J’aime l’odeur de ma salive

Posté le : 27 avril 2008 | A NerdZ Life | 1 Commentaire »

Soirée chez l’ami d’un ami de l’ami. Anniversaire. Pas prévu. Incruste. La petite-amie de l’hôte portait des bretelles. Elle était cutee. Drôle. Cutee, trop cutee. Les yeux fatigués, elle portait des bretelles. Merde. Des bretelles, allo. Je voulais l’embrasser et me casser avec elle. Changer sa vie. Changer la mienne. J’ai juste sifflé quelques kro. Cela m’a suffit. Ils avaient mis la radio, pour l’ambiance un peu pauvre. C’était Etienne Daho. J’ai gardé cette photo sur moi, ce photomaton que t’aimais pas. Je lui ai chanté de tête. Sur un jerk électronique, se nouent des amours ludiques. Be bop la vie c’est n’importe quoi. C’est la fête, c’est psychédélique, ne demande pas c’que j’fabrique. Je te répondrais n’importe quoi, j’en sais rien. J’ai piqué pas mal de mes tournures, de mes expressions à Etienne Daho. Ce n’est pas forcément une référence évidente quand on me lit. Mais Tombé pour la France reste la chanson la mieu écrite que je connaisse. Je crois bien que j’ferais n’importe quoi, pour te voir cinq minutes encore, à Sables d’or prés des dunes, je te raconterai n’importe quoi, ce sera bien.

Je crois qu’on est parti après ma performance sur Etienne Daho. Je crois qu’il n’y avait plus rien à ajouter non plus. On a roulé en forêt, cramé un peu d’essence en parlant des femmes et de musiques électroniques scandinaves. De snare dans la musique électronique scandinave. En revenant de forêt, on a fait crier les chiens du Point P qui surveillent le stock la nuit. Des trucs gamins.

De tous les shows sur MTV, Made est mon préféré. Le schéma d’un Made est le meilleur schéma des fictions-réalités de MTV : Vœu du héros, rencontre avec le coach, humiliation, démotivation, perte des amis originels, après midi shopping-relooking, remise en question, perte du petit-ami, entrainement, démotivation, compétition, victoire. Hug. C’est un show inadaptable en France : Il ne correspond pas à notre mentalité. On n’est pas trop pour la réussite en France. Surtout une réussite obtenue par le travail et la surmotivation. L’acharnement. On n’aime pas ça.
Le générique de Made est aussi le meilleur de tous les shows MTV : Des teenagers, petits, moches, gros, beaux, grands, minces, propres, face caméra – qui a un grain de Super 8, très classe – évoquent leur but ultime. Je veux être le meilleur revient souvent pendant le défilé American Apparel involontaire.
Ce samedi, la fille dans Made, petit bourgeoise : Mignonne. Elle a réussi à placer un backflip en BMX à la fin du show. Le montage était tellement bien foutu que j’ai crié « OUAIS » en sautant du canapé quand elle a atterri. Comme si le F.C. Metz venait de gagner la Champion’s League. Un « OUAIS » sincère. J’étais encore une fois tombé amoureux d’une fille créée entièrement par MTV.

L’année dernière, à la même époque, je faisais de la voile en Bretagne. Et on s’était amarré à coté d’un couple de vieux. Ils accueillaient leur petite fille. Quatorze ans, aigrie, qui ne voulait pas profiter du cadre, de sa propre chance. Elle s’appelait Adélie. Elle portait un manteau avec une capuche à moumoute. Adélie, ouais. Mon premier viol.

Dit-t-il d’un air détaché. Complètement ironique.

Précise-t-il pour ne pas avoir de problèmes.


Cascade

Posté le : 26 avril 2008 | A NerdZ Life | 0 Commentaire »

J’ai des ambiances dans la tête. Impossible à retranscrire. C’est des sentiments. J’ai la boule au ventre du premier amour et une migraine dans le fond du cœur. C’est peut-être une tumeur, je me dis quand un mal au crâne me réveille la nuit. Mais je ne suis pas hypocondriaque.

J’ai rêvé d’une galerie où un artiste exposait des draps, des housses de couettes, des taies d’oreillers. Colorés. L’expo s’appelait « Girls ». A coté de chaque literie exposée, un cartel était affiché où on pouvait lire le prénom d’une fille et son âge. Le mec exposait en fait ses draps après qu’ils aient vécu : Une nuit, une histoire, deux histoires, et cætera… Cinq ans d’amour, c’était préciser à l’entrée. Partout, des tâches. À regarder, à sentir. Gâteau au chocolat, Diet Coke, Kinder Bueno écrasé, ligne de raie des fesses… Parfois la lumière s’éteignait, remplaçait par une lumière noire. Sperm.
Je me rappelle du centre de la pièce. Ma petite amie, je visitais cette expo avec ma petite amie, une petite blonde la main moite, son visage n’est pas apparue pendant le rêve, était choquée. Au centre de la pièce, un drap blanc presque immaculé : Juste une petite tâche écarlate. Stigmate. Sur le cartel, on lisait : Chloë, 9 ans. J’ai demandé à l’artiste – Il était là – si c’était juste de la provocation merdique ou la réalité. Il m’a répondu : T’as qu’à vérifier l’ADN avec la voix et l’accent de Lynda Lacoste. Et je me suis réveillé.

Ma première pensée a été : Connard, si je vérifie l’ADN, je le compare avec quoi, ma petite soeur ? Et ma seconde pensée a été : Mais pourquoi je rêve ce genre de connerie ? Et je suis allé prendre un Doliprane 1000. Peut-être deux. J’ai bien dormi le reste de la matinée.

Dans le JT de Canal, il y a eu un sujet. Pete Doherty était exposé dans je ne sais plus quelle galerie parisienne. Et le mec, un faux thug presque la quarantaine en casquette New Era, était halluciné : Pete Doherty peint avec son sang. J’ai ris. Tellement galvaudé, Pete. Peindre avec son sang. Je préfère les artistes dans ma tête. Ils peignent avec les femmes.

Si j’écris tout ça, c’est parce que dans deux minutes les sous-titres de Lost seront disponibles. Et il fallait que je m’occupe.


Massiata, une grosse pute

Posté le : 24 avril 2008 | A NerdZ Life | 7 Commentaires »

Massiata est une grosses pute. C’est ce que j’ai appris dans le bus. Massiata, t’es ma déléguée, et t’es une grosse pute. Massiata a répondu d’un « Obama finger ». Discrétion. Ou c’était peut-être l’amie de Massiata qui a répondu. Je ne suivais pas trop, j’étais en train de mater une marocaine, vingt-cinq ans environ, très jolie. Elle faisait la gueule. Comme tout ce qui est jolie.

C’est des filles de mon âge qui s’occupent du recrutement en mairie. Une naturelle un peu ronde. Une trop maquillée un peu ronde. J’en ai profité pour écouter les conversations de mairie : Elles, il n’y a que des femmes au recrutement, elles ne parlent que de mecs chelous, de verre d’eau et de toilettes. Trois pauses pipi en cinq minutes.

Dans le bus du retour, c’était l’heure des lycéens. Et cette fille avait un œil vert et un œil marron : David Bowie. C’est mieux de voir ça sur MTV que dans son bus. Moins flippant. Elle est descendue à mon arrêt, a traversé le parc derrière moi, les yeux fixant le sol, fuyant les miens. Elle est dans une filière scientifique, je suppose. Je n’ai couché qu’avec des filles issus de filières scientifiques. Il y a une malédiction posée sur moi. Les fille en ES m’ont toutes refusé, cherchent mes faiblesses, les filles en L me lisent, m’apprécient, me corrigent, m’apprécient. Ne couchent pas. Les filles en S, par contre, c’est comme des étudiantes américaines à Spring Break. Open.
Je n’ai couché qu’avec des filles en S et c’est pour ça que je les reconnais : Strictes, elles s’attachent les cheveux avec un élastique sobre (souvent marron ou noir) et s’aident de quelques barrettes. Les cheveux sont propres, bien coiffés. Parfaitement lisses, sans surprises. Les filles des autres sections n’ont pas cette rigueur dans les cheveux, elles ne s’imposent rien, s’attachent comme ça vient. Ne les attachent parfois que quand elles ont oublié de les shampouiner, le troisième jour.

C’est pour ça que les filles qui sortent de S roulent mieux la weed que les autres. Une histoire de cheveux bien coiffés.


Je sais qu’on m’attend au tournant, mais pour l’instant je suis chez moi

Posté le : 23 avril 2008 | A NerdZ Life | 1 Commentaire »

Ironique. Sur le OneTouch de mon père. Le OneTouch, c’est le truc des diabétiques pour voir si ils n’abusent pas trop : Une petite piqûre sur la dernière phalange, une goutte de sang et un chiffre – J’y comprend pas grand chose. Sur le OneTouch de mon père, il y a du chocolat séché, du Côte d’Or, ça provient de ses mains sales et goinfres. Et complètement inconscientes.

Le christianisme, c’est un truc qui se transmet par la mère. Comme la myopie. C’est pour ça que sur Facebook on voit toutes ces petites bourgeoises affichées fièrement : « Atheist ». Elles rejettent l’autorité maternelle en une case à cocher sur leur profil. Une case non obligatoire.
C’est le dernier truc qu’elles ont trouvé pour faire chier leurs mères maintenant qu’elles ont quitté le lycée. Perdre sa virginité est moins subversif qu’écrire atheist sur Facebook.
Dans les écoles privés, perdre sa virginité est une formalité rebelle : Un coït, c’est le rejet de son éducation. Toutes ces messes en latin, ces conneries tradi, on les nie. On rompt l’hymen. Par contre, se dire athée, ce n’est pas une formalité chez elles, c’est plus dur. Ça implique d’autres trucs, c’est pas juste physique. C’est pas juste son corps. Elle rejettent un truc qu’elles ne contrôlent pas : Ça va bien plus loin d’une tâche de sang sur les draps.

J’ai un doctorat en théologie.

Petit concert teenrock. Brunette, la plus mignonne dans la salle, sosie d’Ellen Page dans Hard Candy : Coupe garçonne. Elle montre le peu de poitrines qu’elle a avec un pull col en V, elle le porte à nu. Elle vend des badges : pour donner un peu de sous à l’assoc. Putain ya des gens qui achètent tes bagdes ? Je lui demande. Pas trop. C’est normal, les badges, c’est le symbole du manque de personnalité par excellence. C’est comme les messages persos sur MSN. On aime bien le voir chez les autres, pour se moquer, vérifier leurs références, mais putain jamais de la vie on en porte. Tous les badges sont les mêmes à mes yeux, ils n’ont aucune différence, jaune, rouge, blanc… Sur tous les badges je lis la phrase de Fuzati : « Je vous en prie, s’il vous plait, regardez moi ». Vends plutôt des foulards, des parodies de carré hermes avec le logo de ton assoc. Ou sinon, ouais, vends des badges, mais avec ton numéro de téléphone. Écris en blanc sur fond noir. Tu vends ça 2€. Ou prix libre, comme chez les punks. Il y a énormément de mecs dans la salle prêts à donner cher pour ton numéro de téléphone. Penses à ton assoc. Et je suis parti. La musique me saoulait.

Ce soir, je dors à poil.

edit: D’ailleurs, en parlant de badge, pourquoi le badge Michael Jackson de So Me que porte Kanye West dans le clip de Estelle (que de name droppin) est censuré sur MCM ?


Porn Lesson

Posté le : 20 avril 2008 | Porn | 6 Commentaires »

Roi Heenok en prison. Internet se fait la malle dans South Park. Vendredi soir, j’ai bu du gin avec des gens que je ne connaissais pas, dans un grand appart inconnu. Ecran géant pour sa Xbox 360. Mini bar privé. Neuf TV branché sur MTV Dance : Rétrospective des clips de Faithless. Sa petite amie dormait dans la chambre mais elle s’est réveillée quand elle nous a entendu. Elle était en mini-jupe, remontant constamment ses petites lunettes, très fines. Ses lèvres aussi étaient fines, elles les mouillaient avec intérêt entre deux gorgées de sirop à l’anis.
Les cheveux rougis par une coloration bon marché, elle n’avait qu’un truc en tête : Un terrain pour sa maison.

La redhead parlait aussi de pornographies avec intérêt. Elle voulait savoir combien on pouvait se faire. J’ai bu mon verre à petite gorgée avec un air concentré, je lui ai dis, très sérieusement, que ça dépendait de ce qu’elle voulait faire : Qu’il fallait choisir son genre. Tous les yeux se sont tournés vers moi. Ah ?

En amateur ? Avec un pro ? A ton compte ? Aujourd’hui avec les « box » et la bande passante élevée, tu peux faire hôtesse en free lance de chez toi, c’est pas vraiment porno, mais ça rapporte si t’investis au début pour te faire connaître. Sinon une séance chez un pro, un pro qui déclare ses actrices, tu peux te faire 200€. Juste une après-midi. C’est le cachet d’un petit disc-jockey. Faut surveiller les annonces dans les gratuits, ils recherchent des redhead en plus. Ils n’en ont pas assez.

Chez un pro, par contre, tu cèdes tes droits à l’image pour une utilisation plus ou moins abusive. Au mieux, tu feras partie d’un package qu’on vend aux diffuseurs, au milieu d’une quinzaine d’autres filles. Vu de l’extérieur, ça fait un peu « traite des femmes » mais le milieu est plus respectueux des femmes que la société en général. Par exemple, on peut reconnaître une parité dans les salaires. Peu importe ta race, ton sexe, tout le monde touche à peu prés pareil. Sauf si ton nom fait vendre mille dvd de plus. Le business du porno hétéro est le marché qui répond le mieux à toutes les attentes des féministes : Parce qu’il est géré par des amoureux insatiables et des… « post-féministes » on appelle cela, pour faire l’intelligent. Enfin, je te pose une vision plus idyllique que réaliste là.

Tu es un gros pervers en fait ? Non, j’ai bossé dans l’économie. J’ai simulé un audit pour un studio de porn. Je préférais ça à une usine recyclant les pneus. Elle a continué de poser des questions. Et je lui ai répondu comme je répondais sur mes copies en éco, il y a deux ans, à la Fac. Avec un ton scolaire caractéristique.
Mais si je veux me filmer avec mon copain et le vendre, je peux me faire des sous ? Pour le terrain de ma maison ? Il y a des réseaux de sites amateurs qui peuvent acheter ta vidéo, si elle est bandante et intéressante. Comprendre si tu jouis et que tu te donnes un air un peu dégueulasse. Sabrina Ricci faisait ça à une époque, même si ils ont toujours préféré recruter les couples et les filmer eux mêmes : C’est plus intéressant pour eux. Enfin tu ne te feras pas 40000€. Ne rêves pas. Le marché du porno est un marché qui est géré par une poignée de producteurs, ils se partagent le gâteau. C’est un marché oligopolistique. Mais, et c’est vraiment le bon terme, il est très pervers comme marché. Car il ne répond à aucune théorie. Le prix est décidé ni par l’offre, ni par la demande : Il est décidé selon une volonté divine et arbitraire. Les diffuseurs. Une main invisible.

En France, ceux qui vendent du porno n’ont aucun pouvoir, sauf entre eux, et dans les salons. Ceux qui vendent du porno, ne décident pas du prix : Ils ne régulent rien, ils survivent. Pour faire une comparaison, un studio porno assez reconnu est géré comme un petit label indépendant de musique : Il prie à chaque nouvelle sortie. Et passe son temps à démarcher à droite, à gauche. A innover dans la distribution, aussi, dans la volonté de se faire connaître. La pornographie a investi l’internet et le modèle économique online, bien avant que l’accés au web soit généralisé. Mais hors du circuit internet, les studios subissent l’humeur des diffuseurs contrôlés par un CSA soucieux de protéger abusivement nos petits frères. Ils sont alors obligés de produire des films sans ambition à grande échelle.

Après faut voir tes ambitions à toi. Mais le terrain pour ta maison, t’as autant de chance de le financer avec l’euromillion qu’avec la pornographie. T’as pas trop chaud avec ton écharpe ? elle a demandé pour conclure. C’est un foulard de chez H&M, c’est léger, j’ai répondu.