Papa

Posté le : 15 novembre 2007 | A NerdZ Life | 3 Commentaires »

Mon père est un militaire à la retraite et quand je commence à raconter une anecdote sur lui, les filles en veulent une deuxième. Puis une troisième. Et après elles le rencontrent, et elles veulent revenir à la maison. Et je ne l’explique pas. C’est d’ailleurs le truc le plus mystérieux que j’affronte au quotidien : Mon père me permet d’avoir des relations sexuelles.

Mon père est une espèce de héros avant-gardiste et je lui ressemble beaucoup. L’arrogance en plus. Dans les années 90, il n’y avait pas plus Droite décomplexé que mon père. Légèrement raciste, et tout… Ce n’est qu’en 2007 que la France a voté pour cette droite décomplexé. Pour mon père. Moi, au lycée, il y a plus de quatre ans, je disais à tous mes camarades Faut écouter Justice là les jeunes, ils ont fait un remix pour Simian, et bientôt ils vont devenir GRAND. Ce n’est qu’en 2007…

Il ne cherche pas le débat mon père, il ne cherche pas à imposer son avis. Non mon père, il cherche juste à contredire tout le monde. C’est ce qui le sanctifie : La contradiction.
Mon père, en ce moment, il pense que Rachida Dati est la ministre la plus compétente. Mais ça, c’est parce qu’elle a de jolies seins maghrébins et une tenue stricte. Mon père, il te dira que l’Algérie est encore française et ça m’arrange, car j’ai son aval pour coucher avec des algériennes : Les seules maghrébines autorisées à la maison.
Quand je me demande ce que pense la France, je n’ai pas besoin d’appeler les instituts de sondage. Je demande à mon père et il me confirme l’avis moyen du Français : Louise Bourgoin est jolie, la grève des transports est inadmissible, Sarkozy est un homme de confiance, la gauche est dangereuse, le commerce équitable est un délire de femmes au foyer ne sachant plus où mettre l’argent de leurs maris médecins (alors elles ouvrent ces boutiques en centre-ville), les journalistes sont des incompétents qui croient que la vie se passe sur Second Life, les filles nées entre 1986 et 1990 sont des petites salopes bien niaises qui se prennent pour des reines de la société et heureusement qu’il y a eu 1991 pour nous sauver, car avec elles, on danse la Milky Way. Ah non le dernier avis, ce n’est pas mon père qui le dit. Mais il pourrait.

Mon père apprécie Ariane Massenet, aussi. C’est peut être son défaut que j’assume le moins. Il écoute RTL toute la journée, sauf à l’heure de Brigitte Lahaie sur RMC Info. Si je rate une seule news dans la journée. Une petite news anodine, mon père me mettra au courant : Il est ma revue de presse constante. Il a tout lu, tout entendu et le déforme pour moi. Et cela me fout une énorme pression, alors j’essaye de ne rien rater dans l’actualité. Surtout qu’il ne lit que le Figaro.

Mon père s’est engagé dans l’armée en 1962. En tant qu’artilleur. Son but ultime était d’entrer chez les para. Mais il est arrivé troisième de sa promotion, et seul le premier a pu réaliser ce rêve. Mon père il est petit, gros & rond. Et même si il n’est pas devenu para, qu’il a terminé dans un bureau en tant qu’assistante sociale de luxe, il a servi notre société bien plus que n’importe lequel de ces connards de hippies anti-militaristes et moralistes.

Mon père est aussi le junkie le plus fou que je connaisse. Il est capable de t’avaler une plaque de Côte d’Or en s’enfilant son fixe d’insuline dans la jambe. Putain mon père, il fout tous ces connards de drogués à l’amende.

C’est difficille à dire. Surtout qu’ils sont encore vivants et qu’ils vivront longtemps, mais entre mes deux parents, je crois que la disparition de mon père sera celle qui me dévastera le plus. Car ma mère, à son habitude, aura tout gérer pour que tout se passe bien, qu’on affronte ça dignement. Tandis que mon père, je le sais, il va disparaître comme ça. Avec son sourire, satisfait de sa dernière connerie. Et on aura bien la gueule enfarinée comme il le dit.
Sur son épitaphe, on lira : T’as le bonjour d’Alfred. Quand je serais devenu aussi vieux et con que lui, mes enfants fleuriront toujours sa tombe. Et me demanderont de leur raconter son histoire. Je laisserai ma femme faire, car elle les aura plus écouté que moi… Ses histoires.


Caca Spaniel

Posté le : 14 novembre 2007 | A NerdZ Life | 0 Commentaire »

Je vis une nouvelle vie. Comme Dexter, saison 2. Ma marraine de désyntox est jolie, j’en ai même trois. Mais je ne couche pas avec. Pas encore. Je n’en suis qu’au cinquième épisode de cette nouvelle vie. Le sexe, c’est au sixième.

Le sexe, c’est au sixième pourrait faire le titre d’un bon porno. Pitch : Un homme vit au cinquième étage d’un immeuble banlieusard, sa vie n’est que branlette, porno sur internet et kleenex usagé. Un jour, il se rend compte que sa voisine d’au dessus est une call girl. Sa vie change…

Ma vie change, donc. Je prends le train tous les jours, et devenir un habituel des transports en commun m’apporte une inspiration sans précédent : Je vais tuer quelqu’un avant la fin de l’année. D’un autre côté, nous sommes dans la nuit de mardi à mercredi et je suis en week-end. Et peut être même qu’avec un peu de café je vais pouvoir mater de la NBA, un truc inespéré.

Inespéré, c’est aussi les heures de sommeil que je vais rattraper dans les cinq prochains jours. J’ai des dettes de sommeil. Tellement d’heures à rendre que mon corps avait déjà appelé ses hommes pour me couler dans le béton avant de me jeter dans la flotte. Travailler, je n’y étais pas habitué jusqu’ici.

Jusqu’ici tout va bien donc. J’ai été appelé pour être formateur BAFA dans ma région, et je ne sais pas encore si je vais accepter. Formateur BAFA, c’est comme animateur BAFA sauf que les filles qui nous écoutent et suivent nos conseils ont maintenant entre 17 et 20 ans et qu’elles font la lèche pour se faire valider leur stage. Et tout devient (presque) légal.

Littéralement légal.


Vagin

Posté le : 13 novembre 2007 | A NerdZ Life | 2 Commentaires »

J’ai compris pourquoi je ne me masturbe plus trop : J’ai un vagin et je ne m’y habitue pas. C’est difficile d’être clitoridien après toutes ces années d’éjaculations.
Mon entourage exclusivement féminin raconte : Tu sais quoi, plus jeune, ma copine Anaïs, la première fois qu’elle a mis un tampon… A la fin de la journée elle s’est rendue compte qu’elle avait oublié de retirer l’applicateur… Elle ne savait même pas ce que c’était d’ailleurs… J’ai arrêté d’écouter ici.
Emphatique, j’ai ressenti la détresse de cette fille à l’instant où elle a compris. L’applicateur dans la main. Le tampon dans l’applicateur. La douleur, en bas.

Emphatique, j’ai senti la détresse de toutes les filles, seules dans la salle de bain. Face à leur tampon. Leur premier tampon. Obligatoire. La difficulté et la lose extrême de cette situation. L’auto motivation ridicule : Bon, faut y aller hein !. Putain que j’aimerais filmer cela. Les garçons, occidentaux et modernes, n’ont pas cela : Nous restons éternellement adolescent. Nous continuons de jouer à PES en mangeant des Kellogs, car jamais dans nos vies nous affrontons la puberté en face : Seul dans la salle de bain, un peu honteux, ce tampon entre nos doigts.

Certaines filles m’ont avoué avoir commencé à se masturber avec l’arrivée des tampons dans leur vie. Pour dédramatiser, je me caressais. La masturbation, les garçons la découvrent pour répondre à la question des potes Et toi, tu jutes ?. Dans le cours, en quatrième, où l’infirmière vient nous voir pour nous expliquer ces choses. A aucun moment, elle ne dédramatise. Au contraire, on en ressort gêné presque dégoûté… Mais avec les capotes donnés, on fait des bombes à eau. On dédramatise.

La semaine dernière, avec mes pré-ados, un kids de treize ans a trouvé une souris par terre, à la piscine, encore dans son emballage. Il est venu me demander à quoi ça servait, très sérieusement. J’ai confirmé son âge. Treize ans. Je ne me suis pas étonné. C’est pour les ragnagnas, j’ai répondu un peu gêné détaché. Les raquoi ? Les gamines ont rit avec un air supérieur, il s’est énervé : Les ranouaanouas ?. Elles ont rit encore. J’ai ajouté : Tu n’as pas encore vu la grosse infirmière dégueulasse te parler des ragnagnas et des MST, sans que tu puisses différencier si c’est les ragnagnas ou les MST le danger. Tu l’as pas eu la boulotte boutonneuse qui te met en garde de tous ce qui se rapprochent d’un pénis, d’une vulve, d’un clitoris ? Non, il m’a regardé hébété. Alors j’ai touché sa tête et j’ai dis : En vérité je te le dis, continue de jouer à PES, et ne te pose pas trop de questions… Mange des kellogs, sois poli avec Maman, préserve l’ambiguïté oedipienne. Cet emballage jaune & rose inquiétant ? Laisse cela aux filles, elles sauront l’utiliser. Surtout, couvre toi bien pour la bataille d’eau à venir.

Mesdemoiselles de mon entourage, rendez moi mon pénis.


Darty

Posté le : 9 novembre 2007 | A NerdZ Life | 0 Commentaire »

Le Macbook en exposition dans Darty n’a aucune restriction. Les gens ouvrent donc Photo Booth et s’amusent. Moi, je passe derrière eux avec mon Samsung, active mon Bluetooth et vole leurs visages offerts et gratuits. Cette gamine, environ 11-12 ans, s’est prise cinq fois en photo. Je n’ai pas pris le temps de vérifier quand. Peut-être m’attirait-elle, je l’aurais fait. Et j’aurais tout fait pour la retrouver avec les petites annonces, le Entre-Nous de libé, etc.
Ce genre de situation peut ressembler à la trame du prochain roman de ces enculés que sont Guillaume Mussot ou Marc Lévy. Elle s’est prise en photo sur le Macbook du Darty de la zone commerciale. Il l’a vu. L’a aimé. Instantanément. Il l’a mis en fond d’écran de son téléphone. Aujourd’hui, il la cherche… Comme un forcené. Appartiens-moi, le nouveau Marc Lévy, chez Robert Laffon. Sorti le douze.


Adium

Posté le : 8 novembre 2007 | A NerdZ Life | 2 Commentaires »

Pendant ce temps, sur Messenger. Anonyme parle en Italique, je parle normalement.

Tiens, tu penses quoi de Camille? Camille est une fille que je trouve géniale. Elle est discrète et ne se prend pas au sérieux. Je suis fan des gens comme ça. En plus elle est très mignonne et j’adore ses fringues (bon là tu peux copier coller). Elle a une beauté que j’arrive pas à cerner. Singulière. Parfois elle peut être très jolie. Et parfois non. Elle a énormément de charme. Et parfois elle fait sa tête de rat. Et parfois elle fait une tête de princesse de conte de fée. C’est pour ça que je veux la prendre en photo, larmoyante, car elle a le visage « pleureur » comme le saule. Pleureur comme le saule !

Non moi j’aimerais pas la voir pleurer. Parce que ça signifie beaucoup trop pour moi, pleurer. Donc le fond prendrait le dessus. Teletubbies va. TA MÈRE. Tu sacralises trop tes larmes je pense. Je suis sensible !! Et j’en suis contente. Non je sacralise la vie, les émotions, les sentiments, l’être humain. L’instinct. Arrête. Là, c’est moi qui pleure.

Dans le train, ce matin, j’ai observé. Comme toujours les gens qui regardent dehors ont les yeux en suractivités : ils balaient inlassablement le décor. Gauche – Droite – Gauche – Droite – Gauche – Dr… Moi, c’est en regardant à l’intérieur que je balaie.

Il y a plus de femmes que d’hommes dans le train du matin. Je ne l’explique pas. Elles sont jolies les femmes de mon compartiment. D’ailleurs si vous connaissez une entreprise dont le siège social est au Luxembourg et qui a récemment déménagé ses bureaux de la Défense à Saint Denis, faites le savoir. Je veux épater une blonde (c’est une coloration), quarante ans environ, un petit cul bien rond qui m’étonne chaque fois qu’elle évoque ses enfants. Elle a les yeux bleus comme les miens. Comme les mamans. Elle parle en levant les yeux au ciel, car les gens du train ne sont pas comme les gens de la vie.

J’ai pensé à Maman quand on a laissé sur place une usine éclairée par une centaine de néons placées méticuleusement. Ils tiennent éveillé les voyageurs. Je ne sais pas du tout à quoi ressemble son usine. Tout comme elle ne sait absolument pas où j’étudie. Comment c’est. Petit, grand ? On est pourtant proche, mais le lieu où elle glande toute la journée, je n’arrive pas à l’imaginer. C’est un blanc dans mon esprit. Elle est infirmière.

Le train avait vingt minutes de retard. Un fret est tombé en panne. Chaque semaine, un fret tombe en panne. Chaque semaine, j’ai vingt minutes de retard. J’ai envie de privatiser la SNCF. Je suis plus patient avec les entreprises privées. Free.

J’ai été à la galerie Anatome plus tard dans la journée. Je vais me ruiner en bouquin si j’y retourne régulièrement.