Soon-Yi Previn

Posté le : 31 mars 2008 | A NerdZ Life | 1 Commentaire »

Stress. Pre mortem. J’ai ce projet web qui ne se finalise pas. Parce que je ne le finalise pas. Je fuis, j’ai un aphte. J’essaye d’avaler le liquide rose.

Samedi, je me suis promené dans la galerie Alexis Lartigue, une dame agée faisait la morale à ce qui semblait être : Alexis Lartigue. Elle m’a raconté ensuite l’histoire de la jeune galerie. Je ne voulais pas les déranger. Je suis resté scotché sur deux trucs dans la galerie : Seita de Raimond Hains. Juste Avant de Gerard Schlosser. Je les veux chez moi.

Il y avait toujours l’énorme X rose sur la BnF, samedi. Qui me donnait chaque jour raison sur mon amour de la pornographie et la maladresse de cet art un peu spécial – Je n’ai même pas pu voir cet expo.

Entre Bercy et la BnF, il y a la passerelle Simone de Beauvoir : Elle fait des vagues. Sous les rouleaux, il y a des bancs où on peut apprécier le Paris que je préfère : Celui en verre. J’y inviterai des filles, c’est un endroit très discret qui n’en a pourtant pas pas l’air. On est couvert pour fumer de la weed, on ne croise que des rollers, des piétons. A proximité il y a la cinémathèque pour se faire une rétrospective Georges Méliés entre deux joints. De l’autre côté, la BnF, donc. Et un Quick pour éponger l’alcool, adoucir les rougeurs de l’amour. Le quartier de Bercy est un de mes endroits préférés. Il y a quatre ans, je n’étais pas entré en Eco Gestion pour rien : J’avais déjà cette envie, non suspectée, de vivre là bas.

Je n’aime pas spécialement Simone de Beauvoir. Elle incarne une pensée d’un autre siècle : Morte quand je suis né. Je n’aime pas le nom de la passerelle. J’aimerais qu’on arrête de nommer les ouvrages d’art, qu’on leur donne juste un numéro froid. Et qu’on laisse à chacun le choix de s’approprier le monument. Un jour je me promènerai dans Paris avec ma fille, je lui montrerai la passerelle, je dirai : C’est la passerelle Bernadette Soubirous, parce qu’elle enjambe la Seine, comme Bernadette a enjambé le gave. Et surtout, si tu t’y assois, un après-midi de Printemps, que tu laisses le soleil éclairé la Seine et les vitres de tous les bâtiments, t’as l’impression de voir la vierge chaque fois que tu tournes la tête. C’est une illusion d’optique, pour certains, l’immaculé conception, mais moi j’aime y croire, ma fille. C’est d’ailleurs le seul truc dans lequel je crois, avec toi… Bon, tu m’écoutes ou tu me rends ma DS là putain ?

Ma fille sera la femme à qui je parlerai le mieux. Parce que je ferai des efforts.


Mademoiselle Figaro

Posté le : 28 mars 2008 | A NerdZ Life | 2 Commentaires »

Sara Forestier utilise un rouge à lèvre prune qu’elle estompe pour donner un effet bouche mordue. Sa blondeur, non naturelle, est signée Christophe Robin. Sur son visage arrondi, elle met tout un tas de produit de la marque Nuxe : Rêve de Miel, Eau de Mousse Micellaire aux 3 roses…

J’ai lu ça dans le Mlle Figaro. J’aime l’idée du rouge à lèvre prune. L’idée de la bouche mordue. Moi, jusque là, pour le style bouche mordue, écorchée : J’arrachais les peaux de mes lèvres gercées. J’aime les noms des produits Nuxe. Rêve de Miel. J’aimerais travailler chez Nuxe et nommer leurs produits.

La presse féminine, je la lis comme la presse musicale : Vérifier si je ne suis pas passé à coté d’un truc et parfaire mon name dropping. Enfin, je dis la « presse féminine » mais depuis que Mlle Figaro existe, j’ai arrêté de feuilleter les autres à la gare. Quand je tiens le Mlle Figaro dans les mains, j’ai l’impression de tenir la manuel underground de la demoiselle d’aujourd’hui. Underground ? Je ne connais pas son tirage, mais je connais aucune fille de mon entourage faire référence à lui. Les filles de mon entourage sont l’anti-thèse de l’underground, ce qu’elles ne connaissent pas est forcément underground à mes yeux. Vis et versa. La mademoiselle Figaro n’est pas hip hop, n’est pas rock, n’est pas vintage, n’est pas glitch ni électronique, n’est pas lolita, n’est pas trop casse-couille. Elle a eu une légère éducation catho : Elle croit en Dieu. Son père apprécie le foot à la télé, vote plutôt à droite, sauf Sarkozy qui n’est pas de cette droite tradi : C’est juste un gros gamin lâché dans la nature. La mademoiselle Figaro est démoulée. Ou je cherche trop à la démouler. Sans mauvais jeu de mot.

La mademoiselle Figaro a compris que Kirsten Caroline Dunst était la finalité. Qu’elle n’était pas la fille de Spiderman, qu’elle était beaucoup plus que ça, à commencer par cette petite pute ingrate dans Small Soldiers. Qu’il fallait lui ressembler, quitte à se dessiner une fossette au crayon. Elle a compris que Scarlett Marie Johansson, c’était galvaudé. Même si elle ne se refuse pas à danser sur Starlett Johansson des Teenagers. La mademoiselle Figaro, elle peut s’habiller à l’étage de Monoprix, à H&M et chez Dior. Elle apprécie le style Rama Yadé. Vestimentaire et oral. Mais cet été, elle portera un cache-oeil comme Agyness Deyn, qu’elle imite toujours discrètement, et fera du hooping (hula hoop) sur la plage. Elle dansera en boite, mais en gardant son iPod sur les oreilles : Pour ne pas subir.

Mademoiselle Figaro, elle ne choisit pas son parfum. Elle ne le décide pas en allant à Séphora un samedi après-midi, buvant un chocolat latte du Starbucks, avec son faire valoir fatigué qui n’a qu’une envie : S’en aller. Non, elle passe une consultation privée chez Guerlain : C’est comme chez le psychologue, on choisit des cartes et on parle de ce qui nous a marqué. Quand on a fini, l’expert, au lieu de lâcher ce regard plein de compassion, pose une fragrance qui nous correspond. Mademoiselle Figaro, elle connait ses limites, elle ne choisit rien pour elle, elle s’entoure de spécialistes. Sa styliste, elle bosse sur M6. Sa maquilleuse, au cinéma. Son mec, dans un cabinet de com’.

La mademoiselle Figaro a un buzz de retard. Elle en est consciente, mais elle s’en fout, elle est au dessus du buzz. Par exemple son mec lui a téléchargé l’album de Calvin Harris, il y a six mois. Et, à force de lire ce nom partout, elle se dit qu’elle écoutera ce fameux Calvin : En mai. Surtout depuis qu’elle sait qu’il a travaillé avec Kylie.

Mademoiselle Figaro, elle m’a appris que Tania Bruna Rosso touchait 500€ pour une chronique sur Canal+. Putain, moi, pour 100€ j’accepterai de dire autant de la merde que Tania. Hey Canal, c’est un appel du pied !

Je vais épouser Mademoiselle Figaro. Au pire, je vais poser un CV sur le bureau de Anne-Florence Schmitt.


Puzzy

Posté le : 28 mars 2008 | A NerdZ Life | 10 Commentaires »

Il y avait ce documentaire sur arte à propos de la pornographie au féminin. Ovidie était dedans, forcément. Il y avait cette danoise aussi qui essayait un peu de théoriser la pornographie féminine. Féminine. Avec le grand F qui sodomiserai bien des réalisateurs. Son discours était bon, elle disait que le film porno était trop tourné sur l’extrême, les double p et l’orgasme rapide du spectateur. Elle ajoutait que la jouissance de l’homme n’était pas forcément une éjaculation. C’est vrai, moi, par exemple : Je jouis de la naïveté des adolescentes pour arriver à mes fins ; Ce n’est pas une éjaculation. Par contre, on a vu des extraits de ses films. Et il n’y avait que des scènes lesbiennes et une castration permanente de l’homme : Ce n’était pas franchement mieux que le porno commercial avec de la bimbo aux seins refaits qui se fait maltraiter.

Devant les extraits, je jouais le naïf, je disais : mais ça veut dire que les femmes ne veulent que des relations lesbiennes pour jouir ?. Forcément que non. Mais la pornographie au féminin est réalisé en majorité par des lesbiennes qui, et je les comprend, mettent en image leurs fantasmes. La réalisatrice ajoutait : dans les films hétéros et gays, les acteurs ne s’embrassent jamais. Je voulais lui répondre : mais quel porno as-tu regardé ? Les films sur lesquels je me masturbe montrent les couples s’embrasser.

Ce documentaire était un peu trop manichéen et montrait une vision arriérée de la pornographie, enfin sous-entendait qu’à part le Puzzy Power, le cinéma pornographique n’avait pas grand intérêt. En résumé, on avait l’avis des lesbiennes produit par Lars Van Trier, qui n’hésitait pas à démonter les films qu’elles n’ont pas réalisé : À croire qu’elles sont égocentriques et imbues de leur art. Mais pas de réalisateurs du porno classique pour se défendre, ou même expliquer leurs points de vue.

Résultat, je suis frustré. Et vais me masturber devant un film dégradant pour les femmes. Où les hommes ne les embrassent pas, mais leurs crachent dessus. Dorcel vend ça par millier, ce connard.


Mar

Posté le : 26 mars 2008 | A NerdZ Life | 2 Commentaires »

Il y a des espagnoles dont le prénom est « Mar ». Comme Marc. Sans le « C ». Ou, il y a des espagnoles qui se sont foutus de ma gueule. Mar. Je n’ai sorti aucun jeu de mot autour de son prénom.

Je n’ai rien retenu de la soirée. Je n’allais rien retenir de la soirée. Alors j’ai tout pris en photo. L’ère du numérique sert à ça : Faire son devoir de mémoire. J’ai finis dans un appart, avec une fille qui venait de voir Virgin Suicides. Et qui a mis Crazy On You de Heart quand j’ai, moi-même mis un pied chez elle. Ce n’était pas pour moi le Crazy On You. J’ai pris en photo tout ce qu’il y avait et sa colloc a commencé à flipper. Trop défoncé, je n’ai pas voulu lui expliquer que son appart’, même sans appareil, je l’aurais pris en photo si j’étais dans mon état normal. Je l’aurais dénoté entièrement. Je lui aurais décris la façon dont elle place ses classeurs, la position de chaque photo collée sur sa porte au milieu des places de concert, et la façon dont elle planque ses tampax, alors qu’elles vivent entre filles. Sans ce besoin de pudeur. Ils ne sont pas planqués, ils sont rangés. Ta vie aussi est trop rangée.

Quand j’ai regardé ma carte SD, y avait cette brune qu’apparaissait trop souvent. Je me suis dis Merde, j’ai réellement passé du temps avec elle ?

J’ai volé un chapeau aussi. Et Thierry Gilardi est mort.


Casio

Posté le : 21 mars 2008 | A NerdZ Life | 12 Commentaires »

Le son super crade des synthbass de la deuxième partie de « Don’t Dance » par Hot Chip. Les bras en l’air. L’acid qui me fait tourner la tête. Des filles de dix-sept ans qui se demandent ce qu’est Hot Chip. Z’ont pas fait la première partie de LCD Soundsystem ? elle lance. Tu n’as que LCD Soundsystem dans la bouche ou bien ? Félicites moi, je connais LCD Soundsystem, elle répond. Je te féliciterai quand on se touchera enfin. Arrêtes l’acid. Sa voix posée, ferme, et l’impératif – Je n’avais jamais vu une gamine user autant de l’impératif – coupent tous mes mouvements. On s’est regardé et j’ai chanté en mimant des gestes de pimp : Sensual Seduction. Seduction, seduction…

Je me suis réveillé à quinze heures. Ça faisait longtemps que je ne m’étais pas réveillé à quinze heures : J’ai l’impression d’être retourné à la fac. Mes muscles sont tendus, car je me suis écroulé avec le MacBook dans le lit. Je n’ai pas osé bouger pendant la nuit.

On s’est retrouvé dans un parc, pas un nuage au dessus de nous, il faisait froid. Dans le parc : Du monde. C’est le début du printemps, les lycéens sont dopés aux hormones. Je suis avec eux. Nous puons tous le sexe. Nous dégoulinons d’un sperm invisible qui donnent envie de se lécher entre nous.

On s’assoit par terre, sur mon long manteau kaki, H&M. Des jeunes dansent le milkyway, disent danser le milkyway. Élitiste elle crie. Je ris. Après on a eu cette longue discussion pour savoir quel était le meilleur épisode de My Sweet Sixteen. Maintenant qu’on les a tous vu trois ou quatre fois, on peut en discuter sérieusement. Le petit gros black là, dans le club de Jay-Z, ça reste un moment excellent. Avec Kanye West qui doit manger avec son architecte… Ouais…
Sur son iPod, j’ai mis Flashing Lights de Kanye West pour illustrer notre propos. Elle a collé ses deux lèvres, les a avalé. Et sa langue les a repoussé. Maintenant ses lèvres brillent.
Celui avec Chelsi et son copain Matt qui drague ses meilleures amies pendant la séance photo… Beaucoup de rebondissements qui tuent : La robe de sirène, les mecs qui font tomber le gâteau, et l’espèce de thug tout maigre qui dansent un slow avec elle. La mère qui lui dit « You are the devil ». Ouais, sa meilleure amie sur tous les fronts. L’après-midi, elle console Chelsi. Le soir, elle console Matt, qui ravale jamais sa fausse fierté. C’est sa meilleure amie qu’il fallait sauter, Matt ! Elle rit. Comment un mec aussi laid, peut se taper la capitaine des Cheerleaders ? Ça se passe en Virginie, et en Viriginie la donne change.

Et la copine de machin là, tu vas faire quoi avec elle ? Je sais pas. Elle travaille dans un immeuble énorme à la Défense. Comme hôtesse. Son boulot tue. Toute seule en bas des bureaux qui activent l’économie Française quand ils ne décident pas de la couler. Rien que pour ça, j’ai envie de coucher avec elle. Je vais l’inviter à boire une pinte, elle prendra un cocktail coloré, et je verrai ce que ça donne. Ou sinon, on se fait une soirée Mojito. Elle avait un teint hispanique, elle doit savoir en faire. Et moi, tu vas faire quoi de moi ? Toi, j’attends que tu finisses ta 18ème année.