Stille Nacht

Posté le : 17 décembre 2007 | A NerdZ Life | 4 Commentaires »

J’ai dormi avec elle samedi soir. Enfin, elles. Mais plus elle que elle. Elle me caressait le crâne pendant que je caressais les cheveux de la dernière. L’avantage des partouz affectives c’est que le seul truc que j’ai attrapé, c’est un putain de rhume. J’ai dormi dans ses mouchoirs. Mais, je te le dis, sous ses doigts, j’aurais pu dormir sur ses serviettes hygiéniques. Elle ne me l’a pas demandé.

Je suis son mec. On a passé le samedi aprem à traîner devant de l’art moderne, après on a fêté un anniv le samedi soir, j’ai dormi avec elle, on a déjeuné ensemble, elle a payé le repas, puis on est allé au centre commercial. Si ça, c’est pas être son mec, putain. C’est que je suis gay.

Je suis gay. Non, pas un vrai gay. C’est juste l’image que l’on a de moi quand je suis dans un bar ou en soirée avec elles. Pendant la nuit, dans ses bras, entre ses seins… Son odeur était piquante : un déodorant en fin de règne – la transpiration – mélangé à la nôte de cœur d’un CK. Je n’aime pas ce parfum, je préfère retenir cette odeur de fille pas lavée. J’ai fait des micro-rêves, avec Kenza Ferra et le dernier clip de Priscilla. Prissou ressemble maintenant aux filles de la cambrousse qu’il y avait dans ma classe en Terminale. Elles avaient gagné un concours de beauté quand elles étaient en quatrième, depuis plus rien. J’ai fait d’autres micro-rêves où l’on s’est embrassé, un petit smack collégien. Et je ne suis même plus certain que ce bisou timide était un micro-rêve. Au réveil, on a arrêté de faire semblant de dormir et on s’est réellement câliné en mangeant des Prince Choco.
Je suis son mec par intérim. Il habite un peu loin son gars, je coûte moins cher en déplacement et elle ne s’oblige même pas au… devoir conjugal : Elle n’a pas la pression.

On s’est séparé à Père Lachaise. Un bisous sur ma joue. Un deuxième sur sa joue. Un peu plus prés de ses lèvres. Un dernier bisous avec la main, elle a fait derrière la vitre quand le métro a décollé. Il est encore plus ambiguë que mon bisou coin des lèvres : Elle gagne par K.O. Un mec avec un accordéon est entré et a joué des trucs de Noël. Je n’écoutais pas. Dans les couloirs, à République, une fille chantait Douce Nuit en allemand, et là je me suis senti très mal. Mon portable n’avait plus de batterie pour envoyer un sms. J’ai tremblé tout le trajet en lisant Dustan. En général, je me nourris de culture gay quand il ne faut pas tomber amoureux.

J’ai attendu d’être chez moi. Le téléphone a vibré quand je l’ai allumé. Tu l’as eu ?. Mon train. Elle a envoyé ce message à l’heure où il partait. Javais pas de batterie.ui je lai eu et toi t bien rentré ?ct un excellent week-end en tt k!bisous. C’est ce que j’ai répondu, dans une sobriété difficile à mettre en scène. Je vais commencer tintin et les picaros ac un thé au lit… merci encore d’être resté, j’ai adoré le we moi aussi. bisous, et grat-grat, à demain. Sa vie, une private joke, un bisous. La vie continue. Comme si de rien n’était.



et vous