« Mimétisme »

Posté le : 28 juin 2008 | Addikted | 0 Commentaire »

Ce matin, je me suis réveillé. Juste avant d’aller à Disney. Et j’ai décidé. J’ai décidé de supprimer une partie de ma vie. De mon retour de classe verte (au CM2) à aujourd’hui.
Vous savez que hier, à la boum, j’ai refusé de danser avec Gaëlle, qui préfère Chafik, qui lui : Préfère Alexandra, qui elle : Aime bien Chafik. Mais j’ai dansé avec Noémie. Et son cousin n’a pas apprécié. Noémie vient d’une autre école, ils ont fait la classe verte avec nous. Ils ne sont pas de la « ville ». Ils sont dans un trip consanguin à la campagne. Leurs écharpes sont sang et or. Déjà en 1996, on ne l’inventait pas.

Voilà. J’aimerais lui envoyer des sms, mais je n’ai pas de portable. J’ai jeté la sim dans l’Oise : La différence entre le moi de 1996 et le moi de 2008 c’est une carte sim. Heureusement, elle n’existe plus. J’ose espérer.
Si je bosse avec les gamins, c’est pour revivre éternellement ma classe verte d’hier et me faire croire que l’on n’est pas obligé de grandir.

Et me faire croire que je peux, encore aujourd’hui, inviter des Noémie devant leurs cousins et leur dire de ne pas s’inquiéter si ma main caresse leurs fesses. À dix ans, hier, je pensais beaucoup plus au sexe qu’aujourd’hui.
J’ai le même cul qu’hier. Un petit cul tout dur grâce au tour de vélo que je fais continuellement dans le square au lieu de réviser mes tables. Mon meilleur ami est un pakistanais. Vous savez comment on s’est rencontré ? Il vit en face de chez moi et il m’a demandé si je pouvais copier Homework de Daft Punk sur une K7. Ce matin on était à Disney pour fêter ce hier, pour nous prouver qu’on peut supprimer tout ce qu’il y avait jusqu’à aujourd’hui sans que cela ne se remarque trop.

Si je supprime ma vie de la sixième à la fac : C’est pour supprimer la dualité – Enfant de la ZEP, adolescent du lycée bourgeois. Arrêter de choisir. Et commencer à parler vraiment avec ces Noémie sans m’excuser de n’avoir aucune réelle identité. C’est ce que tout le monde a l’air de faire.



et vous