Salon du Livre
Posté le : 17 mars 2008 | A NerdZ Life | 0 Commentaire »Ce matin, je me suis assis à coté de l’allumette. Pas pu voir ce qu’il y avait sur son iPod. Elle a fermé les yeux et a fini sa nuit. Mais j’ai ouvert les miens et choppé un torticoli en essayant de la détailler. Quand on est arrivé Gare du Nord, j’ai failli lui faire un bisous sur la joue pour lui dire que c’était le terminus. Elle avait la peau super douce. Je ne l’ai pas touché, mais de là ou j’étais, elle avait la peau super douce.
A midi, j’ai mangé avec une cinéaste. Enfin, elle a une licence en cinéma. Enfin, un truc à la fac avec du cinéma dedans. On a échangé nos avis éclairés sur des films que l’on n’a pas vu. Que l’on va télécharger. Et c’est du bacon sur le pain du CBO ?. Semblerait.
Après je suis parti. Je devais acheter des trucs : Du carton plume. Je commençais à organiser mon après-midi quand j’ai vu l’affiche SALON DU LIVRE dans le métro. J’ai surtout vu gratuit pour les étudiants.
Porte de Versailles, je n’ai même pas réalisé que j’y étais. J’ai présenté ma carte étudiant, la fille elle a fait ok, et c’était Disneyland. J’avais le plan, fallait choisir le rollercoaster. Justement la musique dans le baladeur : You’re just about to listen to… The Rollercoaster mix… La Onzième Marche. Agoria. Souvenir du Lycée. Des lycéennes, il y en avait plein. Elles parlaient forts et posaient des questions que je rêvais de poser.
J’ai fait trois ou quatre fois le tour du salon en caressant ma carte bleue. J’ai vu Marion Mazauric, éditrice au Diable Vauvert, et je me suis dis que bientôt ce sera elle qui racontera, sur son blog, qu’elle m’a vu. Je suis redescendu de mon trip devant le stand du Figaro ensuite. Une commerciale montrait son nombril, mais ce n’était pas forcément un truc prévu par le Figaro, ça. J’adore la maison P.O.L. Je leur ai pris trois catalogues parce que j’adore leur identité visuelle. Quand j’étais plus jeune, mon frère avait acheter « Truismes » de Darrieussecq et je le posais près de moi sans le lire, tellement je trouvais le livre, l’objet, beau. J’ai eu une pensée pour Guillaume Dustan. Il y avait une fille chez P.O.L, un haut orange, elle lisait un manuscrit. Et je suis tombé amoureux. Je n’ai pas voulu lui dire comme ça, pendant un salon, trop vite, entre deux libraires affamés. Alors je suis allé au stand du groupe La Martinière pour me calmer. J’ai acheté « Absurdistan » de Gary Shteyngart à une MILF qui venait de replacer son gloss.
Un stand d’éditeurs qui parlaient de chasses, de natures… Les deux intervenants s’ennuyaient. La fille, en tailleur stricte, m’a souri. J’ai fui. J’ai trainé autour des auteurs en dédicace. Surtout ceux qui n’avaient personne, que personne ne connaît. Le regard perdu de ce mec, la quarantaine, les cheveux sur la nuque, grisonnant. En quarantaine. Je voulais le prendre en photo, mais je n’avais pas mon Lumix. J’avais à la fois énormément de pitié et d’admiration pour lui. Il buvait son Perrier et la bouteille était bien entamée, sa détresse aussi.
Sur Radio France Bleue, Hervé Villard disait qu’il aimait les métaphores. Inintéressant. Je ne regardais que le jean arraché de l’animatrice qui ne correspondait pas à sa voix bourgeoise. Je peux aussi dire : Je ne regardais que le jean griffé de l’animatrice qui s’animait en symbiose avec sa voix de la petite bourgeoisie. Sur RFI, une chanteuse qui n’a pas pu chanter à cause de l’alerte à la bombe, nous tournait le dos et regardait son traducteur, fatigué. Je suis allé voir les bds ensuite. Je voulais acheter tout Lisa Mandel chez Glénat, mais 9€40×4… J’ai préféré feuilleter. J’ai fait ma tournée des éditeurs indépendants cachés au fond. Et les mecs étaient sympas, semblaient sympa : J’écoutais le baladeur.
Quand j’ai quitté le salon, j’avais mal aux jambes.
Dans le métro, j’ai soufflé. Demain, Louis Lahner fait une nocturne avec tous ses potes (Nicolas Rey, Foenkinos, etc). Je vais dormir.


et vous