Porn Lesson

Posté le : 20 avril 2008 | Porn | 6 Commentaires »

Roi Heenok en prison. Internet se fait la malle dans South Park. Vendredi soir, j’ai bu du gin avec des gens que je ne connaissais pas, dans un grand appart inconnu. Ecran géant pour sa Xbox 360. Mini bar privé. Neuf TV branché sur MTV Dance : Rétrospective des clips de Faithless. Sa petite amie dormait dans la chambre mais elle s’est réveillée quand elle nous a entendu. Elle était en mini-jupe, remontant constamment ses petites lunettes, très fines. Ses lèvres aussi étaient fines, elles les mouillaient avec intérêt entre deux gorgées de sirop à l’anis.
Les cheveux rougis par une coloration bon marché, elle n’avait qu’un truc en tête : Un terrain pour sa maison.

La redhead parlait aussi de pornographies avec intérêt. Elle voulait savoir combien on pouvait se faire. J’ai bu mon verre à petite gorgée avec un air concentré, je lui ai dis, très sérieusement, que ça dépendait de ce qu’elle voulait faire : Qu’il fallait choisir son genre. Tous les yeux se sont tournés vers moi. Ah ?

En amateur ? Avec un pro ? A ton compte ? Aujourd’hui avec les « box » et la bande passante élevée, tu peux faire hôtesse en free lance de chez toi, c’est pas vraiment porno, mais ça rapporte si t’investis au début pour te faire connaître. Sinon une séance chez un pro, un pro qui déclare ses actrices, tu peux te faire 200€. Juste une après-midi. C’est le cachet d’un petit disc-jockey. Faut surveiller les annonces dans les gratuits, ils recherchent des redhead en plus. Ils n’en ont pas assez.

Chez un pro, par contre, tu cèdes tes droits à l’image pour une utilisation plus ou moins abusive. Au mieux, tu feras partie d’un package qu’on vend aux diffuseurs, au milieu d’une quinzaine d’autres filles. Vu de l’extérieur, ça fait un peu « traite des femmes » mais le milieu est plus respectueux des femmes que la société en général. Par exemple, on peut reconnaître une parité dans les salaires. Peu importe ta race, ton sexe, tout le monde touche à peu prés pareil. Sauf si ton nom fait vendre mille dvd de plus. Le business du porno hétéro est le marché qui répond le mieux à toutes les attentes des féministes : Parce qu’il est géré par des amoureux insatiables et des… « post-féministes » on appelle cela, pour faire l’intelligent. Enfin, je te pose une vision plus idyllique que réaliste là.

Tu es un gros pervers en fait ? Non, j’ai bossé dans l’économie. J’ai simulé un audit pour un studio de porn. Je préférais ça à une usine recyclant les pneus. Elle a continué de poser des questions. Et je lui ai répondu comme je répondais sur mes copies en éco, il y a deux ans, à la Fac. Avec un ton scolaire caractéristique.
Mais si je veux me filmer avec mon copain et le vendre, je peux me faire des sous ? Pour le terrain de ma maison ? Il y a des réseaux de sites amateurs qui peuvent acheter ta vidéo, si elle est bandante et intéressante. Comprendre si tu jouis et que tu te donnes un air un peu dégueulasse. Sabrina Ricci faisait ça à une époque, même si ils ont toujours préféré recruter les couples et les filmer eux mêmes : C’est plus intéressant pour eux. Enfin tu ne te feras pas 40000€. Ne rêves pas. Le marché du porno est un marché qui est géré par une poignée de producteurs, ils se partagent le gâteau. C’est un marché oligopolistique. Mais, et c’est vraiment le bon terme, il est très pervers comme marché. Car il ne répond à aucune théorie. Le prix est décidé ni par l’offre, ni par la demande : Il est décidé selon une volonté divine et arbitraire. Les diffuseurs. Une main invisible.

En France, ceux qui vendent du porno n’ont aucun pouvoir, sauf entre eux, et dans les salons. Ceux qui vendent du porno, ne décident pas du prix : Ils ne régulent rien, ils survivent. Pour faire une comparaison, un studio porno assez reconnu est géré comme un petit label indépendant de musique : Il prie à chaque nouvelle sortie. Et passe son temps à démarcher à droite, à gauche. A innover dans la distribution, aussi, dans la volonté de se faire connaître. La pornographie a investi l’internet et le modèle économique online, bien avant que l’accés au web soit généralisé. Mais hors du circuit internet, les studios subissent l’humeur des diffuseurs contrôlés par un CSA soucieux de protéger abusivement nos petits frères. Ils sont alors obligés de produire des films sans ambition à grande échelle.

Après faut voir tes ambitions à toi. Mais le terrain pour ta maison, t’as autant de chance de le financer avec l’euromillion qu’avec la pornographie. T’as pas trop chaud avec ton écharpe ? elle a demandé pour conclure. C’est un foulard de chez H&M, c’est léger, j’ai répondu.


  1. 1 Brg (20 avril 2008 - 21:15) :

    Tu assois ton autorité sur une rousse puis sur tes lecteurs. C’est dégueulasse.

  2. 2 Amory (20 avril 2008 - 21:56) :

    Quand je ferais un porno, et cela arrivera, je ferais appel à toi.

  3. 3 Abstrait (20 avril 2008 - 22:37) :

    J’ai passé une soirée récemment, ici à Barcelone, avec des monteurs de porno… Drôle de métier finalement, d’être payé pour se repasser des scènes en boucle à longueur de journée, tout en essayant de rendre le plus attractif un scénario quasi-inexistant.

    Je ne sais pas si as lu ça, par ailleurs, un post sur le site Ladies Room, d’une actrice porno en fin de carrière, mais pas retraité, qui un regard lucide, et critique sur cet univers. Très intéressant:

    http://ladiesroom.fr/2008/04/15/mon-experience-du-porno/

  4. 4 Marc (20 avril 2008 - 23:45) :

    @Brg : Il y a bien qu’ici que j’assois une quelconque autorité.
    @Amory : Je suis impatient, donc.

    @Abstrait : Mon prof de P.A.O a refusé un job : Préparer le catalogue d’un vendeur de « jouets ». J’aurais tellement aimé qu’il me file le contact : Détourer des dildos et des canards en plastique toute la journée… Uh.

    Intéressant comme article, mais pas forcément à généraliser (comme ne pas généraliser ce que je dis, moi). J’aimerais vérifier ce qu’elle dit sur les meilleurs ventes : Le scato/zoo. Cela reste un fantasme marginal, et je pense que n’importe quel Russian Institute ou merde de chez Dorcel avec des bonasses se vend largement plus qu’un film avec des poneys.

    « Je me dis que le maquillage outrancier des hardeuses, est le masque du désespoir. »
    C’est une belle phrase, légèrement clichée, mais le maquillage outrancier, n’est pas l’apanage de tous les films non plus.

    Ce qu’elle écrit ressemble un peu à l’histoire d’une fille qui serait tombé sur un revendeur de gods puis sur des vidéos zoophile et se serait imaginé une vie dans le porno. Elle rassemble de bons clichés et offrent un discours emballé et pesé à un par terre de lectrices déjà pleines d’a priori.

  5. 5 Amory (21 avril 2008 - 20:03) :

    J’irais plus loin que Marc : ça sent le pipo ce truc.

  6. 6 Abstrait (21 avril 2008 - 20:49) :

    J’aime beaucoup cette vision des choses… Parfois j’oublie mon sens critique à la maison… A la fois je voyais pas l’intérêt de raconter de la merde avec un pseudo.. Mais réflexion faite, tout est possible.


et vous