’arrêter de les ronger. Je lui ai dis de les traiter, de les limer. Elle ne m’écoute pas. Me pince le bras, continue de se ronger et m’envoie le tout sur le visage en riant habilement.
Posté le : 17 juin 2008 | Addikted | 0 Commentaire »
Cyprine. Kératine. Gélatine. Concubine. Acoquine. Pepsine. Moleskine. Doctrine. Mandoline. Illumine. Magnanime. Magnanime ?
Depuis qu’elle s’essaye à la poésie, elle m’appelle tous les soirs. Pour que je lui trouve des rimes. Des mots qui sonnent. Magnanine ? Non, Magnanime. Je répète. Magnamine ? Magna… J’arrive pas à le dire… Magnanime. « Magna » comme le boss. « Nime » comme la ville, les arènes. J’veux des mots en « ine », je m’en fous de Nîmes. Mais cherche sur google, je sais pas. Tu veux pas qu’on aille marcher plutôt ? Ok.
Elle m’a bipé une fois en bas. J’ai posé ma casquette sur le haut du crâne, mis à jour une dernière fois twitter : A trois heures du mat’, il n’y a personne. Elle a toujours un carnet avec elle maintenant. Je tends ma joue pour faire la bise, mais elle ne le voit pas. Concentrée à mordiller son stylo Manpower – Écrire, elle fait ça par intérim. Elle ne le sait pas, mais le seul sentiment qu’elle arrive à exprimer : C’est la frustration. Et c’est l’embout de son stylo, taillé, haché par ses dents distraites, qui l’exprime le mieux. Sur son carnet : Des ratures, des mots en « ine » posés en vrac.
Anakin. Badine. Amphétamine. Ombrine. Discipline. Line. Fouine. Colombine. Béguine. Bibine. Slim… Tu le fais exprès ?
On marche côte à côte, sans se parler. Elle regarde le ciel, puis son carnet, puis ses pieds, puis le ciel, encore. La lune qui ne l’aide pas. Je frissonne. Tu veux rentrer ? On vient de sortir. Tu ne m’aides pas trop. Tu refuses tous mes mots. Seulement ceux qui me gênent. Tu ne veux pas de mes je t’aime. Je ne veux que des « ine » & un peu de codéine. Tu commandes tout, tu fais ta tsarine ! Tsarine. J’aime bien tsarine. Je fais la moue. Tsarine, elle répète. Tu vois pourquoi j’aime nos brainstormings ! Brainstormin’, elle fait en écarquillant ses yeux satisfaits, le stylo en l’air. Elle m’embrasse sur la joue et note : Codéine, tsarine, brainstormin. Elle relit, insiste sur chaque syllabe : « Brain-stor-min’ ». Ah non. Elle rature. Elle pose le stylo contre ses lèvres, puis tapote son visage. Elle s’assoit sur un banc que l’on croise. Je reste debout en face d’elle, les bras le long du corps, je me sens un peu con. Elle recommence à mordiller, à s’énerver. Peu à peu je disparais : Elle ne m’a pas vu rentrer.
Sans toi, je crie famine. J’ai reçu par sms quand j’ai ouvert la porte.
Je l’ai supprimé.
Posté le : 16 juin 2008 | Addikted | 0 Commentaire »
AGF – Cognitive Modules Party II
Audion – Billy Says Go
Blaqstarr – Shake It To The Ground (Claude Von Stroke Remix)
Boy 8-Bit – Ghost House (Suspense Is Killing Me Pt II)
John Dahlback – July First
Prompt – Ambee
Kojak – You can’t stop it
Siriusmo – Mein Neues Fahrrad (Boys Noize Edit)
House Less – Tribar
Daedelus – Make It So